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chcs, que l’on jettoit dans une urne , 8c que l’on brouil-loit; & desquellcs ensuite on en tiroir une qui étoitle fort. Quelquefois on jetoit des dez fur une plan-che, fur laquelle il y avost des vers écries; & ceux surleíquels les dez s’arrêtoient, pastoient pour soutenir laprédiction. Une troisième manière, dont parle S. Au-gustin dans ses Conseillons, L. IV, C. 3. étoit celle quenous avons décrite d’abord dans la définition. LesJuifs, & même les Chrétiens, ont fait quelquefoisquelque choie de semblable fur les Livres Saints. Oneu voit des exemples dans Grégoire de Tours,L. IV,C. 16. 8c en deux ou trois endroits du V e Livre. Voy.Cafaubon dans ses notes fur Spartien Hadrian, C. 2.
RAPT. í. m. ( On lait sonner le t. ) Enlèvement violent8c forcé. Raptus. Le rapt de Ganyméde fut fait parun aigle. Cfaudien a fait un Poème du rapt de Pro-ferpine. L’Histoire Romaine nous parle du fameux raptdes Sabines. Le rapt est un empêchement dirimantpour le mariage, même contracté. Le crime de raptest digne de mort par l’Ordonnance. Par la Loi uni-que , C. de raptu virginum, le crime de rapt est capital, & digne de mort : fans que la fille, ou la veuveravie, puisse être épousée par Ion raviíleur, ou queles parens de la personne ravie y puisent consentir.L’Ordonnance de 1639 a rétabli toute la rigueur duDroit Civil,que les Arrêts des Parlemens avoienr un peuadoucie, en permettant au ravisseur d’époufcr la per-sonne ravie, lorlqu’elle y consentoit. Cette rigueur s’e-xerce sévèrement, même pour le rapt de séduction,contre un Tuteur qui auroit abusé de sa pupille , &contre une autre personne qui a autorité sur la per-sonne ravie. L’Ordonnance s’étend aulïì bien aux gar-dons qu’aux filles.
Le rapt de séduction est celui qui se fait par dessollicitations secrètes, pour corrompre une jeune per-sonne, en abusant du peu d'expérience de son âge, 8cde la foiblcsse de son esprit. Seduclio. On l’appclleH raptus in parentes. Quand il y a inégalité d'âge ou decondition entre les parties, les pere 8c mere intententréciproquement leur action en crime de rapt 8c de su-bornation. Les Ordonnances ne mettent point dedifférence entre le rapt de violence, & le rapt de su-bornation 8c de sollicitation , en gagnant le cœur dela períonne, ou par amour, ou par des pratiques se-crètes. Elles imposent une peine capitale pour l’un oupour l’autre.
C 'est austl un rapt que d’enlever un fils de famillevu mineur pour le soustraire à la puissance de les pa-rens ou de son tuteur, & lui faire contracter un ma-ssage à leur infçu.
Ce mot vient du Latin raptus qui signifie la mêmechose.
Rapt 8c ravissement. Ces deux mots paroissent absolu-ment synonymes; mais le mot de rapt est plus du styledu Palais, 8c ravinement de l’uíage ordinaire. Le ra-vinement d’Hélene, des Sabines, de Proferpine, &c.O11 diroit encore mieux 1 ’enlevement. Le crime derapt. 11 est accusé de rapt. On prétend dans l’Ency-clopédie qu’on dit mieux le rapt de Ganyméde futsoit par un aigle, que le ravissement de Ganyméde. Jene vois pas la raison de cette décision. Pour moi jedirois le ravisement ou Yenlevement de Ganyméde ,8c je n’emploirois le mot de rapt que dans le style duPalais auquel il me paroît particulièrement affecté.
R APURE. f. f. Ce que l’on enleve d’un corps avec larâpe, ou en gratant.
Cf■ct R apures d ivoire, c’est de l’ivoìre râpé assez gros-sièrement.
§CP On appelle rapures du Brésil, de Sandal, &c. cesbois râpés par la main des ouvriers, ou broyés dansdes moulins propres à cet usage.
RAPUROIR. f m. Terme de Salpétrier. Vaisseau, 011futaille de bois , ou de cuivre dont se servent les Sal-pétriers pour mettre le salpêtre de la première cuite.Dolium purgatorium.
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RAQUE. s. f. Terme de Mariae, Ce fout des petites l
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boules de bois ensilées,'que l’on met autour du mât)Globuli juniculo inferti. Voyez Racage.
