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Tome septieme. [PRO - TE.]
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dus. 11 ne faut point subtiliser en matière de reconnois-

sance; elle s’évapore en subtilisant. Nie. Quand on sehâte de rendre un lervice pour un autre qu on a reçu,c’est que le coeur cherche à íe décharger du poids dela reconnoisance qui le bielle. M. Scud. Le poids dela reconnoisance seroit toujours bien léger, II on ne lerecevoit que des mains de la vertu.

$CT La reconnoisance agit plus froidement que l’espé-rance. Il est: plus fur, dit le P. Bouhours, de compterfur le besoin que les gens ont de nous, que fur leurreconnai ssance : l’eípérance n’oublie jamais, & la re-connoisance oublie fort souvent.

fjCT Ce qui fait qu’on se trompe dans la reconnaissanced’un bienfait, Lest quq celui qui donne & celui qui re-çoit,ne conviennent point du prix du bienfait. Chacuníe fait une règle de reconnoisance toujours commodepour lui; toujours incommode pour les autres: la rai-son est que notre reconnaissance s exerce à nos dépens,ct celle d'autrui à notre profit. S. Evr.

|KF Reconnoissance & Ressentiment , synonymes.La reconnoisance est, dir-on , le ressentiment d’unbienfait qu’on a reçu. Le correct Racine a lui-mêmeemployé le mot de ressentiment , tout seul, commesynonyme au mot de reconnoissance. Voyeç au motressentiment. Mais ce dernier mot n’est plus en usageque pour signifier le souvenir d’un outrage, d’une in-jure. Au pluriel sur-tout, il ne se prend jamais qu enmauvaise part.

Reconnoissance, se dit austì pour l’aveu, pour factiond une personne qui reconnoît la faute. Consessio , de-claratio. Cette humble reconnoisance de leur sauteleur en obtint le pardon. Vaug.

Reconnoissance, signifie encore le salaire, la récom-pense d’un service, le prix d’un bon office qu’on nousa rendu , lorsqu’il n’est point fixe, & qu'il dépend denotre discrétion. Mercedis solutio y pr&mium. Je lui aifait un plaisir, j’en ai reçu une honnête reconnoisan-ce. Cela mérite quelque reconnoisance.

Reconnoissance, en termes de Pratique, est un acte parlequel îfT on reconnoît h vérité de quelque point dedroit, ou de quelque fait. C’est quelquefois un actepar écrit pour reconnoître qu’on a reçu quelque chosepar emprunt, ou en dépôt. C’est en ce sens qu’on ditdonner une reconnoisance d’une somme que l’on em-prunte. Voye% Bileet, Obligation.

Reconnoissance de promesse, d’écriture. C’est unacte par lequel quelqu’un reconnoît qu’une promesse,qu’une écriture qu’on lui représente , est de fa main.Reconnoisance d’hérirages. C’est une déclaration (voy.ce mot j que l’on paíîe au terrier d’un Seigneur pourles héritages qu’on tient de lui à cens. Les Seigneurspeuvent obliger leurs tenanciers à palscr titre nouvel& reconnoisance des droits qui leur font dus toutesfois ct quantes. On l’a alfigné pardevant le Juge en re-connoisance de promesse. Je lui ai confié un dépôt sursa parole , je n’en ai point de reconnoisance. Palierune reconnoisance à quelqu’un devant Notaire. LeMait.

Reconnoissance d’aînés 6c héritiers principaux , fontdes déclarations qui contiennent de la part de ceuxqui les font, une elpèce d institution contractuelle desbiens qu’ils possèdent actuellement, & s’obligent ta-citement à les conserver a celui de leurs enfuis qu’ilsont reconnu par contrat de mariage devoir erre com-me 6c en qualité d aîné, lent principal héritier.

RECONNOISSANT , ANTE. adj. Qui a de la grati-tude, de la reconnoi (lance. Gratus } accepti beneficiimemor. Un enfant ne sautoir être trop reconnoìsantde la bonne éducation qu’il a reçue. Rien n’est pluscruel à une ame reconnoisante que la nécessité d êtreingrate. S. Evr. Il y a des gens qui, pour se dispenserd erre reconnoisans , feignent d avoir reçu quelque in-jure de ceux qui les ont fervis. M. Scud. Quand onn’est reconnoìsant que par une espèce de devoir, l’ons’en acquitte de mauvaise grâce. Bell.

RECONNOISSANT. s. m. Suivant l’ancicnne Coutume deNormandie , c’est une enquête d’etablilsement, quiest faite de toutes les matières contenues aux" brefs denouvelle désaisine, de mort d’anceíleur, d’escaéte ?

