ment au Bastion de France & ses dépendances, les pinsbeaux cuirs que les Maures viennent y négocier avecles François. Ceux de la moindre eípèce se nommentdes Eíchartz.
TORP - ou DORP. C est un mot de l’ancienne LangueTeutonique, qui s’est conservé dans plusieurs noms delieux de France, & fur-tout en Normandie. U signifievillage. Descrip. Géogr. à Hifi. de la Haute-Norm.tom. i. p. s st.
TORPET. Voye\ Torpes.
TORPILLE, f. f. Poiston de mer qui jette une humeur sifroide, qu elle engourdit !a main du Pêcheur, soit qu'ilpêche avec la main , soit avec ìe filet, soit avec la foui-ne. Elle endort aussi les poistòns dont elle fait fa pâtu-re. Torpedo. La torpille est mise au nombre des poissonsplats & cartilagineux, comme la raie, le turbot, la sole& la tareronde. Son corps est rond, iì on ôte la queue.
Sa tête est tellement enfoncée entre ses épaules, qu ellene paroît aucunement. Elle a deux petits yeux, & outre
cela deux trous en forme de croissanr, toujours ouverts
une petite bouche garnie de petites dents, & au-deílusdeux permis qui lui servent de naleaux. Elle a cinqouïes de chaque coté , petites & recourbées, & deuxaîles fur la queue. La peaude dessus est molle, déliée,blanchâtre, celle de deííòus jaunâtre, tirant à ia cou-leur de vin. Il y en a quelques-unes qui ont fur le dosCinq taches noires, rondes, disposées en pentagone ;d'autres en ont plusieurs Cans ordre. D'autres n enont point du tout. Aristote dit qu’on en a vu unequi avoir fait 80 petits. Nonobstant le venin qu’eilejette en vie, on ne laisse pas d’en manger la chair-, &Hippocrate en recommande l’usage en plusieurs mala-dies. Màtthiole dit qu'il n’y a point d'homme qui ait le
' brasst fort, qu'il puiiíè long-temps soutenir une torpillevive. Le Sieur Stéphane Lorenzinì Florentin a fait unTraité particulier de la torpille. Il dit que la petite espèce ne pese jamais pltis de six onces, & que celles dela grande vont depuis 18 jusqtstà 24 livres. Il met cepoiílon au nombre des vivipares, quoiqu'il ait des œufs.Son cœur palpite 8 ou 9 heures après qu'il est arraché ;mais il soutient qu'il faut toucher la torpille immédia-tement avec la main nue en deux muscles qui l’entou-rent, où réside son venin , pour en sentir Fengourdis
'sentent.
Kempfer assure que quand en touchant la torpille ,n n retient sottement son haleine , on ne restent aucundes effets qu on lui attribue,
Quelques Physiciens ont mieux aimé nier cette qualité engourdissante dans la torpille , que d'en chercherla cause. Mais ce fait est constaté par un trop grand nom-bre d’obfervations, pour être révoqué en doute.
Quelques-uns, comme Redi, Lorenzini, Perrault&c. attribuent cet engourdisièment k Fémiíïlon de cer-tains corpuscules qui sortent continuellement de cepoiston, mais beaucoup plus abondamment quand on letouche , que dans un autre temps. Ces corpusculeséchappés de la torpille , causent, disent-ils, Fengourdisternent des parties dans lesquelles ils s'insinuent, oupar leur nombre, ou par la disproportion de leur figureavec celle des vaisseaux dans lesquels ils pénétrent,Quelques Physiciens, comme Borelli, trouvent cetteexplication peu satisfaisante. Si Fengourdistèment drsent-ils, depend de 1 émission des prétendus corpuscules, il devroìt erre plus foible dans le premier instant& aller en augmentant, à mesure qu'il s'insinueroit unplus grand nombre de ces corpuscules torporifiquesC’est ainsi que ia chaleur augmente par degrés, à mefore qu'il s'insinue dans se corps un plus grand nombredé parties ignées. Cependant 1 expérience nous apprend se contraire. L'engourdiísement est plus fort dansle premier moment, & va toujours en diminuant.
De plus, ces prétendus corpuscules devroient s'introduire dans la main, par exemple, ou dans toute autrepartie du corps, lors mente qu elle ne touche pas immé-diatement la torpille , si este n en est que très-peu éloignée, dune ligne, par exemple. Cependant il est encore certain qu st n y a dsengourdislement que lorlqy a contact immédiat.
