* RIS
le Grondeur , qui font un plaisir inexprimable , necausent guère un rire éclatant. Préface de la nouvelleComédie de l’Enfant Prodigue.
Rire, se dit proverbialement en ces phrases. Marchandqui perd ne peut rire. On dit de celui qui rit lansíujet, qu’il ric aux Anges; Sc ironiquement, rz-t’enJean, on te frit des œufs. On dit au contraire, il íe-roit bon à vendre vache foireuse, il ne ric point. Ondit le rire dc S. Médard, pour dire, rire du bout desdents. Voye\ plus bas Ris. Rire jaune comme fari-ne. On dit aulîì d’une plaisanterie uíée , c’est le vieuxjeu, on n’en ric plus. On dir aulli, rira bien qui rirale dernier, en parlant à ceux qui se réjouissent de cer-tains avantages qui ne dureront pas long temps. Ondit aulîì qu’un homme se chatouille pour íe faire rire,pour dire, qu’il fait tout ce qu’il peut pour íe diver-tir. On appelle un Comte pour rire , celui qui prendla qualité dc Comte, Sc qui ne l’est pas véritablement. Cornes ridiculus } deridendus. On dit aulîì, i!feroit rire tintas de pierres; pour dire, qu’un hommeest fort plaisant. On dit aulli en se moquant d un en-fant qui pleure, il ric comme on pleure à Paris. Ondit de deux innocens qui manquent d’entretien, qu’ils
íe regardent lans rire.
R I S.
RIS. f. m. Terme de Boucherie. C’est une glande quiest íous l’œsophage à la partie supérieure du thorax.Elle est très-délicate dans les jeunes animaux. Dans lesveaux elle se trouve dans le quartier du devant. Cor-rugatio viculina. Elle a deux parties, l une qu’on ap-pelle autrement la fague, 5c f autre la gorge. Les Mé-decins , dans le corps humain l’appellent thymus. Ellese trouve lous les clavicules.
Quelques - uns disent que ce mot vient de ce quela fagoue, étant blanche & grenue, ressemble auxgrains de ris. Ménage le fait venir de rides, parce queles ris de veau font ridés. C’est la plus vraisemblableétymologie ; le concours de deux de a fait qu’on ena retranché un, Sc que de ride de veau, on a dit ride veau , Sc ensuite ris de veau.
RIS, ou RIZ. s. m. Plante qui pousse des tiges à la hau-teur dc trois ou quatre pieds, plus grosses & plps fer-mes que celles d u blé, nouées d’espace en espace. Sesfeuilles font longues, charnues, semblables à celles dela canne ou du poireau. Ses Heurs naissent au som-met des tiges, Sc font à plusieurs étamines assez sem-blables à celles de l’orge : mais ses graines font dispo-sées en bouquet, enfermées chacune dans une cap-sule jaunâtre, rude, terminée par un filet. Ces grai-nes font assez courtes, presque ovales, blanches. Enlatin ory^a. Le ris vient dans les lieux humides Sc ma-récageux, on le cultive dans les Indes orientales,dans la Grèce, en Italie. On se sert de ses graines prin-cipalement pour les alimens, & quelquefois en Mé-decine.
Ris, se dit aulli des graines du ris. Ory\a. Le ris estpropre pour adoucir, pour épaissir les humeurs, ilmodère le cours de ventre; on le mange bouilli avecdc l’eau & du lait. Les peuples du Nord mangent lespoules & les autres viandes avec du ris Sc du íafran.Autrefois on n’osoit faire une noce s’il n’y avoir duris jaune, c’est-à-dire, safrané. Tous les peuples desIndes ne vivent que de ris cuit dans 1 eau. Laboiílonordinaire des Chinois, est le vin de ris , qui est d’unblanc qui tire fur la couleur d’ambre, Sc d’un goûtaussi bon que le vin d’Espagne.