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de mariage encombré . de douaire , de présentementd Eglise, de fies 6c de gage , de fies ct de feimc,d’eí-tablie, de íurdemande, de fies lay & d’aumcne, delignage nié ct d’hcritage. De Lauriere. Recogmtio.Voyez Du Lange à ce mot. Mais prenez garde querecognitio j, dans deux chattes qu’il cite, nt lignifie pasreconnoisance d’écriture , comme la crû ct t illustreAuteur, mais qu’il lignifie enquête d’étaliscmeut. lv-RECONNOITRE. v. a. Je reconnois. Je reconnoisois-Je reconnus. J 3 ai reconnu. Je reconnaîtrai. Que jereconnoise. Que je reconnuse , cu je reconnoîtrois.

Se remettre dans l’elpnt limage d une personneou d’une choie qu’on a vue auuefuis, quand on vientà la revoir. Agnojcere , recognoscere, fl y a fi long-temps que je ne l'avois vu, que j ai eu bien de la peineà le reconnoître. Reconnoître quelqu un à fa voix , àfa démarche. Je l’ai reconnu au bal, maigre ion dégui-sement. Chacun reconnoît ce qui lui appartient. J’aireconnu le chapeau qui m’avoit été volé.

$3“ Reconnoître, se dit aussi en parlant des personnes& des choses qu’on n’a jamais vues : alors c’est s’ap-percevoir à quelque marque que telle personne outelle chose est celle dont on ncusa parlé ,cu qui nous aété désignée. Ce voleur a été reconnu fur les hgnale-mens qui ont été envoyés. Il a été reconnu a la ba-lafre.

fCT Reconnoître, signifie quelquefois parvenir à décou-vrir la vérité d’une chose. Cn a reconnu ion innocencemalgré la calomnie de les ennemis. On reconnoît au-jourd’hui fa trahison , fa perfidie. Nota est ,palàm est-£CT Reconnoître , observer, remarquer. Explorare >observare _, observitare, four réussir à la Cour, il fautreconnoître le terrein. Reconnoître les dispositions desMinistres.

|fiF Dans cette acception, c’est un terme de l’Art mili-taire.

Reconnoître, en termes de Guerre,signifie,voir, exa-miner l’état des choies. Loci naturam } situm , muni-tiones explorare observare. Un Général doit allerreconnoître en personne la place qu’il veut assiéger ,pour en reconnoître l’aifiette, le soible & le sort. O»a envoyé des troupes peur reconnoître l’armée enne-mie , pour reconnoître leur camp , le terrein proprepour la marche, les gués, les rivières.

De même, en termes de Marine , reconnoître unvaisseau, une flotte, c’est Rapprocher assez d’un vais-seau pour examiner sa grosseur , les forces qu’il peutavoir, & de quelle nation il est. Nous envoyâmes troispirogues pour reconnoître le bâtiment. Reconnoîtreune terre, c’est en observer la situation, a fin de savoirquelle terre c’est. Aubin. Reconnoître la côte , unport.

î£J' Reconnoître, confesser, faire l’aveu. Fateri _, con-fiteri. Je reconnois que j’ai eu tort. 11 vaut mieux re-connoître ía saute que des’excufer de mauvaise grâce.Je reconnois nies crimes, ct mon péché est toujoursdevant moi. Port-R. Il ne veut pas reconnoître quec’est la grâce qui opère. Pasc. Il reconnoît que tout cequ’on lui demande est entre les mains.fs§‘ Reconnoître, en termes de Pratique, c’est avouer»declarer qu’on est obligé à quelque devoir. Reconnaî-tre une redevance, une rente, c’est en passer un aven.Il a été condamné à palier titre nouvel, ct à reconnoî-tre cette rente. Il a été assigné pour reconnoître fii pro-messe , fou écriture, c’est-à dire, pour déclarer q tic bpromefle est de lui, que l’écriture qu’on lui présen fCest de fa main. Reconnoître son seing, c’est avoucíqu’on a signé un écrit dont il est question.jpO* On dit aussi reconnoître pour. 11 l’a reconnu pour so"fils, il s’en est déclaré le père. Profesus eft. Les Pcû"pies de l’ile dc Corse ont reconnu Paoli pour lcn sChef

On dit dans ce sens , qu’un homme ne reconnoît l ] 1Juge, ni Loi , qu’il ne reconnoît d’autre Loi que l* 1Mvclouté, d’autre Maître que Dieu.fCT Reconnoître, en morale. Avoir de la reconnois"sance, de la gratitude. Reconnoître les bienfaits qu’ 011a reçus, la faveur qu’on nous fait. Accepta gratia, me-morem ese , accepti beneficii gratiam habere.