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SATYRE, f. m. C’étolt chez les Payens un demi - Dieuqui, selon la Fable, présidoit aux forêts avec les Fau-nes Sc les Sylvains. Satyrus. Ils les peignoient moitiéhommes, & moitié boucs. Hommes par en haut -avecdes cornes fur la tête; & entas une queue, des piedsde boucs, & tout velus par le corps.
Saint Jerome raconte dans la vie de S. Paul pre-mier Hermitc , que S. Antoine vit un Satyre qu’ildépeint ainsi. Homunculum aduncis naribus , frontecornibus asperata , cujus extrema pars corporis incaprarum pedes desinebat. Pline atteste qu’on en voyoitplusieurs dans les Indes. Plutarque raconte qu’on enprésenta un à Sylla passant à Dirrachium, aujourd’huiDurazzo. Ce Romain le considéra avec attention ,mais on ne put jamais rien comprendre à son langage.II avoit la voix extrêmement rude, tenant du hennis-sement du cheval Sc du cri du bouc. Tous ces préten-dus Satyres ne font peut être que des singes à queue.
Oncroit que ce mot vient de sathin , qui envieux■Grec, signi sioit le membre viril, parce que de leurnaturel ils étoient fort enclins à la paillardise.
Les Poètes confondent souvent les Satyres , les Si-lènes , les Sylvains, les Faunes Sc les Pans. Nonnus ,t. XIV des Dionysiaques, dit que les Satyres étoientfils de Mercure Sc d’une Nymphe Doride , nomméeIphtime, Sc il marque les noms de plusieurs-.savoir,Pœnimius, Thyaíus, Hypficorus, Oristas, Apaus,Phlégrarus , Gémon, Lycon, Acropotes, Petraeus ,Phercus, &c. Memnon dans le Livre qu’il avoit faitdes Tyrans d’Héraclée, fait venir les Satyres deBacchus ik d’une Naïade nommée Nicée. Voye-ç Vi-genère surPhilostrate, Sc Noëlle Comte dans fa My-thologie.
Sat y re , se dit figurément d’un vieux homme, qui est fortadonné aux femmes. C'est un vieux bouquin, un vraiSatyre. Libidinosus , scortator , rei venere a deditus.$£T Satyre, ou Satire, f. f. On entend par ce motun ouvrage moral , ordinairement en vers, dans lequelon se propose de reprendre Sc censurer les vices, lespulsions, ou d’atraquer les ridicules blâmables. Saty-ra. Le nom de Satyre porte avec loi un caractère demalignité. C’est une censure malicieuse des défautsd’autrui. Ab. de V. Le but de la Satyre est de corri-ger les hommes en décriant le vice, & en le rendantridicule. S. Evr. La Satyre ne doit pas être tropmordante : maïs il faut qu’elle soit vive Sc agréable.Id. On n’approuve la Satyre que lorsqu’elle va mor-dre les autres. La Bruy. La Satyre doit tomber di-rectement fur les mœurs, & ne frapper les personnesque par réflexion. Mol. Entre les Anciens, Horace ScJuvénal ont excellé à faire des Satyres. Lucilius avanteux, Sc Perse en ont fait aulsi. En France, Despréauxles a égalés ou surpassés dans ses Satyres. Esope, enattribuant aux bêtes une petite portion de raison, asait une innocente Satyre de l’injustice Sc de la foliedes hommes. M. Scud. La Satyre par la hardiesse deses leçons, est nécessaire pour jetter dans le monde unsalutaire effroi, Sc retenir les vicieux dans la circons-pection. Ab. de V. Casaubon a fait un Traité Latinde la Satyre.
La Satyre en leçons, en nouvautés fertile ,
Sait feule assaisonner le plaisant & l’u’tile ;
Et d’un vers qu elle e'pure aux rayons du bon sens ,Détrompe les esprits des erreurs de leur temps.
Elle feule bravant l’ orgueil & l’ injustice ,
Va jusques fous le dais faire pâlir le vice.
Etsouvent,fans rien craindre , à Laide d’un bon mot ,Va venger la raison , des attentats d'un sot. Boit.
Il se fait aulsi des Satyres en prose. Le Catholicond’Espagne est une Satyre contre les Ligueurs,&s’ap-- pelle Satyre Ménippée. Satyra Menippea. Par allu-sion à celle qu’avoit écrit un certain Menippus , dontparlent Macrobe Sc Varron, qu’il avoit intitulée deson nom. Voye% Catholicon.
«cr Satyre , se dit aussi de tout écrit, de tout discourspiquant, ou médisant, Diclerium , scomma , aculataverba , mordax carmen. Son discours n’est pas un élo-ge , c’est une Satyre. II y L de certaines louanges quifont de vraies Satyres.
