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Tome huitieme. [THA - Z.]
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TON

ïerie qui sont en batterie, ou lorsqu on en tire plusieurs pièces ensemble. Tonare , belhca tormenta ex-plodere. Je ne cours point aux lieux ou le canon tonne.Mait. On entendoit de six lieux tonner les batteries

de ce siège. n t i „

Tonner, fe dit figurément en Morale, d un Orateurvéhément qui parle avec force contre les vices. Oretonare. Cet Avocat tonne dans le Barreau. Ce Million-naire tonne dans les chaires. Pindare Sòphocle dansleur plus grande violence, durant qu’ils tonnent sc fou-droient, pour ainsi dire, leur ardeur vient mal-à-pro-pos à s’éteindre. Boil.

Tonner, se dit auíïì de Dieu & des châtimens de fa jus-tice , ou en cette vie ou en l'autre.

Tonnez sur une ame ingrate t1 Que votre justice éclateDans ce terrestre séjour .*

Mais qu’au jour de vos vengeances ,

Objet de vos complaisances ,

Nous méritions votre amour. N. Ch. de vers.

On le dit de même des menaces de 1 excommunica-tion. L’excommunication elle-même s appelle foudre.Le Pape tonna contre le pere & le fils. Mém. deTrev.

Tonne , frappe, il est temps , rends-moi guerrepour guerre.

Tonner, se dit auíïì pour criailler , quereller, fairedubruit. Clamitare , jurgare , jurgari. Xantippe voyantque Socrate ne fe soucioit point de ses criailleries, luijetaunpotde chambre fur la tête : Je me doutoisbien,dit Socrate, qu’il pleuvroit après avoir tonné. Ablanc.

On dit proverbialement, quand on est dans un lieuoù Ton fait grand bruit , qu'on n’y entend pas Dieutonner.

TONNERRE, f. m. Bruit éclatant causé par une exha-laison enflammée qui fait eftort pour sortir de la nue.Acad. F. Tonitru , tonitruum , tonitrus , us. Il se formequelquefois plusieurs nues les unes au-dessus des au-tres , qui sont alternativement composées de vapeurs& d'exhalaisons que la chaleur a enlevées des entraillesde la terre. L’air qui s’est échauffé dans le vannagede la terre , s’élevant vers les plus hautes nues , s’yapplique , & en condense les parties : ce qui fait quecette nue descend toute entiere avec vitesse sur la plusbasse: cela étant , Pair qui est pressé entre la nue dedeslhs & celle de dessous, fort par les extrémités, &Par un passage si étroit, qu il produit un grand bruit611 s ec happant : c'est ce qu on appelle le bruit du ton-T st[ re - stoH, Voilà ce que disoient les anciens Physiciens.L explication suivante paroît plus satisfaisante.

Le Tonnerre est un mélange 'dexhalaisons solfu-reuies, bitumineuses, vitrioliques, salines, Sec. en-flammées dans quelque nua°-e‘ Ces exhalaisons éle-vées du sein de la terre, dispersées dans la moyennerégion ( Voyei Vapeurs et Exhalaisons) sereu-niflènt par faction des vents opposés, par la rencontredes montagnes, par la chûte des nuages. Réunies,condeníées dans un nuage, elles fermentent , parcequ elles sont de différente nature. Voilà la matière dutonnerre ou de la foudre, qui produit les éclairs, & ceBruit effroyable qui les soit , que l'on voir s’élancer,^oltiger au gré des vents, tomber enfin , & operer

ans * a nature des effets sorprenans.

s0 ^ a est si vrai, que dans les pays chauds ou leCQn re 5 e bitume, & c. sont en plus grande quantité,sor,jf c ùans le voisinage du mont Ethna, les tonnerresoiì l e f n P‘ us fréquens : & d’ailleurs dans les endroitsde Est tombé, Ton sent toujours une odeur

Pend, * de bitume.

grande qu aini ^ grandes chaleurs élèvent une plusnous entendons f apeuES & d exhalaisons : aussi

Cet amas d’ ex haS s ° llVent * ronder le tonnerre -

lons renfermé entre deux nuages,

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comme dans une elpèce de voûte, est allume pat 1 ac-tion des vents, par le choc des nuages, par la chaleurdu soleil, par le mélange seul des esprits hétérogènes»Rien ne prend feu si aisément que le soufre & le bi-tume , qui brûle jusque dans l’eau. Ces exhalaisons abInitiées dilatent avec violence l’àir emprisonné dansl'exhalaison & dans le nuage. Cet air dilaté bande 1 airvoisin ; Pair bandé so débande ; & , par de promptes& vives socouffès, communique de son mouvementalternatif à Pair répandu jusqu'à nous. De-là ces Vibra-tions véhémentes qui nous font entendre ce bruit ef-froyable qu'on appelle tonnerre. Voye\ Son.

