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Tome septieme. [PRO - TE.]
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RED

Redresser , signifie encore, remettre dans ìe droit che- 1min celui qui s’en est écarté. Devium , errantem re-ducere in viamj revocare. Nous nous égarâmes dansla forêt, 8c nous ne' trouvâmes personne qúi put nousredrejjer.

Dans cette acception il eft plus usité au figure ou ilsignifie, remettre dans la bonne voie, corriger, recti-fier, réformer les mœurs, la doctrine, &'c. Corrigere,emendare. Ce jeune homme étoir fur le point de scperdre-, mais des gens charitables l’onc redressé, remisdans le bon chemin. Combien de fausses vertus queses corrections ont redressées ? Fl. On ne íe soucieguère d’ctre redressé j on veut être flatté & applaudi.Bell. La raison redresse les mauvaises inclinations &les corrige. La science redresse l’cíprit, dit Montaigne.II est impossible de redrejjer un sot ; il ne comprendpas les raisons de fe corriger.

Dans le style familier, redresser est synonyme a at-traper, tromper adroitement, redresser quelqu un aujeu.

Redresser les torts. Expression figurée, souventemployée dans les Romans de l'ancienne Chevalerie,pour dire, soulager les opprimés, réparer les outra-ges, les violences qu’on faiíoit aux autres. Elle trouveencore place dans le style familier 8c ironique.

Redresser les peaux. Terme de Chamoiíeur. C estles faire palier une seconde fois les unes âpres les au-tres fur le palillon ou pinçon, qui est une e spece d ins-trument de fer plac & poli, planté debout dans unpieu.

P Chez les Mégisiìers, redresser les peaux , c est lesetendre Sc les d étire r avec les mains fur une table ,a finqu’il n’y reste aucun pli.

Redresser les gants. Terme de Gantiers. Cirothe-Cas perficere. C’est leur donner la derniere façon cales'détirant avec la main.

Redresser les étavillons, ouvrir les gants en large& les étendre en long avec les fuseaux ou bâtons agants.

REDRESSÉ, ÉE. part. Voye^ les significations duverbe.

REDRESSEUR, EUSE. s. m. & f. Vieux mot fort enusage dans les Romans des Chevaliers errans , qui s’ap-peloient redresseurs de torts: c’est-à-dire, qui vépa-roient les injures, & les violences qu on saifoit auxpersonnes affligées, ou opprimées. Reparator , refii-tutor. On donne aujourd’hui dans le style familier lenomade redresseuse à une courtisane adroite, qui saitépuiser la bourse de ses galans. Et redresseur eft. le nomqu'on donne à ces Chevaliers d’industrie qui vivent 8cfont figure aux dépens des autres. Un Allemand jeu-ne, riche & nouveau débarqué dans lc fauxbomgStGermain, c’étoir une vraie aubaine pour nos redres-seurs. M e Du Noyer. Paris fourmille de cette espcceR e gens qu’on appelle redresjeuts, 8c qui ne viventRue des sottises d”autrui. ,

REDRESSOIR. s. m. Terme de Potier d’étain. Especede boule de buis, arrachée au bout d’un manche, enforme de marteau, dont on íe sert pour redresser lavaisselle lorsqu’elle est bolsuée. RedreJJbir bien lait.

REDUCE, adj. Ce terme se trouve dans quelquesAntiqu a j res cn expliquant les médailles qui portent,Fortunœ reduci.

REDUCTIBLE, adj. m. & f. Qui peut ctre réduit. Re-

ducìibilis. Les corps four réductibles en poudres, enchaux, en de très-menues parties : mais ils ne font pasréductibles jusqu’à leurs premiers principes , julqu’àleurs atomes.

Réductible, se dit aussi en termes de Palais. Les do-nations plus fortes qu’il n’est permis par la Coutume,ne font pas nulles, mais seulement réductibles. Voyeza utnot réduction, les cas où ce terme didactique peutct te emoloyé.

^.REDUCTION, s. s. Action de réduire. La réduc-sí°V Ìun e ville à l’obéi(lance du souverain. Deditio.

n art tóu.s les ans à Paris le zi Mars, une processionl’° u-!r le ei1 nié moire de la réduction de cette ville à

obeiliaiice de Henri IV. In memoriam urbis recepta ,in ditionem redacta.

