REC
répondre à ceux qui lui parleroient. Cette fenêtre de-voir avoir des rideaux dehors & dedans > afin que leReclus ne pût voir, ni être vu. U pouvoir avoir au-dedans de fa Réclusion un petit jardin pour prendrel'air, &c planter des herbes. Au dehors, mais tenant àía cellule, éroic celle de ses disciples, avec une fenê-tre, par où ils le 1ervoient, & recevoient ses instruc-tions.
Quand on jugeoit à propos qu’il y eût deux ou troisReclus ensemble, alors leurs cellules se rouchoientavec des fenêtres de communication. Si les femmesvouloient les consulter, ou se confesser à eux , ce de-voir être dans l'Egiiíe, 6i en présence de tout le mon-de. On recommandoit aux Reclus l’étude dé la sainteEcriture, 6c des Auteurs Ecclésiastiques, pour se con-duire eux-mêmes & résister aux tentations, 6c pourinstruire ceux qui les venoient consulter. S’ils croientdeux Reclus, ils ne dévoient se parler qu'en conféren-ce spirituelle, & dire leur coulpe l’un à s’autre. Celuiqui étoit seul se la diíoit lui-même, faisant soigneu-sement l’< ' " ”
commande encore particulièrement l’Oraison menta-le , 6c la communion ou la messe tous les jours, pour-vu qu'ils y apportent les dispositions requises ; 6c rordonne le travail dans les intervalles de la pueiede la lecture. Si le Reclus tomboit malade, on ou\ roitfa porte pour 1 astìster, mais il ne lui étoit pas permisde sortir, pour quelque prétexte que ce fut. > Svoient avoir une baignoire dans leur cellule, c sisétoient Prêtres, s’y baigner, quand ils le jugement apropos. Car on jugeoit cette propreté exteneure, con-venable pout approcher des saints Mystères. ct erègle des Reclus, est presque toute tnee de celle desaint Benoît, & composée de divers panages des e-rcs.
RECLUS AGE. f. m. Vieux mot. Reclusion, Prison. Lieuoù l’on est enfermé. Carcer, locus reclusus . Ovidefait ainsi parler Ulylle à Achille.
Damoisaux , dit-ìl, Gentiskom *
Que jais tu en cette prison ?
Trop y a rendu le musage ,
Viens-t-en, laijfe ce rcclusage.
HEC LU SE. f. f. Fille ou femme qui sort peu. Clausa ,reclusa. H se dit aussi pour Religieuse, mais en riant.
Belle Iris 3 charmante Recluse,
Ne me demande\ plus a q u °iDans ma retraite je m’amuse ;
Je fuis certain objet trop a craindre pour molCe n 3 es point une vaine excuse , ,
De mon sort & du vôtre on sait la dure lou
REC. DE POESIES.
11 y avoit autrefois des Recluses qui mencicnt i Pro-portion la même vie que les Reclus . SainteVibora.denée en Souabe de Parens nobles, vécut Recluse à StGai proche l’Eglile de St Magne, ik fut martyrisée parles Hongrois en 8z s. Voyez au mot Reclusion , lescérémonies pratiquées pour enfermer une Recluse.
RECLUSEillE. f. f. Synonyme à réclusion. Foy. l’art.suivant.
RECLUSION, s. f. Demeure d’un Reclus, ou d’uneRe-cluse, sa cellule & toutes ses appartenances. Reclusdomus. M. Henry s’est servi de ce mot. Voyei Re-clus. La Mere de Cambri institutrice de l’Ovdre dela Présentation de Notre-Dame en Flandre, se sentantPortée à k solitude, sollicita l’Evêque de Tournai delui permettre de vivre dans une Reclusion ; mais ellenc put obtenir fa demande, que quatre ou cinq ansaprès. Ç e Prélat lui fie bâtir une Reclusion dans 1 undes sauxbourgs de la ville de Lille, à côté de la 1 a-roiiie de St André, où elle fut enfermée en cette ma-niéré le i s Novembre de l’an i6zy. La Mere de Cam-bri vêtue d une robe grise de laine naturelle Sc nonteinte, accompagnée de deux Religieuses, qui por-Tome VII.