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Quelques-uns prétendent que le mot de Sdty revient de fatur, dont on a fait satura, Sc ensuite Satjra, comme d tmaxumus on a fait maximus . Dj rajson est que lanx satura signifie un plat remplitoutes sortes de fruits, & lexsatura une loi qui co^tenoit plusieurs chefs ; où l’on concluoit que 1 on avoidonné le nom de Satyre à ces sottes de Pqemes,cause de la variété des choses que l’on y fait enuef*Dans le commencement ce Poème étoit plutôt de iné à recommander la vertu, qu’à censurer ’ e V1C Í’Ennius sut y mêler quelques traits de raillerie-y donna un tour nouveau, & y ajouta plus de potelle Sc de sel. Ensorte que l’on entend d’ordi> iaue P aune Satyre , un Poème mordant, & destiné à toUI nle vice en ridicule. C’est peut-être cette redoutaidée qui a fait croire que le mot Satyre , vient de otyres , ces affreuses Divinités des bois. Da c. rff3~ Satyre, chez les Grecs. Elpèce de poésie ht>usonne, qui n’avoit rien de commun avec ce que n°appelons Satyre d’après les Romains. Voye\ P° ESSatyrique des Grecs, au mot Satyrique,SATYRESSE. f, f. M. de Piles, dans ses Conversatio^sur la Peinture, s’est servi de ce mot, pour dire la stme d’un Satyre : mais on ne croit pas qu’il doive eimité en cela. Satyriffa. . r
SATYRIASE, ou plutôt SATYRIASIS. Satym^mus. Erection continuelle de la verge, accompaíjPd’un désir insatiable du coït. Satyriasis, si w- h >diffère du priapisme que par cet aiguillon de voli'P 1 ‘Voycç Priapisme. Satyriasis est formé de ^Satyre ; parce que les Satyres , parmi les Payens, P 1 ^soient pour être sort lubriques : Sc c’est à caule Q ^lubricité des lépreux, qu’on a donné aulsi le noivsatyriasis à la lèpre des Arabes. Hippocrate, III*
26 . met le satyriasis au nombre des maladies des ^fans qui n’ont pas encore atteint l’âge de puberté }qui ne peut s’entendre de sélection de la verge,lien, in Exeg. gag. yóo, l’interprète d’une tuw^des glandes situées près des oreilles, c’cst-à-dne,parotides. Les femmes font également sujettespérit luxurieux Sc continuel, qu’on appelleyùoj^jOn prend du nénuphar, de l’agnus castus , desèche. & autres drogues pour tempérer les ardeur*satyriasis. Voyez Priapisme. . .. ..
SATYRION, si m. Plante qui est une espèce d ^chis,dont les feuilles font larges , grasses, P resemblables à celles du lin. Sa tige croît à la hauteur ,
E lus d’un pied ; anguleuse , portant en sia s° nleaucoup de fleurs disposées en épis, de couleur 1ge,tirant fur le purpurin, marquetées de pointsp^.purins. Ses racines sent deux bulbes pendantes en q,me de testicules. En latin satyrium primumiï&Q^ goBauhin l’appelle chinosorchis latifolia hiantemajor. La racine du satyrion est propre pour dode la vigueur. . uC ,
fsT On a attribué cette propriété au Satyrion ° nl ^ ví fjment à cause de la ressemblance de ses bulbe* pun des principaux organes de la génération ; & ^que la faine Philosophie n’adopte point de pareil Pj^cipes, la racine du Satyrion n’en entre pas m°i« sles compositions aphrodisiaques. slt ii
IsT SATYRIQUE. adj. Qui fait des satyres, j rappartient à la satyre,qui tient de la nature de a ^tyre. Satyricus. Dans la première acceptio» f-ytun Po íttsatyrique. Juvénal, Horace, Boilea» et ^des Poètes satyriques. Dans ce sens il est seuveu ^ployé substantivement. Dans la seconde accep» ^dit génie, style satyrique. Vers satyriques. C et f 0 |ita le style, le génie satyrique. Les Satyrij^ iS ^ 3 c-souvent exposés à la vengeance de ceux qu 0 q t»taqués. On compare les Satyriques , à ces chre ^aboyent, Sc qui mordent tout le monde. S. L v Aïs.Sátyrique est l’effroi du Public, Sc la haine f u glai"Boil. Les Satyriques semblent avoir le droit t jostve, & la puilsance de vie ou de mort íur la rep
d’autrui. Ab. de V.
de
La Poésie Satyrique des Grecs étoit une esppièce Dramatique, qui tenoit le milieu e»tr e .j; f ,vice de la Tragédie, & la bouffonnerie de la f' 0