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sans goût, fans génie. Versus insulsos 3 inconditos scrip-■ titare. Il ne fait que rimailler.
Hfy RIMAILLEUR, f. m. Terme de mépris, dont on fefert dans le discours familier, pour désigner un Poëteou médiocre ou mauvais, qui travaille (ans génie. In-sulsus versificator. Ce n’est qu’un rimailleur. Rousseaua employé ce mot dans une épigramme contre Gacon,fous le nom de Griphon.
Griphon rimailleur subalterneVante Siphon le Barbouilleur ;
Et Siphon j Peintre de TaverneVante Griphon le rimailleur,
Sur ce propos certain railleur
Dit qu ils avoient tous deux raison 3 ctc.
RIMAIRIE. f. f. Ancien mot. Rime. Il fe trouve dans lesEpîtres du Traverseur. Boree.
RIMASSER. v. n. Faire de méchans vers. Versus utcum-que condere. Ce terme est vieux.
Avant que de ri masser,
Bannissons de notre penser
Tout souvenir qui le travaille. ScAR,
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tiou ou le Póëme de la Grâce, composé par Orfrid,Religieux de Vciílemberg qui vivoit vers le miliciidu neuvième siècle. C’est du Franc tout pur, auquelnous n’entendons plus rien. Quelques-uns prétendentque Paul Diacre, qui vivoit du temps de Charlems-gne, est l'inventeur de la rime , Sc que l’Hymne qu nfit pour S. Jean, & qui commence par ces mots , Utqueant laxis 3 est le premier ouvrage rimé qui ait ja-mais paru. Ibid. D’autre côté les Poe tes François aban-donnant la rime, voulurent introduire la méthode desLatins, Sc faire des vers composés de syllabes longuesSc brèves. Mais leur dellein échoua, Sc l’on revint ala cadence dés rimes. Pasq.. Quelques-uns croient quela Poésie des anciens Gaulois étoit rimée. Quoi qu il enloir, elle est très-ancienne, Sc c’étoit presque Puni-que règle que les Poètes obfervoient. Ils ne fongeoicntpoint à i’arrangement des rimes : bien loin de les di-versifier, c’étoit une espèce de beauté, que de faire ttngrand nombre de vers lur les mêmes rimes.
Durant les premiers ans du Parnasse François>La rime au bout des mots assemblés fans mesure >Tejioit lieu d 1 ornement 3 de nombre & de césure.
Boit-
RIMASSEUR. f. m. Mauvais Rimeur, mauvais Poète.Malus Poeta , miser V°.rfificator , ineptus Poéta.
Ce n’efi pas que je croie en ces temps effrontés 3Que mes vers soient fans pere 3 & ne soient adoptés 3Et que ces KimzÏÏems, pour feindre une abondance 3N" approuvent 3 ímpuijffans 3 une fausse semence.
Régnier.
RIME. f. f. Uniformité de son dans la terminaison dedeux mots. Un même son Sc une même terminaison.Similes exitus habentes 3 eodem rhythmo desinentes.Les rimes n’ont point de grâce dans la prose, elles cho-quent l’oreillc, il les faut éviter. Voyeç Vers.
Je ne puis pour louer rencontrer une rime.
Maudit soit le premier dont la verve insenséeDans les bornes d'un vers renferma fa pensée •
Et donnant à ses mots une étroite prison 3Voulue avec la rime enchaîner la raison. Boil.
La Noue , Fremont Sc Richelet, ont fait des Dic-tionnaires de rimes.