Dans l’instant de l’ìnflammation , le nuage ne pou-vant plus soutenir l'eftortde l’áir emprisonné, puisqu®son ressort acquiert des forces presque immenses,r ouvre avec violence. L'air qui y étoit retenu, sorspar Pouverture avec d’autant plus de rapidité, qu'ilétoit plus raréfié , & entraîne avec lui une partie desexhalaisons enflammées qu'il rencontre fur son pas-sage. Voilà des éclairs qui brillent de toutes pans à nosyeux.

S’il vient à sortir une plus grande quantité de ma-tière enflammée par Pouverture, c’est un tourbillonde feu qui descend jusqu’à nous. C’est la foudre.

La foudre tombe ordinairement fur les endroitsélevés, fur les arbres , Jes tours, la cime des mon-tagnes. Elle luit en cela les loix de la Physique. Lescorps les plus élevés peuvent fendre la base de la nuée,ou forcer le vent, en rétrécissant son canal, d’empor-ter la base de la nuée où se trouvent les exhalaisonsenflammées, & par là même faciliter leur chute fureux. D’ailleurs ils fe trouvent les premiers lur le pal-sage de l’exhalaison. Enfin telle exhalaison peut lesatteindre, qui se dissiperait, faute de nourriture, avantque d’arriver jusqu’à nous.

On conçoit que le son des cloches, agitant l’air,doit écarter le nuage qui porte le tonnerre , ou dumoins Pempêcher d’approcher , lorsqn’il est encoreéloigné de Pendrait où l’on sonne. Mais si ce nuagefe trouve fur le.clocher, ou près du clocher, on con-çoit aussi que le mouvement imprimé à l’air par lescloches, peut disposer le nuage à s’ouvrir, & la fou-dre tombera fur le sonneur peu physicien. En 1718 lètonnerre tomba en Bassè-Bretagne sur 24 Églises peuéloignées les unes des autres , où l’on sonnoit pourl’écarter» Celles où Pon ne sonnoit point, furent épar-gnées.

, Quand on voit l’éclair , & qu’on entend le bruit, 1 ®péril est pastë. La chute de la foudre est aussi prompteque 1 éclair. Si le bruit soit immédiatement l’éclair,lenuage qui porte le tonnerre est proche. S’il y a uneseconde ou un battement de pouls entre l’éclair & lebruit, le tonnerre est à 173 toises. S’il y en a deux,il est à 346 toises, 8 cc. La lumière le répand avecbeaucoup plus de vitesse que le son. Elie parcourt dansune minute environ 4 millions de lieues, au lieu quele son ne parcourt dans le xneme temps que 10380toises.

Dans la nouvelle Physique, la matière électrique estla matière propre du tonnerre. Voye{ Électricité.Ce feu électrique, répandu dans toute P atmosphère,ne se rend jamais plus sensible , que lorsqu’il se jointà des parties enflammées qu’il trouve rassemblées &bien preparées. Les exhalaisons sulfureuses, bitumi-neuses, salines, &c. qui s’élevent du sein de la terredans la région où se forme le tonnerre , sont regardéescomme les alimens du feu électrique, & non pascomme les causes du tonnerre.

Il ferait peut-être à-ptopos d’appeler foudre la ma-tière enflammée , & de conserver le nom de tonnerrepour exprimer le bruk qu’elle cause ; mais on n’y re-garde pas de fr près dans l’usage ordinaire, & l’on ap-plique indistinctement le nom de tonnerre à la marier®enflammée, à la foudre, & au bruit. Ainsi l’on dit lefeu du tonnerre , & un coup de tonnerre. Le tonnerregronde. Le tonnerre est tombé.

Ce qu’on dit du carreau du tonnerre - ® u de ^ ou *