9,6 TAI
taille y quand devant jouer plusieurs jours de fuite jils marquent chaque partie perdue ou gagnée, peurne payer que le dernier jour,
ffcCP Taille, en termes de Jeu, à la bassette, au pha-raon , au lansquenet, 6>c. On n’appeile pas taille,comme on le dit dans l’Encyclopédie, les deux cartesretournées dont l une fait perdre ou gagner le ban-quier ou les pontes. Ce mot fe dit de chaque fois quele banquier, qui tient le jeu, acheve de retourner tou-tes les cartes. Première, seconde taille. Quand on ditqu’un joueur a gagné cent louis dans une taille , onne veut pas dire qu’il les a gagnés en retournant íeu-lement deux cartes, mais en retournant toutes les car-tes du jeu deux à deux, l’une à droite 8c l’autre àgauche.
Taille, fe dit aussi de la partie de la Musique qui sou-tient le chant, & qui est la portée ordinaire de la voix,quand elle n’est pas élevée comme le destus, ni pro-fonde comme la balle. Tenor muficus. 11 y a une taillebastc, une taille commune, taille du grand chœur,taille haute, taille moyenne, taille naturelle, tailledu petit chœur, taille du premier chœur, taille réci-tante , taille du lecond chœur, taille de violon, taillede viole. La taille fe trouve fort souvent dans les baises continues, marquée par un simple T. C'est unedes parties de la Musique que nos vieux Gaulois nom-ment teneur , 8c les modernes taille , 8c que preíquetous les hommes faits peuvent chanter. Mais commeil y en a qui ont plus d’étendue en haut, d’autres enbas ; d’autres qui n'ont qu’une eípècc de médium oude milieu, d’autres enfin qui fe font entendre égale-ment dans le haut & dans le bas ; cela fait qu’on dis-tingue ordinairement quatre sottes de tailles. Les Ita-liens ne distinguent ordinairement que deux fortes detailles : savoir. Tenore primo , P ou I, qui revient àce que nous appelons haute taille ; 8c Tenore secon-do, S ou II, qui est notre taille naturelle. Confon-dant les ba(ses-tai!les 8c les concordans fous le motharitono. La taille récitante ou de petit chœur, danslaquelle font tous les récits & les grands chœurs. Sices récits font partagés entre plusieurs voix, on les dis-tingue en y ajoutant les mots premier, second, &troisième, 8cc. C’est ainsi que les Italiens marquentleurs tailles quand les chants en font differens dansles grands chœurs, comme il arrive souvent dans lescompositions à cinq. Les Italiens appellent taille plei-ne, tenore ripieno , la taille du grand chœur; ils don-nent le nom de ripieno plein, à toutes les parties dugrand chœur. De même tenore primo , ou i ° choro ,veut dire, Taille du premier chœur. Tenore secondo,ou i° choro, veut dire, Taille du lecond chœur.C’estainsi que les Italiens distinguent les tailles , qui fontpartie de chaque chœur, dans les compositions à deuxou plusieurs chœurs, &c. Brossard. Taille , fe ditaulli de celui qui chante cette partie. Cette voix estune belle taille. Connoiffez-vous ce Musicien ; c’estla plus belle taille que l’on puilfe entendre. Cet homme chante la taille. Il y a des hautes tailles, des baf-fes tailles. Haute taille , qui approche de la haute-contre. Baffe taille, qui approche de la baise.
Taille , fe dit aussi des instrumens de Musique qui fontpropres pour tenir ces parties dans la symphonie , oudans un concert d’instrumens. Tenor. Taille de vio-lon. La même chose que quinte de violon.
En termes de Poésie, on appeloit áutrefois taillede rime à queue Jìmple , quand la queue du vers pré-cédent avoit un mot íemblable au commencementdu suivant, mais en différente signification, dont Paf-quier rapporte quelques exemples. Structura.
ïjpT Taille, en matière de Coutume 8c de Finances,est une imposition que le Roi leve fur fes sujets, oule Seigneur fur fes serfs. Tributum , vecligal. Ainsi lataille est Royale 8c Seigneuriale. La Seigneuriale futfans doute établie par les Seigneurs fur leurs hommes,à Limitation de celle qui fe payoit au Roi.
