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plus tolérable que l’avarice , qui marque toujours untrès-petit cœur. S. Evr.
jjfC? PRODIGE, f. m. Evénement extraordinaire , sur-prenant , dont on ignore la cause. Prodigium 3 velportentum. Jésus-Christ dit qu’il y aura des signes Scdes prodiges dans le soleil, pour avertir de son se-cond avenemenr. Le peuple prend plulìeurs choses.pour des prodiges , qui ont leurs causes naturelles ;il croit que tous les prodiges pronostiquent quelquemalheur. Une pluie de pierres ou de sang , sont desprodiges qu’on expioit par des actes de Religion.JBalz. Il ctoit survenu un prodige qui les étonnoit.Ablanc.
Prodige,' lignifie quelquefois, miracle,chose extraordi-naire, & se dit en bonne & en mauvaise part. Miracu-lum j mirum. Les Saints ont fait plulìeurs prodiges aunoní de Dieu, Les Magiciens ont fait des enenante-mens & prodiges pat le secours des démons. Le dé-mon n’a garde d’épouvanter un Royaume Chrétienpar des prodiges ; qu’y gagneroit-il ? II feroit faire desrestitutions. Bay. On dit aullì par exagération 3 qu’unhomme est un prodige de science, de valeur ; qu’unefemme est un prodige de beauté, de vertu, pour dire,que ces vertus, ces qualités font extraordinaires en cespersonnes. On le dit austì en mauvaise part. Ce Princefut un prodige de cruauté. L’Acad.
fCT M. de Balzac s’est furieusement déchaîné contre cettelocution. J’ai été effrayé, dit il, du prodige de dévo-tion 3 8c immédiatement après de la prodigieuse piete.Sous quelque tempérament Sc quelque précaution degrammaire , prodigieux ne peut être pris en bonne
{ >art. Merveilleux 3 admirable 3 extraordinaire 3 íontes termes reçus & approuvés. Ils contentent suffisam-ment la pensée de l’Ecrivain Sc 1 '"attente du Lecteur.Pensez-vous qu’on puiíse dire, un Orateur & unPoète prodigieux ; une Harangue & une Elégie prodi-gieuse 3 quand on a dessein de louer des Orateurs &des Poètes, les Harangues Sc les Elégies? Pour moi jene lepeníe pas : & il me semble que prodige Sc prodi-
Í neux ne sont guère plus obligeans , ni plus propres àouer, que monstre Sc monstrueux. Les Héros font debelle taille , mais la statue des géans est prodigieuse.Moyse faisoit des miracles 3 Sc les Magiciens de Pha-raon faisoient des prodiges. Dans le langage figuré onpeut dire les prodiges de la vie de Néron, mais il fautdire les merveilles de la vie d’Auguste... Enfin lesmots monstre Sc prodige 3 à moins qu’ils ne soient ac-compagnés de quelque épithète , ne peuvent passer deleur signification qui est mauvaise, à une autre signi-fication qui soit bonne ou indifférente. Il y a de bonneschoses dans ces remarques de Balzac. Il est vrai quenous ne diíons point un monstre de beauté, comme di-sent les Italiens. O delle donne altero e raro mostro.Nous ne disons point non-plus un prodige de dévo-tion , une prodigieuse piété ; un Orateur, ni un Posteprodigieux ; une Harangue ni une Elégie prodigieuse :mais il est vrai austi que nous disons un prodige descience , un savoir prodigieux 3 une mémoire prodi-gieuse.
PRODIGIEUSEMENT, adv. Dune manière prodigieu-se. Prodigiose , effusè. Il y avoir prodigieusement demonde à cette cérémonie.
PRODIGIEUX, EUSE. adj. Qui rient du prodige. Il sedit en bien Sc en mal. Prodigiosus 3 mirus 3 portento-sus. Le Colosse de Rhodes étoit d’une prodigieuse hau-teur. On a fait un prodigieux carnage des ennemis. Lanature fait tous les jours mille choses prodigieuses 3qu’on ne peut comprendre. U ne prodigieuse mémoire.Une prodigieuse fécondité. Cost.
