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Tome septieme. [PRO - TE.]
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TAL

petit talent. Ce petit talent éroit de 60 mines ou li- Ivres, la mine ou lalivte comptée à 100 drachmes, ou jxoo deniers Romains, ce qui faifoit qu’il valoit - g -deniers ; le grand talent avoir le poids entier du petitSc le tiers de plus, c’est-a-dire, 80 livres, Sc valoit parconléquent " deniers. Pour revenir au petit talent, quiest donc le talent ordinaire , on le comptoir auflì par14 grands sesterces, ce nombre faisant 60 livres: les -quelles si on entend un talent d’argent , valent, selondévaluation deBudée, 1000 livres tournois de notremonnoic, Sc fur ce même pied le grand valoit 1333livres 6 fous 8 deniers. Si c’étoit un talent d’or, il va-loit 15000 livres, la livre Romaine d’or, comptée furle pied de 250 livres. Courtin.

Chez les Hébreux on ne sautoir faire la juste esti-mation d’un talent , à cause que, selon les divers pas-sages , c’est tantôt un poids , tantôt un nombre, Sctantôt une monnoie, comme allure le même Budée.Monet , dans son Dictionnaire, a sait une allez parti-culière spécification des talcns.

Plutarque dit qu’on dépensa en dorures, au Tem-ple de Jupiter Capitolin 11 mille talens , c’est-à-dire,

7 millions d’or Sc deux cens mille écus. Sylla fit payerà Mithridate une amende de 20 mille talens , ou douzemillions d’écus. On dit qu’Alexandre envoya à Aris-tote 800 talens pour récompense de son livre des ani-maux, qui valoient plus de 3 millions de France. Ilfaut savoir ce que signifie le mot de talent en cesendroits.

$ 3 * Il y a beaucoup à rabattre de l'estimation que lesmodernes font du talent, dont, si on le prend pourvaleur numéraire, comme íl est souvent pris, il n’eítpas possible de fixer le poids. Si l’on ne se met dans cepoint de vue, on trouvera que l’or Sc l’argent se serontautrefois prodigués comme la chose la plus vile, Scon fera forcé d’admettre pour vrais des faits qui n’ontrien de vraisemblable. Estimant le talent attique 3000livres de France, comme on le sait communément ,Philippe Roi de Macédoine, Prince très-politique, Sc |dont le Royaume n’écoit pas riche alors, aura achetétreize mille écus un cheval que les Souverains les plusopulens n’acheteroient point aujourd'hui à pareil prix.La dépense du tombeau d’Ephestion sous Alexandreaura monté à trente-six millions. Harpalus, Gouver-neur de Babylone pour Alexandre , aura eu une couped’or pesant douze cens livres. U aura falu une machinepour la remuer. On ramasteroit aisément cent autrestraits incroyables. Dupre de S. Maur.

fCF N’cst-il pas plus naturel de croire que les treize ta-lens payés pour Encéphale, étoient treize pièces d unecertaine valeur, qui n’étoit rien moins qu’excelsive ,Sc tout le reste à proportion? Ce qui a trompé les Ecri-vains qui ont travaillé fur les anciennes monnoies, &ce qui trompe encore les Traducteurs , qui n’ont pascoutume d’y regarder de si près,c’est qu’ils ont pris milleauri pondo ou argenti , pour mille livres pesant d’orou d argent 3 ce qui les oblige de dévorer mille absur-dités. Toutes ces difficultés s’évanouiílent en prenantce pondo des anciens pour une certaine portion de lalivre numéraire.

C- 3 * A la faveur de ce système , M. Dupré n’est pointembarrassé ni de la couronne du Roi des Ammonites,qui pesait un talent d’or, ni de la chevelure d’Absalonqui pesos zoo sicles, poids du Roi.

Talent , se dit figurément en Morale , des dons de na-ture , du génie, de la qualité excellente, de la capa-cité, de l'habileté, del’aptitude naturelle, ou dispo-sition qui se trouve en quelque personne pour réussircn quelque chose. Dos , facultas. La nature fertile ,

, entre les Auteurs, partager les talcns. Bon.. Il estne avec un heureux ts/enr pour la poëlìe. Abl. La pri-vation humble des talens que le monde estime, estpeut-etre plus estimable que ces mêmes talens quienorgueillissent l’amour propre. Le P. Mab. CetOra-| cur a lc talem <le bien dire, de persuader. Ce mal-ìeureux ne sait pas faire valoir les beaux talens qu’ila reçus de la nature. Les deux talens de bien parleròCsteDien ecrirej qui font d’ordinaire incompatibles,se rencontrent cn vous également éminens. Vaug.

