6 2.8 SEL
Tous les sels se dissolvent par 1 ’liumidité, mais ilsne se fondent dans seau que j uíqu’à une certaine quan-tité-, 8c lorsqu’elle est imprégnée d’un certain /2-/ au-tant qu’elle en peut porter, elle dissout encore unequantité d’un autre sel , dont les parties ou atoniesfont d’une autre figure, & propres à s’iniìnuer dans lespores qui restent vides dans la même eau. Ainli aprèsque le sel commun ne»s’y pourra plus dissoudre, ils’y fondra encore de l’alun , 8c puis du salpêtre, del’ammoniac 8c autres. Ce font les diversités des figuresde ces sels qui font les différentes laveurs.
C’étoit autrefois la coutume de mettre du sel avecles enfans expolés , au moins en Angleterre ; car leConcile d’York tenu en Angleterre en 1195 , ordonnequ’on baptisera les enfans exposés, quoiqu’on trouvedu sel avec eux, fans craindre de réitérer le baptême.Dans la cérémonie de la circoncision, les Turcs met-tent d’abord dans la bouche de l’enfant quelques grainsde sel en disant : plaise à Dieu que ion nom te íoittoujours aulfi savoureux, que le sel que j ai mis à tabouche, 8c qu’il t’empêche de goûter les choses de laterre. Du Loir, p. 137.
Grenier à sel, est un dépôt public où l’on met lesel que le Roi vend à son peuple, 8c on appelle jelgabelle , celui qui a pasté dans ce grenier, & qui y ademeuré deux ans, qui n’est livré que par les Officiers.Horreum salarium. Voyez Gabelle.
Impôt de sel, est le droit que le Roi .lève íur cha-que minot de sel. On dit aulìï, qu’on donne le sel parimpôt, quand on oblige les particuliers à venir pren-dre aux greniers du Roi une quantité de sel qu’on leurtaxe , dans les pays voisins des salines, où l’on peutaisément frauder la Gabelle. C’est en cet impôt queconsiste la Ferme du /e/, ou des Gabelles, 8c íur le-quel font aísignées les rentes du sel.
Grenier à sel, cstaulìì une Juridiction établie auxlieux où il y a de pareils greniers , pour conserverles droits du Roi, & décider les différends qui sur-viennent à leur occasion. Salars Jurij dictio , sve ca-mera. Elle est composée d’un Président & de plusieursGrenetiers ou Conseillers, d’un Procureur du Roi 8cd’un Greffier, avec des Archers & Gardes. Les appel-lations en relìortissent à la Cour des Aides.
En plusieurs Coutumes, on dit que le feu , le sel8c le pain , partent de l’homme de morte-main ; cequi signifie que les serfs ou main mettables ne fc suc-cedent que lorfqu’ils vivent en commun : ce qui a étéintroduit afin que les terres fuffem mieux & plus aisé-ment cultivées. Nos Anciens mettoient toujours leselau nombre des choses qui font absolument nécessairesà la vie. Voye\ Cujas, llI.Observ. 31
Il y a quantité de differens sels qu’on tire des miné-raux, végétaux 8c des animaux,comme d 'alun, vitriol ,salpêtre , nitre , tiatron , ammoniac , de Saturne , deMars , d’urine , de vipère , de tartre , de polyerese ,8cc. qui font expliqués à leur ordre alphabétique.
Sel, fe dit simplement, en termes de Philosophie her-métique , c’est le soufre. Dict. Herm. Sulphur , sal.
Seld’Acier. C’est ce qu’on appelle autrement, vitriolde Mars. Harris.
Sel ammoniac des Philosophes. Terme de Philoso-phie hermétique. C’est leur mercure, car c’est lui quidonne l’harmonie aux élémens, 8c l’esprit général quiproduit toutes choses ; autrement c’est lorsque la pierreest au dernier degré de perfection. Dict. Herm.
Sel brûlé. En Philosophie hermétique , c’est la noir-ceur très-noire. Id.
Sel fixe de la matière. C’est le principe de fixation ,autrement c’est le sang ou l’esprit minéral. Id.
La fleur du Sel des Philosophes. Dans la Philoso-phie hermétique, c’est l’ouvrage de la pierre des Sa-ges, autrement le mercure hermétique qu’il faut cuire.Dict. Herm.
Sel fleuri. Terme de Philosophie hermétique. C’estlorsque le noir paroit, ou c’est le mercure. Id.
Sel honoré. Terme de Philosophie hermétique. C’estle mercure des Sages. Dict. Herm.
Sel des Philosophes. C’est le mercure des Sages, lors-qu’il est calciné. Id.
