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Tome septieme. [PRO - TE.]
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nir le peuple que l’on appella le tiers Etat j dansl’Assemblée généiale des Etats. On y consentait à desaides, ou subsides, qui étoient reçus par des Géné-raux des Aides préposés par les Etats : dans les be-soins des Rois, fur-tout fous la branche des Valois ,les impositions s’accrurenc sensiblement : en particu-lier on inventa le louage, qui fut levé d'abord partête, 6c pour une fois seulement. C’est ce qu’on a ap-pelé la taille. En 1388 , Charles VI augmenta ce droitqui n’étoit que de vingt fous par tête fous le Roi Jean6c Ch, aries V, 6c l’appela taille. Le nom est demeuré.Il en excepta les Nobles, les Ecclésiastiques, 6c lespauvres Mendians. C’est Charles VII qui a rendu lestailles perpétuelles. Le Roi Henri II a imposé le tail-lon par forme de crue, pour la paye de la Gendar-merie. Ce mot en ce sens vient de cette taille de boisdes Marchands dérailleurs, parce que les Paysans quine favoient pas écrire, s’en fervoient pour marquerce qu’ils recevoient d’une telle imposition: ce qui estsi vrai, que Borel assure qu’il y a encore des villagesen Languedoc, où l'on garde de grosses pièces de boisqu ón appelle des fouqs } c’est-à-dire des souches quiservent de cadastres, c’est-dire, de règle, ou de pstdpour faire l’alsiétc de la taille ,• 6c même on en rap-porte souvent dans des charettes, à la Chambre desComptes de Montpellier, pour régler quelques diffé-rends fur les cadastres ou assiettes des tailles.

fCP Dans le temps qu’on marquoit le payement de lataille fur de petits morceaux de bois, tendus en deux,qu’on appeloit talem . , on faisoit de petites fentes oucoches pour marquer chaque payement. Le Receveurgardait un des morceaux par devers lui, 6c donnaitPautrc au taillable. On rapprochait les deux morceauxde bois pour voir si les coches ou entailles se rappor-taient.

§3“ On appeloit aussi la taille tolta , levée , du Latintollere 3 lever; quelquefois maie tolta } parce qu’clleétait onéreuse. Delà le nom de maltôtier, maltôte.

Du Gange dit qu’en plusieurs titres inciso Sc inci-sura , signifient la même chose que taille 6c exaction.Pasquicr, dans ce sens, dit que taille vient de tailler,qui signifie diviser; parce qu’au commencement onlevoit les tailles par capitation.

Taille, se dit pour la septaine & le territoire d’une vil-le. Ditio. C’est en ce sens qu’il est pris dans le titre dela Coutume de Lille, & en l’art. 44 & autres de cetteCoutume.

TAILLEBOURG. Nom d’une petite ville de France.Talleburgum , Talliabargum. Elle est célèbre par lavictoire que S. Louis y remporta fur les mecontens 6cfuries Anglais, Sc elle est située fur laCharante, à deuxlieues de Saintes, vers le nord. Maty.

TAILLEFER. Surnom honorable donné à un Comted’Angoulêmc, qui félon les Chroniques, avoir coupéen deux, à coups de labre, un Normand tout cuirassé.Au contraire les Comtes de Périgord portaient le sur-nom héréditaire de Taleran , ou de Tale-rien.

TAILLEMER. í. m. Terme de Marine du Levant, quise dit de la partie inférieure de l’éperon d’une galère,qui semble fendre Sc tailler la mer. Prorm pars infe-rior. Le froissement entre nos deux navires fut tel ,que j’cn perdis mon taillemer. Ch. de Forbin. Ondit aussi taille-mar.

TAILLE MECHE. s. m. Instrument avec lequel les Ci-riers coupent de longueur,des meches qu’ils employeuraux bougies de table. C’est le même que le couteau àmèche des Chandeliers.

TAILLER, v. a. Couper, diviser , séparer. Scindere ,dividere y secare. Ces belles pierres ont été tailléesdans une telle carrière, elles en ont été tirées. Ce Mé-tayer a tailléy émondé les arbres, sir vigne. Il est allétailler des perches dans ce bois. On taille le mate aupressoir avec une hache. On taille la soupe avec uncouteau. On a taillé cette viande en plusieurs mor-ceaux. Il a fallu tailler ce chemin dans le roc.

Ce mot vient du Latin taliare , fait de talia 3 quise trouve dans les anciennes Gloses. Ménage.

