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Tome septieme. [PRO - TE.]
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$3* En termes de Blason, taré se dit de la position du !heaume ou du timbre de l’écu. Taré&n front, taré de 1côté ou de profil. C’est une marque de grande nobles- Jse, quand l’écu est taré de front. A jronte locatus.

$3* Ge rçrme, èn Blason pour les casques, vient deleurs grilles qui croient autrefois représentées à la ma-nière des rures des cartes ou tarots. P. Menest.

H3“ TARER. V. a. Terme de Blason. Donner un certain tour au heaume ou timbre de l’écu. Voy. l’articleprécédent.

.TARENTE Nom d une ville du Royaume de Naples,située dans la Terre d’Otrante, íur une petite pres-qu’île , environnée du golfe de Tarente , à onze lieuesde Brindes, vers le couchant. Tarentum , ancienne-ment Tarus Sc Œbalia. Tarente n’cst pas lortgrande,mais elle est ast'ez peuplée. Elle a un Evêché, & letitre de Duché, Sc èlle a donné le nom au golfe de Ta-rente, & aux Tarentules, qui font une espèce d’arai-gnées fort venimeuses. Voy. Tarentule.

Le port de Tarente , autrefois fort ben, ne peutmaintenant recevoir que defoitpeutsbâtimens. Máty.

Golfe de Tarente. Tarentus finus. AnciennementThurius Sinus. Ce golfe est une partie de là mer Io-nienne 11 s étend depuis le cap de S. Maria di Leuca,jusqu’à celui d’Alicc, baignant les côtes de la terred’Otrante, de la Balilicate N de la CalabreCitérieure.

Il prend son nom de la ville de Tarente , qui est íurses bords. Maty.

TARENTIN, INE. f. m. A: f. Qui est de Tarente. Tarentinus , a. Les Romains avoient en mer une flottede dix vaisseaux couverts Sc armés avant la guerrecontre les Tarentins. LIuet. Tr. du Commerce , pag.12 . 6 .

La véritable cause de la guerre que les Tarentinseurent contre les Romains, fat 1 intérêt de la mer Ledu commerce. Iu. 249 . , ^

TARENTISME. f. m. Maladie causée par la piqûrede la tarentule. Tarentifnus. Voyez le Diction, deM. Col.

TARENTULE, s. f. Tarentule ou tarcntole est uneespèce d’araignée qui prend Ion nom de Tareiv.e, villede la Bouille, où H s’en trouve beaucoup. Elle est àpeu pigé de la grolíeur d’un gland, Sc a huit pieds &huit yeux. De la bouche sortent deux espèces de traitsfaits en hameçon , dont le bout est extremement poin-tu , Sc d’où elle jette son venin ; elle est velue, Sc n’estpas toujours de la même couleur. Il y en a de couleurd’écaille, d’autres font dune couleur cendrée & blan-châtre , quelques-unes d’une couleur noirâtre, Sc en-fin il y en a de tachetées. Les tarentules ne font dange-reuses que dans la Rouille, encore n’est-ce q u en été ,& pendant* les jours caniculaires. Alors le soleil lesmettant en fureur, elles se jettent sur les pallans. Sion les transporte hors de la Rouille, elles ne font pointde mal, & même celles qui se trouvent sur les mon-tagnes qui bornent la Rouille, ne font point dange-reuses. Leur piqûre cause une douleur qui d’abord està peu près semblable à celle qu’on restent quand on aété piqué par une abeille, ou par une fourmi, oubien on y sent une espèce d’engourdistement ; lapartie piquée est marquée d’un petit cercle livide,noir ou jaunâtre , qui ensuite se change en une tu-meur qui cuise une douleur extrêmement vive.Peu d heures après lc patient sc sent le cœur serré, ade la peine à respirer, n’a presque point de pouls, &est tout d’un coup privé de toutes ses fonctions na-turelles; ce qui varie pourtant suivant la nature de latarentule , & la disposition du malade. Ceux qui sonten cet état, prennent plaisir à diverses couleurs, sur-ïout au rouge , au vert & au jaune, mais rarement àcelles qui tirent fur le noir. La force du venin est sigrande, que nonobstant les remèdes qui gué Estent lesmalades, la maladie ne laisse pas de recommencertous les ans, surtout environ lc temps auquel on a étépiqué. Ce qu’il y a de fort singulier, c’est que ces re-mèdes font tous inutiles, si on n’y joint la musique ,qui met en mouvement tou‘ : les membres assoupis desmalades , ensorte qu’ils se lèvent & dansent deux outrois heures ; après quoi s’étant fait frotter, ils recoin-

