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D’-aurres Visent que ce suc le Pape Adrien qui en gra-tifia Charlemagne dans un Concile tenu à Rome. Quoiqu'si en fort, c’est nn droit très - ancien, & dont onignore le commencement. On prétend que la Régalen’étoit originairement qu’un droit de garde & d’admi-nisttation, & que les Rois étant feulement les déposi-taires des fruits des Evêchés, ils proposoient des (Eco-nomes pour les administrer pendant les vacances. Onprétend qu’en effet les Rois de la première & de la-seconde race n’ont jamais joui de ce droit, parce queles décrets des Conciles y étoient opposés. & que laRégale ne commença à s’introduire que dans le dou-zième siècle à la faveur des Investitures. On regarda laRégale comme une fuite des investitures, Sc ayant leConcile de Lyon tenu en 12.7;, où présida le PapeGrégoire X, il n’y a aucun cirre formel pour la Régule.La première Constitution qui approuve la Régale ,est■celle que ce Pape fit en ce Concile. On y dressa unCanon exprès pour maintenir dans ce droit ceux quien étoient en possession. On dit au contraite que lesEvêchés font de grands fiefs relevans de la Couronne,qui n’étant point héréditaires, retournent au Roi pour-en percevoir les fruits, jusqu'à ce que l’Evêque nom-mé lui ait rendu hommage, ct prêté le serment de fi-délité. C'est un droit tellement affecté à la royauté,qu’encore qu’un Prince Régent eût une puissance sou-veraine, néanmoins il ne pouvoir confjrer les Bénéfi-ces vacans en Régale- Du C ange d, t qu’on appeloitdes héritages en Régale, les biens qui appartenoient-aux Eglises par la concession Sc libéralité de nos Rois:d’où vient qu à la mort des Evêques les Rois s’en re--mettoient en possession, Sc conféraient tous les Béné-fices en dépendans, excepté les Cures. Rien deplus incertain, rien de plus obscur que ce qu’on nousdit touchant l’origine & -l'établissement du Droit deRegale; Sc dans les sentimens qui partagent nos Au-teurs fur ce point, on trouve de grandes difficultés. Si■l’on prétend que c’est un droit de garde des revenusecclésiastiques, qui a toujours appartenu au Roi pen-dant les vacances du siège épiscopal, parce qu’il estprotecteur des Eglises de son Royaume ; ne voit-onpas que la garde des fruits ne donne point le droitd’en disposer, comme nos Rois l’ont toujours faic de-puis rétablissement de la Régale. Si l’on prétend quece droit tire son origine des fiefs, dont les fruits ap-partiennent au Seigneur, quand il n’y a personne quien ait fait foi Sc hommage, n’est il pas évident que,suivant cette opinion, la Régale ne devroit avoir sienque pour les fiefs qui relevent du Roi ?
Ce que l’on peut dire de plus raisonnable, dit l’Auteurdes Loix Eccl. c’est que nous ne connoissons pas laraison de cet établissement, Sc que notre ignorancene donne aucune atteinte au droit pris en lui-même.
AI" On ne trouve pas moins de difficulté à fixer letemps de rétablissement de la Régale. Quelques-unssoutiennent qu’elle est aussi ancienne que la Monar-chie. Cependant il est certain que, suivant les anciensCanons , les revenus étoient réservés au futur Evê-que ; Sc cet usage s’est pratiqué fous les deux premiè-res races de nos Rois. Il n’en étoit pas de même fousla troisième race. Louis VII dans des Lettres Patentesde 11 < 5 1, parle de la Régale comme d’un droit très-ancien. Ainsi il faut qu’il sc soit établi, au plus tard,du temps de Hugues Capet. Tous les successeurs deLouis VII ont joui fans trouble de ce privilège, quia été confirmé pat le Concile général tenu à Lyon fousGrégoire X.
Dans une lettre à Philippe Auguste, Innocent III marquequ’il étendoit les Régales , non-sculement fur les mai-sons , mais encore fur les dîmes, les oblarions & tout lereste, & qu’en quelques Eglises il conférait mcirieles prébendes-, mais il lui dit qu’il est certain quetout cela ne doit pas être compris fous le nom deRégales.