Tailler, se dit aussi de ce qu’on coupe, qu’on façonneavec art Scproportion, quand on retranche d’une chose

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fes parties inutiles. Secare. Ce Sculpteur fait bien tail-ler le marbre, la pierre. Tailler la vigne. Vitem res-cindere. Tailler un arbre , c’est en ôter sagement, avecla serpette, les branches nuisibles ou inutiles, ou rac-courcir celles qu’on y laisse. II fait bon tailler , dèsque les feuilles tombeur, jusqu a ce que les nouvellescommencent de revenir, 6c il ne faut tailler qu’unefois par an, quelque arbre que ce puisse être. LaQuint. P. I , c. III , art. p. On taille pour deuxraisons. i°. Pour disposer les arbres à donner de plusbeaux fruits; & la seconde, pour les rendre en touttemps plus agréables à la vue. Ce qui fe fait par la fi-gure qu’on leur donne , 6c qui doit être disterente se-lon la différence des plans, c’est-à-dire, des arbres enbufflons, ou des espaliers; car pour les arbres de ti-ge, on ne s’attache pas d’ovdinaire à les tailler sou-vent. Id. Il saur prendre le bois selon fes veines pourle bien tailler. Ce Lapidaire fait fort bien tailler lesdiamans en facettes, en tables , en cadran. La char-pente de ce dôme est toute taillée fur le chantier. Ondit aussi tailler des plumes, pour dire , les préparerpour écrire. Nous avons vu à la Cour un Auteur quife vantait de tailler in plume avec Ion épée : n’étoit-cepas un vaillant Auteur?

AÒ" Tailler, signifie aussi couper certaines choses enplusieurs pièces ou morceaux, avec Un couteau , desciseaux,ou autres instrumens. Dissecare. O 11 taillela soupe* O 11 taille des morceaux, du pain en mor-ceaux.

Tailler, fe dic plus particulièrement de l’art de couperles étoffes pour faire des habits qui viennent bien àla taille. Secare. Ce Maître est en réputation de bientailler , d avoir une bonne coupe. J’ai fair tailler cemanteau à la pièce. Le Maître taille h besogne, & lesCompagnons la cousent. Praparare 3 disponere. Oridit la même chose de la toile.

On dit figurément 6c familièrement, tailler & ro-gner , disposer des choses à fa fantaisie. Je vous donnepouvoir de tailler 6c rogner dans cette affaire, pour ensortir par accommodement. Ce valet s’est rendu lcmaître du logis, il taille 6c rogne comme il lui plaît.Il est le maître, il rogne, il taille. Bens.

0CP On dit de même, tailler les morceaux à quelqu’un,lui limiter ce qu’il doit dépenser, ou lui prescrire ccqu’il doit faire. Prmfìnire.

Tailler, en termes de Chirurgie, signifie faire uneincision pour tirer la pierre de la vessie. Per incifio-nem aut seclionem calculum eximere , per lithoto-miam amputare. Ce Chirurgien est fort expert à tail-ler. Un homme qu’on taille est fort en danger de favie. On dit aussi, qu un homme a été taillé , pour di-re, qu’il a été châtré.

A3° On dit figurément tailler une armée en pièces ladéfaire entièrement. Cmdere, concidere. Ce détache-ment fut taillé en pièces par un corps de Cavalerie.

Tailler , signifie aussi au jeu de la Bassette, tenir la ban-que, distribuer les cartes. Ao/iu lusoria suppeditare ,diflribuere. C’est un tel qui taille. Dans ce lens il estneutre.

Tailler, signifie encore, faire des entailles, des hochesfur une taille , pour marquer la quantité des marchan-dises qu’on prend à crédit. Incidere.

Tailler, en termes d’Imprimerie, signifie, couper unefrisquette, ou plutôt, découper le morceau de parche-min qui couvre la frisquette, afin que la forme neporte que fur les endroits qui doivent être imprimésdans les feuilles qu’on tire. Cratem incidere.

AT Tailler. Terme de Monnaies. C’est fah e d’unmarc de métal la juste quantité des espèces qui fontordonnées par les Réglemens. Il y a des Ouvriers 6cOuvrières, qu’on nomme ordinairement tailleresses,qui coupent les flancs ou les morceaux de métal, or,argent ou cuivre , destinés à être frappés, 6c qui les li-ment 6c les ajustent au poids des espèces.

0CT T ailler de l’avant. Terme de Marine, pour dire,aller de l’avant, avoir de la vitesse ; fe rouer, fe halleravec des grelins.

Tailler, se dit proverbialement en ces phrases. On ditqu’un homme taille en plein drap, lorsqu’il a beau-