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■ ans , on entend qu’il quitte la vieille peau ; maisn n’en devient pas plus jeune. La panique le rajeunitde vingt ans.
Rajeunir, íe dit de même au figuré. La nature rajeu-mt au printemps, quand elle reverdit , &: prend unenouvelle parure. L’enjouement de cette jeune femmerj ]eunit son vieux mari. Scar. Une mere qui a paílé* es plus belles années dans les plaisirs, s’applique à
• donner à fa fille l’clprit du monde, ravie de voir ra-
• Jaunir , pourainli dire, fa vanité dans celle quelle inf-
- pire à cette ame lans expérisnce.- FlÉch. L’cxprefiion' àt quelquefois à rajeunir les pensées , ou du moins
a les faire paroître nouvelles. Bouh.
Rajeunir, se dit de même avec íe pronom person-nel. Je trouvai la conversation occupée par deux fem-mes qui avoient travaillées touc le matin à se rajeu-
■ nir > c’est-à-dirc, à se donner un air de jeunesse.Rajeunir, cil auíìì un terme de Jardinier qui lignifie ,
: renouveler. Renovare, Pour rajeunir un arbre ,
on retranche, autant qu’il est possible, Ic vieux bois, :Sc on le taille, on rétablit fur le nouveau.
RAJEUNI, IE. part. pals. Sc adj. Renovatus.Rajeunissement, l. m. Action par laquelle on tajeu- '
nit, ou état de celui qui rajeunit. Reditus in juventu-tis florem. Le rajeunissement d’Efon fait par Médéeest purement fabuleux. j
RAIFORT. í. m. Plante qui poulse des feuilles grandes,larges, rudes, découpées profondément, semblables à |- ocllcs de la rave, mais un peu plus linueuíes. Il s eleved entre elles'des tiges à la hauteur d’un pied & demi,
- ou de deux pieds, qui portent des fleurs à quatrefeuilles, dç couleur purpurine, difpolées en croix.Lorsque les fleurs font passées, il leur succède desfruits semblables, en quelque manière, à une corne.Ces fruits font dune substance spongieuse, & renfer-ment des semences presque rondes, rouges. Sa racineest longue , grossie , quelquefois plus, quelquefoismoins charnue, blanche ou rouge, d’un goût acre &piquant.. En Latin raphanus major orbicularis vel ro-tundus. C. Baui-i. La racine de raifort est propre pourLa pierre, pour la colique néphrétique, pour les obs-tructions, pour le scorbut : elle est aussi bonne à man-
„ S cr - quelques-uns font venir ce mot de radix sortis.
\£3 II y a deux espèces de raifort , le cultivé qui estconnu à Paris fous le nom de rave ou de radix ; Sc lesauvage que 1 on appelle aussi cran.
RAIGELSBERG. Seigneurie d’Allemagne dans l’Evcchcde Wurtzbourg.
RAIGNE. Vieux mot. f. f. Reine. Regina. Borel.
CGT RAILLER, v. a. Tourner quelqu’un en ridicule.Cavillari;, ludificari. Railler finement, délicatement,agréablement, grossièrement. Fuyez un homme quiraille tout le monde, & qui ne peut souffrir qu’ou leraille. Quand on est sage, on ne raille ni les grands ,ni ceux qu’il y a danger de railler , ni fes amis, ni un°tdre, ni une nation. Thiers. Railler quelqu’un dunechose. On l'a raillé là-deísus.
Raiu, er , quand il est neutre, fe dit également des ebo-ms Sc des personnes. Railler de tout le monde. Raillerdc tout. Railler des choses les plus saintes. Il est per-™ ls à la satire de railler , mais non pas de choquer& de médire. Il faut plus d’efprit à railler délicatement,qu il n’en faut à faire des choses qui paroi (sent plus diffi-ciles. Aí. Sc. Si un honnête homme raille quelquefois,la gaieté ne tend qu’à divertir ceux même qu’clle metÇn jeu. M. le Ch. de M. Il est plus sûr Sc plushonnête de ne point railler. Le Roi a avoué qu’il n’a-v °st jamais voulu s’abandonner au plaisir de railler ,P a tce qu’il est injuste de vouloir railler fans ctre raillésa quoi un Roi ne doit jamais fe commettre. M. Sc.fr Ailler.., fe dit auflí simplement pour, badiner. Jocari.parle pas sérieusement, il raille. Il ne faut pascroire que dans la conversation il soit permis de direun mauvais mot en raillant : ou, si on le dit ,.il fautavoir grand foin de faire connoîtrc par le ton de lavoix, quota Je Rit pour badiner: de plus il n’cn faut pasfaire un metier, autrement on fe rendroit insupporta-ble aux gens de Cour, qui ne font pas accoutumés àces fortes de mots. Entre les fausses galanteries celle-ciTome VIL
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est des premières ; & j'ai vu souvent des gens qui usantde ccs termes, & faisane rire le monde, ont cru avoirréussi; & cependant on rioit d’eux, Sc l’on ne rioicpas de ce qu’ilsavoient dit, comme on rit des chosesagréables & plaisantes. Que si l’on me réplique, qu’ilne faut pas dans la conversation ordinaire parler unlangage soutenu, je l’avoue ; cela feroit en quelquefaçon encore plus insupportable, & íouvent ridicule:mais il y a bien de la différence entre un langage sou-tenu, Sc un langage composé de mots qui font fami-liers & du bon usage tout ensemble. Vaug.