Tome VII.

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Chacun se plaît dansl’exercice de son talent. S. Evr.

Le temps est un talent que Dieu nous confie, & doncil nous demandera compte. Nie. La plupart des hom-mes 11e font guère df cas des talens de l’eíprit,quandon n’a point d’autre mérite. Bell. Les vertus sont destalens que nous n’a vous reçus qu’à condition de lesfaire profiter. Nie.

Soyeç plutôt Maçon, fi c’efl votre talent,

Qu Ecrivain du commun , & Poète vulgaire.

Boil.

03 * Dans cette acception lc mot de talent est considérécomme synonyme de génie, ou comme synonyme dcqualité.

Ç 3 ' Le talent Sc le génie, dit M. l’Abbé Girard, nais-sent tous les deux avec nous, Sc sont une heureusedisposition de la nature pour les arts Sc pour les em-plois : mais le talent semble être plus extérieur, Sctenir davantage d une exécution brillante. Tel qui adu génie pour composer, n’a point de talent pour dé-biter. Talent de parler, d’écrire.

§ 3 “ Dans le second cas, les qualités forment le carac-tère , les talens en font fomentent. Qualité se dit enbien Sc en mal. Talent ne se prend qu’en bonne part.O11 se fait aimer ou haïr par ses qualités : on se faitrechercher par ses talens. Des qualités excellentes join-tes à de rares talens font le pariait mérite.

03 “ On appelle ordinairement Peintre à talent , celuiqui s’appíique à quelque gente particulier de peintu-re, à peindre des fleurs, à représenter des animaux,des paysages, &c.

Bueno talento en Espagnol, n’est pas proprementce nous appelons en François bon talent , & quelquesTraducteurs s’y font trompés. Le talento Espagnol'ades significations Sc des usages disterens de notre talentFrançois. '

On le dit en mauvaise part. Il a le talent de toutgâter, de mal faire tout ce qu’il fait. Ita est naturâcomparatus & jaclus, ut, Scc. Cet homme a un mer-veilleux talent pour dire des sottises. Cette femme aun talent de penser faux, qui n’est pas commun. LeCh. d’H.

O11 dit généralement Sc proverbialement, il ne fautpoint enfouir le talent , c’est-à-dire, il faut mettre àprofit les avantages, ou les bonnes qualités que l’ona. Cette expression est prise de la parabole de l’Evan-gile en S. Matthieu, xxv. 15.

Talent, a aussi signifié quelquefois, envie, volonté.Voluntas , studium , inclinatio , propenso , indoles.Et l’on a dit, il a le talent dette Religieux; pour di-re , il cn a le desii. S il n a mis grand talent de finir fabesogne. Fontaines , C. IV, n. 6.

Lors prit une estguille d’argent,

D’un efguiller mígnot & gent ;

Et cuidant l’ estguille enfiler

Hors de ville eus talent d'aller. R. de la Rose.

Agamemnon tint Brifens ,

Longuement en fit ses talens.

C.’est à-dire, ce qu’il voulut, son désir. Ovide Ma-nus. de Borel.

TALEE,ou DALER. s. m. C’est une grosse monnoie d’ar-gent valant un écu. Elle a été premièrement fabriquéedans la vallée de Joachim en Bohême , vers l’an 1520,par les Comtes de la Maison de Sélicon. Elle porteles Armes de cette maison d’un côté. Sc l’effigie del’Abbé Joachim de saune; comme témoigne GeorgesAgcicola, au Livre XI des poids & mesures. Il y a auflìdes talers des Rois de Pologne & des autres Souve-rains de l’Europe. Les talers de Philippe II, Roi d’Eí-pagne. ont été pat excellence, nommés réaux. Tale-rus regius.

# 3 * Taler. v. n. Terme d’Agriculturc. ^â>yc{TALLER.TALET. f. m. Terme d’Histoire Ancienne. C’étoit unédifice consacré au Soleil, sur le sommet d’une monta-gne dc Taïgette cn Laconie. Dans ce Temple on consa-

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