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Que toujours le Ion sens s’accorde avec la rime;
La rime cjl une esclave , £■ ne doit qu obéir. Boil.
$3* On a été long temps dans le préjugé, dic Voltaire ,l^e la rime doit ctre pour les yeux. C’est pour cettetaiíon qu’on faisoit rimer cher à bûcher. U eft indubi-table que la rime n’a été inventée que pour l’oreille.C’est le retour des mêmes ions, ou des sons à peu-pressemblables , qu’on demande, & non pas le retour desternes lettres. On fait rimer abhorre qui a deux rr,avecencore qui n’en a qu’un. Par la même raison terre peutrimer avec père. Mais je me hâte ne peut rimer avec jefiae flatte, parce que flatte est bref, & hâte •est long.tstME, signifie quelquefois les vers & la Poésie meme ,farce que le plus grand agrément des vers Françoisconsiste dans ta rime , par laquelle ils sont terminés.Rhythmus , smiles exitus. Les rimes de Pétrarque.
L 1 un en vain se lassant à polir une rime. Boit.
Rien ne peut m’arracher une rime. Id. Corneille a ditdans 1 Excuse à Ariste : .
• - . . . . & la parfaite estime ,
Q&e ce divin esprit faisoit dè notre rime.
C’est-à-dire, de ses Vers, de fa Poésie.
Les rimes qui croient autrefois en usage portoient desn °ms assez barbares, tk peu intelligibles aujourd nui.Pat exemple, la rime kirielle , qui consistoit à repeterun même vers à la fin de chaque couplet. La rime ba-l slee 3 qui consistoit à faire rimer le repos du vers quiíuivoit avec la fin du vers précédent. Par exemple:
Quand Neptune puissant Dieu de la mer^■ejsa d'armer. ..
La rime fraternisée , qui consistoit à répéter le der-nier mot du vers précédent au commencement du verssuivant dans un autre sens. Par exemple:
Mets voile au vent y cingle vers nous , Caron ,Car on t’attends &c.
Elle approche fort de la rime qu’on appeloit an-nexée.
La rime senée consistoit à faire commencer tous lesrpots d’un vers par une même lettre. Par exemple :
Ardent amour , adorable Angélique.
La rime brisée consistoit à couper un vetsimmédu-tement après le repos, eníorte que tous , .
c bcs, ainsi séparés, faisoient un lens différé iqu’ils faisoient étant entiers. Par exemple.
De cœur parfait , chasses toute douleurSoye\soigneux , n’ufe\ ae nulle feinteSans vilain fait entretene £ douceur ;y aillant & preux , abandonnes la peinte .
Coupez ces vers par la moitié, on lita
r t e vers fui-
La rime annexée consistoit ìi commen p ai;
vant par la dernière syllabe du vers pexemple-.
c< *ur parfait°ye% soigneux ;yt n f vilain faitssMant & preux ;
toute douleur yu se\ de nulle feinte',Lsttretene^ douceur,Abandonne ç l a feinte.
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L a rime équivoque consistoit à reprendre la dernièresyllabe du verbe précédent dans le vers suivant, &c.Voyez Équivoque.
4 P’ Rime couronnée, rime enchaînée , rime emperière.Voye\ ces mots.
On dit, mettre en rimes , mettre en rime , pour dire,mettre en vers. En ce sens il vieillir. Acad. Fr.
On dit proverbialement d’un galimatias, d’un dis-cours extravagant, qu’il n’y a ni rime ni raison. Dic-torum nullus est nexus , nulla consecutio , nullus or-do. Et d’un fou , ou d’un bourru J qu’il n’entend ni rimeni raison. On dit des méchans vers, s’il n’y a de la rai-son , il y a de la rime.
ffT RIMER. v. n. Sedit des mots dont les dernières syl-labes ont la même terminaison , & forment le mêmeson- Voyep Rime. Simili syllabarum sono destnere. Ondit que deux mots riOT£/?dpien,ne riment pas. Belle, isa-belle, heureux, généreux , riment richement. Ce motne rime pas avec celui-là. Il faut rimer aux yeux auffi-bien qu’aux oreilles.
On appelle, rimer à la fois aux yeux & aux oreilles,lorsque les syllabes qu’on fait rimer ont le même son,& sont orthographiées de même. Acad. Fr.
|sT On dk,qu’un Poète rime bien, pour dire, que sesrimes sont exactes, & qu’il rime mal, pour dire, queses rimes sont mauvaises.
Ho- Rimer, signifie quelquefois faire des vers. Dans cesens, ce n’est pas un éloge, & on ne le dit guere qu’a-vec mépris. Il emploie tout son temps h rimer. Un telPoste n’a point d’invention, de génie, il ne fait querimer. O11 ne peut réprimer en lui la fureur de rimer.
N’allrp pas fur des vers en vain vous consumer ,
Ni prendre pour génie un amour de rimer.
Boit.
Mais dans ? art dangereux de rimer 6 ' d’écrire,
II n est point de degrés du médiocre au pire. Id.
QCP Rimer, fe prend ausiï activement. Alors il signifiefaire rimer , qu mettre en vers. Dans la première ac-ception on dit faire rimer un mot avec un autre. Il nefaut pas rimer perdu avec vertu. Dans la seconde, ondit rimer un conte, rimer une historiette. Rimer de laprose.
Qui pour rimer des mots , pense faire des vers.
Boil.
Muse, s’il faut rimer, rimons quelque louange.
I Id.
On dit proverbialement, quand on fe veut moquerde quelque réponíe extravagante. Voilà bien rimer. Ilrime richement en Dieu. Scar. Pour dire, il jure dedeverfes manières le nom de Dieu. Ejurat nomenDei.
RIMÉ, ÉE. part. Eodem rhythmo destnens. Ce ne sontpas des vers, c’est de la prose rimée. Voisins a remar-qué que les Arabes, les Perlans, les Tartares, les Chi-nois, &c. ne connoissoient d’autce Poésie que la Poé-sie rimée. M. le Clerc dit que les vers des Hébreuxsont rimés.
Bouc s-rimés. Voyez Bouts. ,
RIMEUR. f. m. Signifie litterallemcnt, Ecrivainqui rime, qui fait des vers. Verfificator. Mais on yattache une idée accessoire qui en a fait un terme demépris. Rimeur, Poète mauvais ou médiocre. U11vieux Rimeur a mauvaise grâce. S. Evr. Il y a peude Poètes qui inventent bien, mais il y a un nombreinfini de Rimeurs. La facilite que Malherbe affectadans ses vers, remplit la Cour de R imeurs.
Mais moi y qu un vain caprice , une bisarre humeur ,Pour mes péchés , je croiyfit devenir Rimeur.
Boil.
— S u,u ma m,Yfnte de corps &Eome VIE
Faut-il d’un froid Rimeur dépeindre la manie. Id.
Quoique ce terme nc sc dise guère que par mépris
Cccij
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