# 3 “ Ce mot employé au pluriel signifie tous les droitsqui appartiennent au Roi. On appelle grandes Réga-les , majora Regalia, celles qui appartiennent au Sou-verain , comme Souverain , St qui font incommuni-cables , parce qu’elles sont inhérentes au Sceptre, &
font autant de caractères de la puissance suprême. Telest le droit de faire des loix, de les interpréter, deleschanger, de déclarer la guerre, de faire la paix, d'é-tablir des impôts, &c. On appelle petites Régales ,minora Regalia , celles qui ne font point nécessaire-ment inhérentes à la Couronne, qui peuvent en tueséparées, & que le Souverain peut communiquer &céder à qui bon lui semble. Tels font les grands che-mins , les rivières , les péages Sc autres droits.
Régale , sc dit aussi du droit qu’a un Seigneur féodal deprendre Sc d’appliquer à son profit des fruits des héri-tages de fiefs ou cotiers, à faute deles relever & droi-turer. Voyc% les Coutumes d’Artois, l'ancienne, art.17, & la nouvelle, art. 23 Sc a4.
Régale de Térouanne, sc dit en la Coutume de cetteville, parcc que l’Evêque étoit Seigneur temporel, Scy avoit Justice haute, moyenne Sc baffe en amortis-sement réel.
Régale, s. f. Terme de Fleuriste. Nom dune anémonequi est rouge mêlée de blanc, principalement en scsgrandes feuilles. Morin.
Régale, est aussi un des plus considérables jeux de l’or-gue, qu’on appelle autrement voix humaine, parccqu’il imite en quelque façon la voix de l’homme. Re-galis tuba , Il est accordé à l’unisson de la trompette,Sc à la longueur d’un demi-pied avec une boëte quisc soude au bout, longue de deux pouces. On fait aussides épinettes organisées, qui ne consistent qu’en unjeu de Régale. C’est une espèce de petit jeu d’orguesou de flûtes : il est fort commun en Espagne Sc enItalie ; en France cet instrument s’appelle un positif.
Les Flamans appelent aussi régale , un instrumentcomposé de plusieurs bâtons enfilés ensemble, & sé-parés par des grains de chapelet, qui rend une asteragréable harmonie, étant bien touché avec une bouled’ivoire, qui est au bout d’un bâton. On l’appelle au-trement claquebois , orgue ou régale de Barbarie.
Régale, adj. On appelle eau régale , une espèce d’eastforte qui dissout l’or. Aqua regalis. Elle sc fait estajoutant du sel commun, ou du sel ammoniac à l’esptitde nitre ou à l’eau sorte ordinaire qui est faite avec le ni-tre & le vitriol. Ce nom lui a été donné, parce qu’il disifout l’or, qu’on appelle le Roi dei méaux.
RÉGALEMENT. I. m. Partition ou distribution d'ustStaxe ou d’une somme imposée, par laquelle on règlece que chacun des contribuables en doit porter à pro-portion de scs forces. Partitio , diftributio. On travailleau régalement des tailles, au régalement de la sommeimposée par le Clergé pour le don gratuit Les annatcSsc payent scion le régalement , ou la taxe qui en a étéfaite autrefois.
Régalement, en Architecture, c’cstla réductiond’uneaire, ou de toute autre superficie à un mcrne niveau,ou scion fa pente. Daviler . Ad libellam aquatio.
On sc sert dè ce mot, lorfqu’après avoir enlevé deSterres, on met de niveau ou scion une pente réglée,le terrain qu’on veut drestèr.
RÉGALER, v. a. Donner un régal, faire un régal. Lautèaccipere , opiparè traclare. C’est un homme qui ré-gale volontiers scs amis. Ils sc font régalés tour à tour.Cet homme reçoit fort bien scs amis à la campagne >il régale fort bien ceux qui le viennent voir. Régales)ou nourrir quelqu’un à bouche que veux-tu, pour di-re , qu’on lui donne tout ce qu’il peut souhaiter. Cettefaçon de parler est basse.
Régaler, se dit par extension en parlant des chosc squ’on fait pour amuser, pour divertir les autres. Ex*hilarare. Je veux vous régaler d’un conte, d’une hss"toire. Régaler quelqu’un d’un concert, de la comédie»Si vous voulez le bien régaler , montrez lui de beau*tableaux.
ísiT On le dit encore , mais en vieux style, en parlan 1des préscns qu’on fait dans quelques occasions. Mu'nere donare, afficere. Il a régalé la Maîtresse le jo llsdc fa fête, d’un bouquet, Sc d’un présent de gants ,de rubans & d’essences. Les Princes ct les Magiffi 2tSrégalent les grands Seigneurs qui passent, ils leur en-voient le vin de la ville, des fruits, des rafuíchifl*'mens.
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