REC 19;
toient fur leurs bras, lune un manteau bleu, & Fau-ne un voile noir 6c un scapulaire violet, sur lequel ily avoir l’image de la Sainte Vierge tenant l’Enfant Jé-sus en ses bras, alla à 1 Eglise de S. André, ou 1 Evê-que de Tournai l’atrendoit à la porte. Elle se prosterna
• aux pieds de ce Prélat, qui après lui avoir donné fabénédiction, la conduisit juíqu’au grand Autel; il ybénit le manteau, le voile, le scapulaire, & revêtit laMere de Cambri, à laquelle il donna le nouveau nomde Sœur Jeanne de la Présentation. Elle fit entre sesmains vœu de clôture perpétuelle ; après quoi 1 Evê-que fit un discours au peuple, à la louange de la nou-velle Recluse, qui suc ensuite conduite procesîìonnel-lemenr jusqu’à sa Reclusion , le Clergé chantant, Ve-m,sporisa Christ , &c. L’Evêquc la consacra derechef,bénit la Réclusion, 6c l y enferma en perpétuelle clô-ture. P. EIÉlyot. T. IV. p. 3 3 p.
Reclusion , se dit aussi en style de Palais de Factionde renfermer dans un Monastère, dans une maison deforce. Une femme condamnée pour cause d adultère,lie perdant pas les droits de cité, étant capable deseffets civils, ia recluson dans un Monastère ne la ren-dant point Religieuse, le mariage nc lui peut ctre in-terdit après la mort de son mari.
RECOCHER la pâte. v. a. Terme de Boulangerie: e’estla battre une seconde fois du plat de la main.
RECOEFFER, ou RECOIFFER, v. a. k rédupl. Coëf-fer une seconde fois. Iterum caput implicare. Cettefemme étoit toute défrisée, elle s’est allé recoiffer.
On le dit aussi des bouteilles. U fuit reco 'cjjer cettebouteille, pour la garder pour une autre fois. Lagenamobturare.
RECOGNER. v. a. & rédupl. Cogner de nouveau. Fi-gere. Ce clou n’étoit pas affez enfoncé, il a fallu lcrecogner. On recogne une cheville, un boulon, quisortent de leur trou.
Recogner, signifie aulîì, combattre vigoureusement unennemi qui s’avance, le repousser bien loin. ìlosemadigere , repellere , compellere. Les Barbares avoientassemblé une grosse armée pour faire une irruption ,mais ils ont été bien recognés . Recogner les ennemisavec courage. Ablanc.
Recogner, se dit aussi en matière de doctrine. Ce Doc-teur avança une telle proposition, mais il fut bien re-cogne', on lui montra qu’elle étoir hérétique.
(fl’ Ce verbe ne peut s’cmployer qu’au propre, quandil signifie cogner de nouveau. Dans le sens figuré il estpopulaire 8c trivial.
RECOGNÉ, ÉE. part.
RECOGNITION, s. f. Examen de quelque chose. Ona attribué un Livre d c Récognitions à St Clément Ro-main; mais M. Du Pin a fait voir dans fa Bibliothè-que Ecclésiastique, que cet Ouvrage n’est pas de ce StPontife, Sc qu'rl est plein d’erreurs & de sables. C’estun mot purement latin.
RECOI.s. m. Vieux mot.Tranquillité, repos, solitude.Glojs. sur Marot.
A RECOI. adv. D’une manière douce, tranquille, pai-sible. Tranquille, quiete, pacatè. Cet homme s’estretiré des affaires, & vit doucement & à recoi à lacampagne. Cette maison est à recoi ; on n y entendpoint de bruit; on n y reçoit point de visites impor-tunes. Ce valet se tient à recoi, les bras.croises, quandon ne le regarde point. Ce mot est vieux, & ne fedit plus.
RECOIN, f. m. Terme rédupl. de «à Lieu étroit, ca-ché & oblcur , coin plus caché. Angulus retrusus ,obscurus. On l’a cherche par tous les coins & recoinsde la maison, par tous les coins 6c recoins de la fo-rêt, ou du Royaume. Il deícendit dans les villagesqui étoient épars çà 6c la dans le recoin des vallons.Ablanc.
Recoin, s’emploie aiim figurément. 7 oci absrusores ,secretiores. Il poursuit un raisonnement jusques dansles derniers recoins de la Logique. Mol. Les recoinsdu cœur, pour dire les replis du cœur. Voyeç ce mot.I.atehrs. in animis , penitissimi recessus.
RECOIRDIE. f. f. VieUx mot. C’est à mon avis une forte
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