RED 2 ï ^

ífJ" Réduction. Action par laquelle une liqueur miseau feu est réduite à une moindre quantité. Imminutio.La réduction d’une pinte d’eau à chopine.

§3* Réduction, en Jurisprudence. C’est Faction deréduire une chose aux termes d’une Ordonnance oud’une Coutume, comme une donation, un legs, &c.La réduction d’un legs plus fort que la loi r.e le per-met.

$CT RÉDucTioNd’une rente. C’est la diminution d’unerente à un denier plus bas. La réduction des rentes furl’Hôtel de Ville.

ftCF Réduction des pièces de monnoie, se dit lorsqu’oncompare les grandes aux petites , ou les petites auxgrandes; les espèces qui ont cours chez nous aux es-pèces étrangères , ou les espèces étrangères aux nôtres.La réduction d’un écu en fous, de fous en deniers.De deniers en íous, de fous en livres, de livres enécus. La réduction des nombres entiers en fractions ,& des fractions en nombres entiers. Voye^ ces mots.

fCT Réduction íe dit dans le même sens de l’opéra-tion par laquelle on rrouve le rapport, la proportionque les diftérens poids Sc les différentes mesures ontles unes avec les autres. Proportio , ratio. On fait laréduction des mesures étrangères & des poids étran-gers, aux poids & mesures de France, & vice versa.Par la réduction de la livre de Paris à la livre de Lyon,trois livres & demie de Paris font quatre livres deLyon. Il (eroit fort à désirer qu’on fit la réduction detoutes les mesures à une feule.

$3* Réduction d’une figure en géométrie. C’est l’opé-ration par laquelle on change une figure en une autresemblable, mais plus petite. On íe íerc pour cela ducompas de proportion que l'on appelle aussi pour cetteraison, compas d t réduction.

fìCF Réduction, en termes de peinture, de gravure,&c. est une manière de faire une copie d’une f figure,d’une estampe, d’un dessein, &c. plus petite que l’o-riginal, en conservant toujours fa ferme & fa propor-tion. Voy. Singe ou Ponteiographe, & Grati-culer.

fÍCT Pour faire la réduction d’une figure, d’une carte,d’un dessein, &c. par carreaux, divisez le dessein enpetits carreaux égaux , tracés avec du crayon : divisezensuite lc papier sur lequel vous voulez copier l’ori-ginal en un nombre égal de carreaux ou comparti-mens, fous une échelle différente, mais dans une égaleproportion, c’est-à dire, cn observant de faire les com-partimens du papier plus grands ou plus petits, sui-vant qu’on voudra la copie plus ou moins grande. Ondessine ensuite dans chaque carré de papier cc qui fetrouve enfermé dans le carré correspondant de l’ori-ginal.

Ç3* Réduction. ( échelle de ) C’est un morceau debuis large tk mince, fur lequel font marquées diffé-rentes ligues ou échelles de parties égales, qui serventà transformer les longueurs mesurées en parties pluspetites. Les Arpenteurs s’en fervent pour réduire desplans cl’tine dimension dans une autre.

ff3" Réduction d’une équation. Terme d’Algchre. Opé-ration par laquelle on débarrasse une équation de tou-tes les quantités superflues, en la réduisant aux ex-pressions les plus simples, en séparant les quantitésconnues des inconnues, Sc faisant passer les premièresdans un membre de l’équation., & les secondes dansl’autre membre fans aucun mélangé. Quand 1 incon-nue fe trouve feule dans un membre, & les grandeursconnues dans l’autre, il est evident que l’on connoîtla valeur de la quantité inconnue.

ÇCF" Réduction , en termes de Logique, fe dit d’un ar-gument par lequel on démontré la vérité d’une pro-portion en faisant voir que le contraire seroit impos-sible ou absurde. On prouve l’existence de Dieu parune réduction à l’impossible 8c par la réduction à l’ab-surde. Reductio ad impossibile , reduclio ad absurdum ,en jargon de l’ecole.

(C T Réduction, est encore un terme d’Ecole, & unmoyen dont on se sert pour rendre un terme, ou uneproposition opposés à d’autres, équivalons à ccux-Ià.

i Ce qui se fait par l’addition ou le retranchement de