RIS. Terme de Marine. Rang d’œillets avec des garcet-tes, qu vn met à une certaine hauteur de la voile, &qui servent à diminuer la voile, quand le temps estmauvais.. Veli contraclio. Prendre un ris, c’est-à-dire ,rapetisser, raccourcir la voile. Vêla concrahere. Parles quarante degrés, nous eumes un coup de vent ar-rière du nord óc nord-nord-elt, qui nous permertoità peine de porter la mizaine un ris dedans. FrÉzier.p. s. Nous fumes contraints de mettre à la cape sousla grande voile, un ris dedans, dans une inquiétude
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terrible de notre vie, nous sachant si près de terre &vers le vent. Id. p. 30 „
RIS, RIRE. f. m. Emotion subite de l’ame qui paroitsur le visage, quand on est surpris par quelque choiequi cause en nous un sentiment de joie. Ri jus , risto.Le diaphragme en se relevant Sc en s’abaiffant plusvite Sc plus fort qu’il n’a coutume de le faire dans lasimple respiration, doit être regardé comme la cauíeprincipale du son inarticulé auquel nous avons donnele nom de ris ou rire. Comme il y a une liaison entrele diaphragme & les muscles du visage Sc du larynx,par le moyen, des nerfs, on ne doit pas eue surpris si 1 £Smouvemens íe font sentir au visage Sc au larynx. M*disoitd’un lot qui doit grossièrement; Il n’y a pas jus'qu’a ion ris, qui ne soit une sottise. S. Evr. Qu’est-ce que des ris immodérés & stupides, en comparai-son d’un souris lpintuel ? C». d’H. Non - feulementon doute de nos mystères, mais souvent d’un ris dé-daigneux Sc moqueur, on íe joue de la simplicité deceux qui les croyent. Fi Éch. Les gens soupçonneuxinterprètent tout de travers, Sc s’imaginent que tousles ris íont mystérieux, & qu’on y entend toujours n-nesse.,BEiL. Jc ne pus retenir ce ris dédaigneux qu’ex-cite la crédulité des personnes simples. Eoss. Cettefemme ric de tout : la colere lui donne un certain flSamer, Sc le mépris lui met fur le visage un ris mo-queur. M. Scud. Il est de la sagesse de lavoir conte-nir les ris immodérés, Sc les joies folles & emp° r 'tées. M. Esx>.
Vos gestes , vos regards, vos ris & vos discours,Fonc mourir mille Amans , & naître mille Amours • .
Voiture. •:
Laurent Joubert, Médecin, a fait un Traité du r iS ‘ 'On appeloit autrefois Ris de Pâques , un bon conteque les Prédicateurs avoient coutume de faire le j° uíde Pâques. Risus Paschalis.
$3“ Ris ou Rire Sardonique ou Sardonien. Risus Siï'donius ou Sardonìcus. Ris convullif, cauíe patcontraéfion des muselés du visage, Sc principalem^des lèvres. Cette dénomination vient d’une herbe st'nimeuse fort commune en Sardaigne, qui, prise j 11 'téricurement, cause des mouvemens convulsifs si VI °lens dans les muscles des joues & du visage, que stmalades semblent rire en mourant. Cette plante estsardoine ou renoncule sauvage, autrement app c * eherba scelerata , à cause de ses effets.
Le ris Sardonique s’appelle autrement ris canin 0 '* ,cynique , Risus caninus , parce que par la contract} 0des levres les dents sont découvertes comme celles d 01chien qui veut mordre. Canis en Latin , Sc j “Grec signifie chien. rr
cí'j- Le ris Sardonique peut non - seulement être ca° __par l’herbe dont on vient de parler; mais il peut e^core être la fuite d’une attaque d’apoplexie ou de P* 1ralysie, & de quelques autres maladies, relies qn e cblessures du diaphragme : Sc généralement il peut v ^nir de toutes les causes des convulsions qui P c . uVaffecter les lèvres aussi bien que les autres partiescorps. C’est souvent un symptôme mortel, princ’F^lement quand il se rencontre avec une extrêmeblesse. ç ^
$3* Dans le sens figuré, on dirqu’un homme a un ris qdonìque óu Sardonien , quand il fait semblant de f*quand son ris est forcé, tel que feroit celui d’un n° fme qui entendroit raconter une histoire plaisante,il feroit lui-même l’objet inconnu, tourné encule. ' ^
Ris de Saint Médard. Grégoire de Tours, chap jcr °de la Gloire des Confesseurs, nous apprend qu c ‘ SjMédard ayant le don d’appaiser la douleur des íon le représentoit exprès la bouche entr’ouvertc, jfant un peu voir ses dents, pour faire souvenir <3 cCon y auroit mal, d’avoir recours à ce Saint, y 1 'j^isqu’entrouvant ainsi la bouche, il paroissoit lls f’.]à estd’un ris qui ne passoit pas le bout des dents ; 0 t si-venu le proverbe d’un ris de Saint Médard , P