ftCT II est quelquefois réciproque dans la même accep-tion. Ne voyez-vous pas qu’il fe raille, Sc qu’il neparle pas sérieusement? mais alors iln’est que du stylefamilier.
AT Railler, au réciproque, signifie encore fe moquer ,& en ce sens il íe construit avcc la particule de. Il-ludere , deridere. Il fe raille de tout cc qu’on lui peutdire. On a beau lui représenter son devoir, il Ie raillede tout.
RAILLÉ, ÉE. part.
££? RAILLERIE, f. f. Trait plaisant qui divertit , quifait rire. Cavillatio. Il y a des railleries fines, déli-cates, de galant-homme, qui íont innocentes. Face-tis. , joci liberales; d’autres qui font piquantes, offen-santes. Diclerium , scomma mordax ,satina. La rail-lerie est une amie offensive Sc défensive, qu’il ne fautpas mettre entre les mains de tout Ie monde, C’est uneeípèce de sel qui doit allaiíonnet la conversation , &lui donner un goût plus piquant; mais je veux disoitun bel esprit du siècle dernier ( M lle de Scuderi ) qu’eileparte d’une imagination pleine de feu , & qu’elle soitbrillante comme les éclairs, qui éblouissent , Sc quine brûlent point.
Une marque qu’il n’y a guère dc raillerie qni n’offen-fe, c’est qu’on tâche toujours de répliquer, ce qui estune espèce de vengeance. Comme la raillerie est uncombat d’efprit, Sc que naturellement on n’aime pasà être vaincu , il arrive que quand l’eíprit nc soumitplus de quoi répondre, le dépit succède à la confusionqu’on a d être obligé décéder. Luraillerie 11 c doit êtrequ’un badinage fin& spirituel, íansoffenser personne,autrement c’est une manière de íe divertir trop péril-leuse. S. Evr.
L’injure est plus pardonnable que la raillerie ; l’uncmarque de la colère qui n’est pas incompatible avecl’estime , Sc Fautre du mépris. S. Evr. On par-donne un emportement, mais non pas une railleriede sang froid , qui est une marque de peu d’estime.Bell. Elle bielle moins l’cquité naturelle Sc ledroit des gens, qtle la médisance ; par la raison quecelui qu’elle attaque, étant présent, est pour l’ordi-naiie à portée de fe, défendre. Mais si elle est moinscriminelle , elle est íouvent plus offensante , parcequ’elle porte deux colips à la fois; l’un à 1 honneur,& fautre à l’amour-propre : elle flétrit Sc déconcerteles mœurs
fCT La raillerie doit respecter ceux que sage ou le ca-ractère a placés au-deffus de nous; il y auroit une im-prudence odieuse à les attaquer. Elle doit ménagéeceux qui font au-deífous ; parce que la supériorité leurimprimant un respect timide, ce feroit les attaqueravec trop d’avantage. Ce n’est guère qu’entre les égauxqu’elle est permise ; encore doit-elle etre rare , déli-cate Sc modérée , & ne toucher qu’à des fautes légè-res , à de fossiles défauts dont la conviction ne sallepas à l’amour-propre un plaie trop sensible.
AT Entendre raillerie, Sc entendre la raillerie ,sont deuxchoses bien différentes. Entendre raillerie , c’est nefe fâcher de rien, c’est savoir souffrir les railleries „Sc les repousser avec esprit. Néron, tout Néron qu’ilétoit, entendoit très-bien la raillerie fur ses vers, Scne crut pas que ÍEmpereur dût prendre les intérêts dupoëte.
ALT Entendre la raillerie , c’est avoir l’att de railler, lcle talent, la facilité de bien railler. Cet homme en-tend bien la raillerie. On ajoute ordinairement uneépithète à ce mot. Peu de gens entendent la sine Scíinnoccntc raillerie. Bouiî.
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