PRODIGUE, adj. de tous genres, souvent employésubstantivement. Qui dépense son bien imprudem-ment , sans raison. Prodigus 3 profusus. Lisez dansl’Evangile la parabole de Pensant prodigue. Lesprodigues vivent comme s’ils avoient peu de teinsà vivre , & les avares, comme s’ils ne dévoient jamaismourir. Sar. Ta vie dissolue, prodigue , artificieuse,efféminée, tes dettes, tes brigues, ton audace : voilàce qui a prévenu Caron contre cet homme, dont laceinture, la robe traînante, l’art de mollesse, ne pro-
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mettoient rien qui fût digne des anciennes mœurs.Fénelon. Dial. des Morts 3 p. 228. On donne un cu-rateur aux prodigues : cela le fait devant le Juge du do-micile, & par lavis Sc le choix des parens.
jj fT On dit qu’un homme est prodigue de promesses 3de paroles j pour dire qu’il promet beaucoup & n’é-xécute rien : on dit d’un homme qui ne loue pas vo-lontiers les autres 3 qu’il n’est pas prodigue de louanges.Laudum parcus.
On dit aullì figurément qu un homme est prodiguede son sang, de fa vie, pour dire, qu’il nepargne pasallez Ion sang ; qu’il ne ménage pas affèz la vie. Vit*. ,anime, prodigus. Ce mot se prend quelquefois enriant. Vous êtes un prodigue. Et même quelquefoisen bonne part, pour dire extrêmement libéral.
Iris , le ciel prodigue à verser ses trésors 3Ne forma que trop bien ton esprit & ton corps.
La Suze.
fjCTPRODIGUER. v. a. Donner fans raison Sc sans choix.Effundere 3 profundere , prodigere. En moins de rien;ce jeune homme a prodigué, a dissipé tout son patri-moine. Il a prodigué ses richesses , les trésors.
Prodiguer , le dit aussi moralement en bonne Sc mau-vaise part. Jélus-Christ a prodigué tout ion sang pournous racheter ; il nous prodigue les grâces, lès tré-sors. Effundere. U ne faut pas prodiguer ses caresses àtout le monde. Quel relief peuvent vous donner deslouanges que des sots vous prodiguent ? Bell. Neprodigue\ point vos rares talens, afin qu’ils ayent tourjours la grâce de la nouveauté. Id. Jls vous prodigue-ront un encens dangereux. Font. L’amitié est une cho-se si précieuse qu’il ne faut pas la prodiguer, M. Scud.Quelquefois dans nos faillies d’humeur bienfaisantenous prodiguons nos faveurs fans choix, Tour.
Mais quand il mesouvient que parmi tant d'alarmes^
Hermione à Pyrrhus prodiguoit tousses charmes,
Racine.
Prodigué , ée. part.
Ces peuples barbares
De mon sang prodigué font devenus avares.
Racine.
PRODITION. f. f. Vieux mot, qui vient du Latin pro-dere j trahir, & a été dit pour trahison.
PRODITOIREMENT. adv. En trahison. Terme de Pa-lais , qui n’a d’usage que dans les madères criminellesoù il s’agit d’aflastinat. Il l’a tué proditoirement. Laquatrième pièce des tapisseries tendues dans la salledes Etats de la Ligue, rcpréíentoit un Roi de France& de Pologne ( Henri 111 . ) proditoirement frappé d’uncouteau par un Moine débauché zélateur, en lui pré-sentant , à genoux, une lettre missive ; Sc sur le frontdu Moine, étoit écrit en grosses lettres, l’anagrammede son nom, Frere Jacques Clément : C’est e’Enfer.qui m’a créé. Sat. Mén.in-8° 3 p. p & 20.
PODOM ou PRODON. f. m. Vieux mot. Preud homme;de probus Sc homo. Borei. Ou plutôt de prudens ho-mo. Homme prudent, sage.
PRODROME. 1 . m. Les Savans donnent le nom deProdrome à un écrit qui en précede un autre , qui doitparoître dans la fuite : c’est 1 avant-coureur d’un ou-vrage , Fessai Sc l’idée qu un Auteur donne d’avancede ion entreprise. On publie les prodromes , afin dcpréparer les Savans à recevoir dans quelque tems ,un certain ouvrage. Les prodromes empêchent plu-sieurs Auteurs de différens pays, de - travailler fur lemême dessein Sc fur le même ouvrage ; ce qui est or-dinairement autant de tems perdu. Le P. Martianay ,Bénédictin, donna au public, en 16310, un prodro-me des Œuvres dc Saint Jerôrne, qu’il avoir desseinde faire imprimer ; ce qu’il acheva d’exécuter en1706 , en cinq volumes in-sol. Le P. Louis Marac-ci publia, en 1698, une édition de l’Alcoran enArabe & en Latin, dont le prodrome contient l’hss-