SEL
Salpêtre des Philosophes. C’est l’esprit mobile &•fermentatis du printemps, lequel tire Ion origine 1
íoldi ’ ÍD ' r- ft leur
Le Sel et l’esprit de Sel des Philosophes. G cu
; mercure qui diffout parfaitement l’or minerai avec ^
i commun , 8c s’y joint comme étant de ía nature,
I que ne fait pas le sel marin & commun ’. l hunu 1
qui est dans l’or est caule de ía fusibilité , 8c q u f
mercure entre facilement dans le corps dur de ’
pour le réduire en eau. Dict. Herm. ç
Sel, ou Sucre de Saturne. Sal vel Saccharu’n ^ ^
turni. C’est le plomb réduit en forme défis P a \
moyen de l’eíptit de vinaigre. C’est ce qui f alt st 11
l’appelle aulìï sucre de plomb. Harris.
Sel Solaire. C’est le sel ammoniac. Dict. HeR* 1,
Sel de Soufre. Voye\ Soufre.
Sel de Tartre. Voye\ Tartre. „ j g
Sel de terre, Sel de verre , Sel de mer. D c
mercure philosophique. Dict. Herm.
Sel végétal. C’est le Tartre.
Le Sel Universel. C’est une substance solide 8c
pacte, distinguée de ion total, qui diversement re
à son subtil nommé esprit , constitue avec lui to
la variété spécifique & individuelle de la nature, ^
sant l’extension sensible & la consistance solide
même nature en tes compositions. c .
Quant à ce qu’on appelle sel aux métaux, P r0 J v£Cment parlant, c’est celui de leurs dislolvans uni s ^partie de leurs cendres métalliques , puiíque P a ^fusion il peut encore reprendre son premierque ces cendres ou chaux séparées du sel étrange 1 ;fondent point en eau capable de retourner en 111 .sel. Quand je parle de dissolvant, je n’enten<j S yparler du mercure des Sages, qui les diffout ra Ju-ment, mais des ordinaires & corrosifs.
Île du Sel. Voye £ Sal.
La ville de Sel. Civitas falis.'d ille de la Terre-te dans la Tribu de Juda,& íur le bord de kMorte. Apparemment qu’elle étoit près de ces P ^nés 8 c de ces montagnes de sel dont nous avons P‘au mot Salines , en expliquant ce que c’étoit <\Vallée des salines. . .<je
ils
Sel, fe dit figurément en choses morales, & n’a F
.ointc,d
pluriel en ce sens. Sal. J. C. dit à ses Apôtres, '•r ,.| sétoient le sel de la terre , pour faire entendre :sìdoivent préserver les sidelles de la corruptioncle. Les Prélats font la lumière & le sel de k j,.Pat. On dit que dans un ouvrage il n’y a pas y 111 ° ^de sel , pour dire, qu’il est fade, & qu’il n y 11 n/,qui pique. On dit qu’une Epigramme a bien d J ^quand elle a un grand sens , ou quelque équ* vagréable; qu’elle est vive _, sine & piquante. . s v jfLes Anciens appeloicnt/e/, ce qu il y a de P* je
lus
deP ! J t '
& de plus piquant dans les ouvrages, ou un rl ‘
raillerie ingénieux. Sales. L t sel Attique eroitestimé. Par le sel Attique, on doit entendre, .> tel’Académie, la finesse, la délicatesse , 8c la 0 u-fine de penser & de s’exprimer des A théniens.vrage étoit excellent quand il étoit assaisonne d eprécieux , 8c qui étoit d’un goût si exquis. S.
, .ffOld ’
Iles (un Sonnet ) de sel Attique assaisonne
Mol’
dica» 1 ’
Et vous le trouvere% ,je croi , d‘asse\ bon g° ut '
Le sel de Juvénal est trop piquant & trop rn ° r íp ( j s eivLe sel de Plaute est rude 8c greffier : celui de ^ce est plus délicat & mieux préparé. S. EvR- ^ SCrie est un sel qui rend la conversation moins r* 1 ^ ]cqui y donne un goût plus piquant. lDEM.R c P al1sel Attique àpleines mains.
Et bien souvent les contestations ,Sont tout le sel des conversations.
O" ^
)E L, fe dit proverbialement en ces phrases. - - - e(ì ideux personnes de différente humeurqui s ’ 3 f^lequ elles ne mangeront pas un minot desel en s iiModium salis non fimul consummabunt. On j^jtcontraire, que pour bien connoitre un homme, Jeavoir mangé un muid de sel avec lui. On dir 3