La plupart des Seigneurs avoient droit de taille luxquatre cas, ce qu’on appeloit aussi droit de loyauxaides • savoir quand le Seigneur étoit pris prisonnieren juste guerre, quand il faisoit son fils aîné Cheva-
T A I
lier; quand il marioir fa fille aînée à un Gentilhom-me; quand il ailoitau voyage d’Outremer. P r oy. Aidesde chevel. Les tailles qui n’excédoient pas fousCharles VI la somme de 40000 liv. augmentèrent fousCharles VII juíqu’à la somme de 1800000 livres, aurapport de M. de Sully, 8c consécutivement fous LouisXI jufqu’à 4740000 liv. fous Charles VIII jufqu’à prèsde six millions. Sous Louis XII jufqu’à 7640000 liv.Mascur. O11 appeloit tailles franches , celles quicroient dues aux quatre cas par un homme libre 8cfranc, ou tenant héritages affranchis, ou à devoir d’ar-gent; 8c tailles serves, celles qui étoient dues par deshommes de condition servile, ou de morte taille .El-les étoient réelles , ou personnelles. La personnelles’impoíoit fur le corps des taillables, 8c cette taillefuivoit le serf, ou homme de main morte en quelquepart qu’il fe transportât. C’est pourquoi la Coutumede Troies les appelle taillables de poursuite. La tailles’appelle souvent colletage dans les Coutumes, dansles Ordonnances de rros Rois, & dans nos vieux Au-teurs , comme Monstrclet, L. I, c. 78.
La taille jurée, étoit celle qui íe payoit fans s’en-quérir de la valeur des biens des habitans, dont estfait mention en plusieurs anciens Arrêts, que les Sei-gneurs impofoienr fur leurs sujets à volonté, ou selonl’abonncmenr qui en avoit été fait avec eux. Tribu-tum arbitrarium.
Taille mortaille, étoit celle qui fe levoit parle Sei-gneur fur les hommes de corps 8c de servile condition,lavoir la taille une fois par chacun an, soit à la vo-lonté du Seigneur, soit selon quelque abonnement ;8c la mortaille fe payoit au décès feulement de l’hotn-me de serve condition , fur les biens qu’il délai st ost >soit qu’il eût des enfans ou non. Tributum , tributu** 1mortalium.
On appeloit la taille du pain & du vin , l’iwpotque mettoient les Seigneurs fur ces marchandises, t* 1 'butum panarium , vinarium. En la Vicomté de Tu-renne, le Seigneur est encore le seul qui leve la taille-
Taille abonnée, estune taille Seigneuriale imposée d.m Scertaines Coutumes par le Seigneur aux gens de con-dition servile & à laquelle ils fe font soumis pourí erédimer & affranchir de la taille arbitrale, ou d’auti' eSdroits 8c corvées que les Seigneurs exigent de lc ursserfs avec beaucoup de dureté. On difoit aussi tailleabournée.
Taille , fe dit maintenant de la grande imposition qu’ot 1fait tous les ans de la part du Roi, fur le peuple &les roturiers, pour soutenir les charges de l’Etat. Ve 0 'tigal regium. Les tailles fe levent ordinairement p arcapitation 8c par contribution personnelle. Il y a pour-tant des tailles réelles, comme en Languedoc 8t CI1Provence, où elles fe levent fur les héritages roturefeulement. Il y a des lieux où elles font mixtes , cC _à-dirc, réelles & personnelles, parce qu’elles s'i^P 0sent fur les personnes, mais à proportion de c . _biens. Les Nobles, les Ecclésiastiques, & les Cd u Roi font exempts de tailles mixtes, ou P cl 011nelles. Ceux qui dérogent, qui font trafic, f° nt inl í°fés à la taille, font compris dans le rôle d cs taules^Les Elus reçoivent les commiíîìons dcs taillées v< : a 'fient & arrêtent les rôles particuliers des tailles-habitans d’une Paroisse font obligés de nomw^ tonles ans des Aíléeurs 8c Collecteurs des tailles cuci portent leurs deniers aux Receveurs des taules.
On appeloit ci-devant grande taille , l'apeiennla première imposition des tailles , fur lé pica equelle on régloit la crue, le taillon, la subsistance^ ^autres augmentations qui ont été faites depuis. Ibutum majus. Autrefois on difputoit à qui leioiplus haut a la taille. Il s’est fait de temps c f* C y, sdiverses Ordonnances & Réglemens fur les tailles,tailles surent mises fur le peuple du temps t u - 0l .Louis, qui a le premier levé la taille par formesubsides nécessaires pendant la guerre; maïs lesta 1n’étoient d’abord que des levées extiaordinaiies-les levoit par capitation. Ce droit est depuisperpétuel. Philippe lc Bel, pour lever des impôt 3plus d e fureté, 3 c fans soulever lc peuple, fit u« ei