Raque gougée. C’est une raque où l’on fait une échran-crure fur le côté pour y faire entrer une corde de mé-diocre grosseur.. Globulus friatus.
Raque encochée. C’est une raque gougée qui a unecoche autour, dans laquelle on paste le bitord ou bit-tord qui íert ai’amarrer. Inciso , incisura. Ozan.
RAQUE. f. f. Terme de Relation. Liqueur assez forte 8ccapable d’enivrer. Elle íe fait de palmiers. C’est dansles Indes qu elle est en usage. Lett.Edif. & Cur. Rec.X } p.jpS.
C’est une espèce d’eau-de-vie très forte que les Sia-*mois font avec du riz. Chevalier de Chaumont , Am-bassade de Siam , p. 4J. Un verre d craque, qui est1 eau de-vie du pays, enivre. Abbé de Choify , Journ.du Voyage deSiam, p. 44.2.
RAQUEDÉNAZE. f. f. 8c m. Terme populaire, qui Cedit des gens fort avares qui veulent arracher jufqu’audernier denier d une personne. Avarus , denariorumcorrasor. Ce mot a été dit au lieu de racle denare.Pasq.
RAQUEDON. Terme populaire, qui se dit de ceux quiayant donné une chose, se la veulent faire rendre,comme si c’étoit un marché d’enfant, qui ne peut te- Jni r. Doni repetitor.
RAQUEMENT. Voye\ Racage. C’est la même chose.Globulorum insertio.
RAQUETTE, s. f. Espèce de palette pour jouer à lapaume & au volant. Palmula lusoria. Elle est faited’un treillis de cordes de boyau, dont les unes s’ap-pellent montans , 8c les autres travers , fort tenduesfur un tour de bois qui a un manche de médiocre lon-gueur. Un de ses côtés s’appcllent les droits , 8c l’au-tre les nœuds. Pasquicr a remarqué qu'anciennementon ne jouoit point à la paume avec des raquettes .-c'étoit avec la paume de la main , & de-là il conjec-ture qu’est venu le nom de jeu de paume. On n’avoitinventé les raquettes qu’un peu avant le temps dePasquicr, à ce qu’il dit.
Ménage dérive ce mot de retiquetta 3 diminutif dcretis , reticus 8c reticulum , refeau.
On dit proverbialement pour fe moquer d’un hom-me qui se vante de plusieurs choses qu’il n’a pas faites,c’est un grand casseur de raquettes. Ostentator , jac-tator. On dit auíli : ce qu’on n’a pas de la raquetteon l’a du bâton, pour dire, que ce qu’on ne peut faired’une manière, on le fait de l’autre.
Raquette, fe dit aullì d’une certaine chaussure que lesSauvages de Canada attachent à leurs pieds pour mar-cher plus commodément fur la neige, 8c qui est faiteà peu près en forme de raquette à jouer. Solea latio-res. Cette raquette a la figure d’un losange, dont lesdeux angles des côtés sont abattues 8c arrondies, letreillis qui porte fur le tour de bois, est fait de cour-roies ou aiguillettes dc cuir d’orignac, très-étroites 8ctrès-déliées, 8c les mailles en sont beaucoup plus peti-tes que celles de nos raquettes à jouer à la paume. Aumilieu est attaché un soulier , ou plutôt un chaussonde cuir bien passé 8c bien souple, qui est garni en de-dans dc laine, ou de poil. C’est dans ce chausson quel’on met le pied. Il se ferme & s’attachc avec des cour-roies fur le cou du pied. En ce sens on dit ce mot or-dinairement au pluriel, parce qu’il faut une paire deraquettes pour marcher fur la neige. Les raquettesempêchent qu’on n’enfonce danslaneigc.il faut fairede grands pas, dc grandes enjambées avec les raquet-tes , afin qu’elles ne portent pas l’une fur l’autre ; ccqui fait que l’on avance beaucoup en raquettes ouavec des raquettes. Les Missionnaires & les autresFrançois se servent aussi de raquettes comme les Sau-vages.
Raquette, fe dit aussi dune espèce de figuier d’indequicroît aux îles Antilles : c’est cette espèce que M. Tour-nefort appelle opuntia vulgb herbariorum. J. Bauh.Ses feuilles sont épaisses, longues, quelquefois largescomme une raquette , d’où vient que les François luiont donne ce nom. Voy. Figuier d’Inde. La raquetteest un arbrisseau haut communément de. dix à douze