On prétend que 1 es rimes ont paste de la langue La-tine à la langue Françoise. Les Orateurs Grecs quicherchoicnt à chatouiller les oreilles du peuple , af-fectèrent une certaine cadence de périodes compassées,qui sinist'oient par une même consonance Sc une mê-me terminaison. Ils les appeloient Les
Latins qùi les imitèrent, nommoient ces phrases ainsimesurées, similiter desinentia. Cette affectation aug-menta dans le déclin de la langue Latine, Sc il n’y arien de plus commun que ces périodes rimées. La lan- Igue Gauloiíe coníerva cette cadence dc rimes 3 quiparut plus douce Sc plus agréable que les vers mesurésdes Grecs Sc des Romains. Il arriva même que les Poè-tes qui compofoient en latin , ajoutèrent la rime àla mesure ancienne des vers, qu’ils appelèrent Léo-nins. Ce genre de Poésie Latine avec des rimes étoirfort en vogue dans le douzième siècle, & l’on en aconservé quelques échantillons adressés aux PapesAdrien IV Sc Alexandre III, par un nommé IJonius 3qui a peut-être laissé son nom à ces fortes de vers, enquoi il excella. II fut d’abord Bénédictin , Sc ensuiteChanoine de S. Victor. Il composa dix Livres en versfur le commencement de l’Histoire Sainte. Obs.fur lesEcr. mod. Bernard de Cluni fit un Poème Latin fur lemépris du monde, de plus de trois mille vers, toushexamètres, & tous bien rimés, où il n’employa quedes dactyles, excepté au sixième pied, où il ne pou-voir fe dispenser de mettre des spondées. Ibid. M.l’Abbé Mastieu dit que le plus ancien morceau de Poé-sie rimée qu’il y ait dans toute l’Europe, est la Traduc-
Ce ne fut que du temps de Saint Louis que la verfifi'cation devenant plus exacte, on mêla régulièrementrimes masculines ct féminines. Cependant cette mÇ'thode n’a été bien exactement pratiquée que lotis 1 erègne de Charles IX. Quelques-uns attribuent Tínven"tion du mélange des rimes masculines & féminines »Marot ; c’est Ronsard qui fa pratiqué régulièrementpremier. Voyeç fur les incommodités de la rimes®Réstexions de feu M. l’Archevêque de Cambrai suri*
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Grammaire, la Rhétorique, la Poésie , Scc. p
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La rime féminine est celle de tous les mots dont »dernière syllabe sc termine par un e féminin, com° iebelle , j’aime. La rime masculine est celle de tons l cSautres mots, comme liberté 3 faveur 3 grossir 3 ends íURemarquez que les rimes masculines ferment mie 0 *la période que les féminines : mais dans les íujets tin-tes, les rimes féminines, comme plus langiiisiântes»finissent plus agréablement que les masculines.
La rime riche est celle de deux mots terminés de mc^par toute la dernière syllabe, lì elle est masculine > ypar toute la dernière & la pénultième, li elle est fe 0 * 1 'ninc, comme belle 3 ejcabelle. Heureux 3 généreux- ,
0CT La rime suffisante, si elle est féminine, est celle ° l!la pénultième voyelle ou diphtongue , avec ton t ctqui la suit, rendent un même son dans les mots quila rime. Et si c’est avec rime masculine , elle est si 1 ** 1santé lorsque la dernière voyelle ou diphtongue fmots, avec tout ce qui la fuit, rendent un même f° n ‘Belle 3 mhdêle. Vi éíoire 3 gloire. hîpoir 3 àevoir. He°r eux 3 honteux.
Les rimes plates font celles de deux vers de f 0lt *termines de même, c’est à dire, dc deux masculins ^deux féminins toujours continués de même. On s£|1sert dans la haute Poésie, dans l’Fglogue , ('Elégie,Comédie, dans le Pocme épique Sc dans la Tragédie
îsT Rimes croisées 3 lorfqu’on entrelace les vers des de*fespèces, un masculin après un féminin, ou deux m* 1culins de même rime entre deux féminins qui ri' fíCensemble: tels qu’on en voit dans l’Ode, le Ronde* 11 ’le Sonnet, &c.
(CP Rimes mêlées 3 lorsque dans le mélange des versne garde d’autre règle que celle de ne pas mettre ^luite plus de deux vers ou masculins ou féminins: c° l1 îme dans les Madrigaux, les Chansons, quelques 1°;
les, Opéra, Cantates, &c.
Rimes Normandes. Voyey Er. Rimes Parisien 0 .rVoye% In. Un même mot qui a une significationférente ne fait point une rime vicieuse. Comme ^nie substantif peut rimer avec manie verbe. MÉV- .appelle rime vicieuse, deux rimes qui fe rcpo°.jj e#mal, & dont le son ne frappe pas également f slsC L l£ -Une rime heureuse rend la cadence du vers pl° smonieufe.