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Tome septieme. [PRO - TE.]
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R1R

C'est faire un certain mouvement de la bouche,causé par l’impreíîion qu’excite en nous quelque chosec t plaisant, Rire est le propre de l'homme en tant qu’ê-u . e pensant, & par un effet de la conformation des muí-cles de ion viíage. Il est allez difficile d’expliquer com-® cnt > à l’occasion d une idée^ ce mouvement est pro-auit dans les lèvres Sc le reste du viíage, qui est le sié-Sc du ris modéré. Presque tout ce qui le passe cheznous, est pour nous un mystère. Le Sage dit qu’il y aUn te mps pour rire, Sc un temps pour pleurer. Tem-P us ridendi , & tempus flendi. U ne íuffit pas de rirePour ssi; il f au£ q Ue ] es autres ne puissent pas nous re-procher de rire mal à-propos. M. Scud. Les aises dea Vle , & le calme de la prolpérité, font que les Prin-ces °nt de la joie de reste pour rire de tout : mais les|® ns moins heureux ne rient qu’à propos. La Bruy.r^ous rimes à gorge déployée de fa naïveté , nous noussemons les côtés à force de rire, faire crever de rire ,raire mourir de 'rire. Etouffer , pâmer de rire. Rifluem ori , concidere, corruere, examinari. Il lied mal der fle avec des éclats extravagans qui étourdilìent l’ai-euiblée. Bell. Stultus dum ridet exaltat vocem fluam.^ vingt ans on rit pour la moindre choie: à quarante°nne rit plus que du bout des dents. MÉn. Rire exceilivement, est un emportement contre la bienséance.

Ell * Louis Vivez a écrit comme une choie fort re-niarquable , que lorsqu’il avoit été long-temps fansjnanger, les premiers morceaux qu’il mettoit dans fa°Uche l’obligeoient à rire.

Pluton Prince du noir Empire,

Où les tiens ne rient jamais,

Reçois aujourd’hui Rabelais ,

Et vous aurcç tous de quoi rire.

. On dit, Sc de rire , pour dire , & alors on fe mit àr,re \ H est du style familier. Acad. Fr.

^ Ijgula, à la mort de Druhlle fa femme Sc fi sœur,f 01 , de rire fous peine de la vie. Abbé Lenglet,ron""^" ^híifl- in - 12 j 1 73 7 s 3 e vol. p. 2p. Scar-fe a* n * DCH avant que de mourir, voyant ses parens &

1 > 0311 chiques qui soudoient en larmes: Mes enfans,cur dit-il, vous ne pleurerez jamais tant que je vousr* ait rire ‘ Ménogiatia, T. III, p. 2pi. Ce bon motc lappae assez à la h n de l’Epitaphe de Molière, parV1, Muet, Evoque d’Avranches.

«Si riflum nobis movisses parciùs olirn ,

Parciùs heu ! lacrymis tingeret ora dolor.

Il ‘etii carmina , in- 12 , Paris , i jo p , p. p o.

, ,p n Astrologue Italien , nommé l’Abbé Damascene,j cLl3t oic en 1662. à Orléans une brochure de íìx feuil-^' ts > dans laquelle il prétendoit expliquer lestempéra-I H 3 ^ cs hommes par leurs divertes manières de rire.Pu " V"-' J sslon son observation burlesque, mar-ie mélancoliques ; lc he , he, he , les bilieux ;s a * >. ha, ha , les flegmatiques ; & lc ho , ho, ho, lesRi Re ° j- lns ; p lofs. Bourg, au mot Ha ,ha, ha.péridç bni ^ e au hì, badiner, railler agréablement. Hy-rire a P c ^ n d re l cs mœurs, & fa manière de

Uoble R C Roquer est fine , & a quelque chose de

main " p ^ ll lyrique rit aux dépens du genre hu-

pi nce ’p e ra iHe, il s’en mocque , il mort en riant, ilffuer d nS ^ ,<r -Expreslìon familière, pour dire, semoc-4 e(] e i n e .quelqu’un sans faire semblant d’en avoir ledire 1 ’ ; 0race dit qu’il n’y a rien qui empêche deservi de VCrit ^ 611 r ' lanU Apprêter à rire. Montagne s’estge, av ccc . te phrase qui est présentement fort en usa-«er sui.^'Ub dans le style familier, pour dire, don-railler. ç Cnae sujet de se faire mocqucr, de se fairegens, i cu ette f°lle action a apprêté à rire à bien desauffi qu , i ;' ii a donné occasion de s’en mocquer. On ditaise d’unc'V 0 ^ 1110 rit ^ 0Ui ca PP e > quand il est biendit dans 1 ■ - e ’ hm§ en rien témoigner au dehors. On

P ^ 0 urge 0 ife s mcine ^ cns> rire d ans í ' 3 barbe. Exprcllîons

® dfie auisi fe réjouir, fe divertir, passer le temps

RIR # <pt

à dire , ou à faire des choses agréables. Obleclare fle,ou vita/n deleclari ; aliquâ re. Les jeunes gens ne de-mandent qu’à rire , qu’à folâtrer. Nous rirons commedes fous. Du marin jusqu’au soir, qui nous défend derire ? Bon.. Les bouffons ne font nés que pour faire ri-re, pour divertir. C’est un plaisant qui a toujours centcontes pour rire, qui a le mot pour rire, qui fait étouf-fer de rire.