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mencent leur danse, & le font ainsi pendant onzeheur:s, jusqu’à ce qu’ils se sentent délivrés de tousles symptômes, ce qui arrive quelquefois le troisièmeou le quatrième jour, après quoi ils en font quittesjusqu’à l’année suivante. Pour ce qui regarde la nature- de la musique* les uns se plaisent à i’une, & les autresà l’autre : mais tous aiment les airs les plus gais , quiles mettent en de tels mouvemens, qu’on les prcndcoicpour des fous. George Baglivi, Professeur en Anato-mie à Rome, a publié en 1696 , une Dissertation futla Tarentule, d’où cet article a été tiré.

ALT Pendant que le malade est sans connoifiance Sc fansmouvement, un Musicien elïàie dist'érens airs fur uninstrument. Quand on a trouvé la modulation qui con-vient au malade , on le voit s’agiter, remuer s uccessi-vement les doigts, les bras, les jambes, le corps en-tier; ensuite il le lève , Sc danse avec une justesse'&une agilité surprenante. On en a vu danser pendantdeux journées de fuite. On les remet au lit pôut y re-prendre des forcer: même exercice le lendemain. A me-sure que le malade se sent fatigué les foi'ces lui re-viennent peu à peu avec la connoillance : il fort com-me d’un'profond sommeil: il ne se souvient pas mêmequ’il a dansé. Il faut un air particulier pour chaquemalade. Aux u ns un violon , aux autres un haut bois,une trompette, &c.

03* On voit à peu près comment s’opcre cette cure mu-sicale. Le venin dc la tarentule épaissit le sang; de-là1 cngourdiflemcnt. Le sang épaissi ne fournit plus d'el-prita animaux : les nerfs le débandent, fe relâchentfaute d’elprits: de-là le défaut de connoissance & demouvement.

ifF Les impressions sonores agitent le sang Sc les espritsanimaux. ( Voy. Son & Musique.) Le sang agité couleplus' librement, par-là fournit de nouveaux esprits.Les esprits multipliés prennent leur cours ordinaire.Les fibres & les nerfs qui íe trouvent àl’unisson avecles cordes de l’instrument, font les mêmes vibrationsqu'clles c’est à-dire , s’alongent & fe raccourcissentsuccessivement comme estes. (Voy. encore Musique-& Unisson.) De là le mouvement successif Sc ca-dencé des doigts, des bras, des pieds Sc la danse.03“ Ce violent exercice atténue le sang Sc les particu-les du venin, & fait suer abondamment le malade. Levenin agité, atténué, s’cxhale parla transpiration ; iemalade est soulagé; il redouble de forces. Quand toutle venin est dissipé, le sang reprend sa fluidité ordi-naiie. Lc malade est guéri par les charmes de la Mu-sique.

03“ Chaque malade veut son air particulier. C’est unesuite de ce qu’on vient de dire. Les fibres-, les nerfsles esprits, Sc les particules même du venin, ont uneconsistance differente dans différentes personnes. Il sautdonc des vibrations différentes pour agiter, ébranlerles fibres, les nerfs, les esprits & les particules du ve-nin dans différentes personnes.

Le P. Kirkera écrit beaucoup de choses touchantla Tarentule en Ion Traité de l’Aimant: mais on l’ac-cuse d un peu trop de crédulité sur certaines chansonsqu’il dit contribuer à guérir ceux que les morsures decet insecte font danser. Selon Linder, dans ion Trai-té dc Venenis , les Tarentules font principalementdangereuses, lorsque la chaleur a dissipé en elles cequ’il y a de plus fluide, & alkalisé ce qui leur rested’humeurs, d’où leur vient une espèce de fièvre derage.

Voici la description que M. Homberg fait de laTarentule dans les Mémoires, de l’Académie des Scien-ces , 1707 , p. Z 51 . La fameuse tarentule a le porc &la figure à peu près de nos araignées domestiques ;mais elle est dans toutes ses parties beaucoup plus forteSc beaucoup plus robuste. Elle a les jambes & le des-sous du ventre tachetés de blanc & de noir ; mais ledessus de son venue, aussi bien que route sa partieintérieure, sont noirs. Sa tête Sc f a poitrine font cou-vertes d’une feule écaille noire, qui ressemble parfai-tement à une petite tortue. Les araignées de cette es-pèce ont huit yeux, qui sont tout-à-fait disterens deceux des autres espèces d’araignées tant en couleur,