C’est pourquoi Borelli attribue Fengourdissement à
un tremblement violent dont ce poiston est agité quandon 1e touche : agitation que n'a jamais pu découvrirM. de Réaumur : mais il a observé que le dos de la tor-pille , avant qu on la touche, devient concave, de con-vexe qu'il étoit : dans Fínstant où on la touche, il rede-vient subitement convexe : mouvement qui s’exécurepat le méchanisme de deux muscles qui occupent, Funà gauche , l’autre à droite, la plus grande partie ducorps de ce poisson. En reprenant ainsi s a figure con-vexe , la torpille donne un coup subit à la main qui latouche, coup d'autant plus violent, qu’il est plus prestes& c'est ce coup qui produit Fengourdistèment.TORQUE, f. f. Terme de Blason , qui se dit d'u n bour-let de figure ronde tant en sa circonférence, qu’en sonterril, étant composé d’étoste tortillée, comme le ban-deau dont on charge la tête de More, qui se pose surses écus. Intortum , pittacium intortum, La torque esttoujours de deux principaux émaux qui font 1e gros desArmoiries, aussi-bien que ses lambrequins. C'est le moinsnoble des enrichislèmens qui se pose sur se heaume pourcimier. ,
Torque, s. f. Vieux mot. Toque, bonnet rond. Les Mar-guerites de Marguerite Reine de France.
Moi de bonnets
De torques, de tourets de nés ,
De garde-cois & de cornettes.
ORQUÉMADA, ou TORCQUÉMADA. Bourg ou pe-tite ville de la Castille vieille en'Efpagne, lur la Pizuerga,aux confins du Royaume de Léon. On prend Torqué-mada pour l’ancienne Augusta-Nuova ou Porra-Au-gusta, que d'autres placent à Covarruvias.
TORQUER. v. a. C’est en termes de Manufacture detabac, faire les cordes du tabac , le filer pour 1e mettreen rouleaux.
TORQUET, f. m. Il n'a d’usage que dans cette façon deparler populaire. Donner du torquet k quelqu’un ; pourdire , le tromper, lui dire des choses contraires à cequ'on pense pour le faire tomber dans le panneau. Ver-bommfallacia. Je lui ai donné du torquet. On dit aussi,donner le torquet.
TORÇUETTE. f. f. Certaine quantité de marée entor-tillée dans de la paille. Piscium fasciculus. On le ditaussi par métaphore d'un panier de volaille ou de gibier.
Torquettes de Tabac. Ce font des feuilles de tabacroulées & pliées extraordìnaìrement : elles font à peu-près comme les andouilles, à la réserve qu'on n'y metpas tant de petites feuilles dans le dedans.
TORQUEUR. f. m. Terme de Manufacture de tabac.C'est celui quìfait ses cordes de rabac. Ce mot vient duLatin torquere.
TORRÉ. f. f. Nom Italien & Espagnol, qui signifie Tour,Turris*, & qui entre en plusieurs noms de lieu.
Torré, Turré. Nom d’une rivière du Frioul, provincedel’Etat de Venise. Turrus, Turris. Elle passe fort prèsd'Udine, & ayant reçu le Natisone, un peu au-dessusde Palma-Nuova, elle va se décharger dans 1 e Lisonzo,à quelques lieues au-dessous de Gradisca.
Torré TAgri ou d'AcRi. Acirìs. C'étoit anciennementune petite ville de laLucanie. Ce n'est maintenant qu'unpetit bourg du Roy aume de Naples. Il est dans la basili-cate, k Fembouchure de l'Agri, dans le golfe de Taren-te. Maty.
Torré d’ANAZzo de Camarana , Camera. Voye^Anat\o , Camarana , Camera,
Torré di S. Basilio. Bourg du Royaume de Naples.Turris S. BafilH • R est dans la Basilicate , k Fembou-chure du Sino ou Senno dans le golfe de Tarente. Quel-ques Géographes prennent ce bourg pour FancienneLeutarnia-ì petite vjlle de la Lucanie, laquelle d’autresplacent a Alvidona, en Calabre. Id.
Torré p 1 Cerdagna. C’étoit anciennement une petiteville. Cerretanum. Ce n’est maintenant qu'un villagesitué dans la Cerdagne Françoise, en Catalogne, k troislieues de Puicerda, vers le nord. Maty.
TorRÉ del Gréco. C'est un village de la Terre de La-bour, situé fur le golfe deNaplçs, à trois lieues de la