Rire, signifie auisi ne parler pas sérieusement & selon sapensée, mais feulement par jeu, par raillerie. Jocari,cavillari. Quand vous dites une chose iì peu croyable,c’est que vous voulez rire. Les louanges que vous medonnez, c’est pour rire, pour vous divertir. Je n’ai ditcela que pour rire, je n’ai pas e.u dessein de vous of-fenser. Il est malade tout de bon, il n’y a point à ri-re. Je ne fài pas où est le mot pour rire dans cette af-faire.

Rire, se dit figurément des choses inanimées, en parlantde ce qui plaît, de ce qui est agréable, de ce qui réus-sit. Ridere , arridere. Cette maiíon de campagne estfort belle , tout rit. Tout rit dans cet appartement.Ablanc. Hic Ut a , jucunda , ameena sunt omnia, ri-dent univçrfla. Dans la jeunesse nous n’aimons que lcjoli & l’agréable; nous ne courons qu’après ce qui ricà l’imagination, pour dire, ce qui plaît à l’imagination.Tout rit dans ces prés , dans ces bocages. Tour. Lafortune rit aux gens qui font en saveur. La rôle rie auloled. Vorr. Pour dire , s’épanouit , s’étale. La merétoit trcs-calme, Sc néanmoins les plus doux zéphirsqui la faisoient rire nous importunoienr. Du Loir , p.328.

f-C? Rire , témoigner qu’on ne fe soucie point de quel-que choie. Il rit de toutes les remontrances qu’on luifait. Il ne frit que rire de ses menaces. ì\ihil curat.

(KTSe Rire , v. récip. Se mocquer. Se rire de quelqu’un,de ses projets, de fes menaces.

Rire, signifie auisi burlesquement, se fendre, s’entrou-vir. Hiare , rimas agere. Voilà un habit qui rit, quiest troué. Cette muraille rir.

Ç 3 * RIRE. f. m. Synonyme avec lis. Voyeç ce mot.Rire, agréable , charmant. Rire moqueur, extrava-gant, forcé. Rire sardonique. Voyerç Ris. Elle avoirun rire charmant qui alloit réveiller la tendresse jus-ques dans le fond des cœurs. B. Rab. Le rire déme-suré est indécent. U11 grand rire sans sujet, est uneforte conjecture d’impertinence. M. Scud. Ridere fi-ne re , est signum stultitU. Il est vrai que le rire eit quel-quefois contagieux, & je me fuis trouvé avec ces rieu-ses eternelles qui m’inipiroient iì fort leur rire , queje riois presque jusqu’aux larmes, fans lavoir pour-quoi. M. Scud. Les Indiens tiennent le rire pour unegrande indiscrétion, Sc incivilité; ils ne rient presquejamais, & regardent bien devant qui, lorsqu ils en.oncun grand sujet.

La cauíe du rirez la Comédie est une de ces chosesplus senties que connues. L’ad irritable Molière , Re-gnard qui le vaut quelquefois, Sc les Auteurs de tantde jolies petites Pièces, iefont contentes d’excitcr cunous ce plaisir, fans nous en rendre jamais raison Scfurs nous dire leur secret. J’ai cru remarquer aux Spec-tacles, qu’il ne s’éleve prcíque jamais de ces éclatsde rire universel qu’à l’occahon d une méprise. Mer-cure pris pour Sosie, lc Chevalier Menechme piispour son frété, Criípin faisant ion testament sous lcnom du bon homme Geronte, Valère parlant à Har-pagon des beaux yeux de ía fille, tandis qu’Harpagonn’entend que les beaux yeux de fa cailette, Pourceau-gnac, à qui oir tâte le pouls, parce qu’on le veut fairepasser pour fou : en un mot les méprises, les équivo-ques de ce genre, les travestiilemens qui occasion-nent ces méprises, les contrastes qui en font la fui-*te, excitent un rire général. Arlequin ne fait guère rireque quand il fe méprend, & voilà pourquoi le titrede Balourd lui est si bien approprié.Il y a des ca-

ractères ridicules dont la représentation plaît, sanscauíer ce rire immodéré de joie. Trissotin & Vadius,par exemple, semblent être de ce genre. Le Joueur ,