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faculté de certaines choses, de forte qu on n en-ex-cepte rien. Dans ce sens il est employé an physique &au moral. On travaille de toute sa force. On emploietout fon crédit, toute son industrie. On aime Dieu detout son cœur. On donne tout pouvoir à quelqu’un.On voit qu’il signifie ici plein, entier, sans exception.
Tout employé pour chaque , servant à singulariser lespersonnes & les choies. Tout homme est sujet à lamort. Tout bien est desirab.e. Tout arbre qui ne portepoint de fruit, sera coupé & jette au feu. Omnis. Ilfaut observer que dans cette signification il n’est jamais,suivi de 1 artic.e. Tout homme, toute femme, touteplante, c c - au lieu qu il est suivi d’un article au singu-lier au pluriel quand il désigne l’universalité d unechoie considérée en son entier. Tout le peuple. Tousles peuples.
On dit aller, courir à toutes jambes, à toute bride ,pour dire tres-vîte, Par toute terre , par tout pays. Enquelque lieu que ce soit. Ubivisubicumque.
homme toute , toutes les sommes jointes ensemble :au figuré, à tout prendre. Elle est jeune, elle est belle ;ruais somme toute je n en voudrois pas. Prendre h toutesmains, par toute forte de voies, justes ou injustes.
On dit à certains jeux , tout coup vaille, pour direque le coup qu’on va jouer est fans préjudice du couppour lequel on est en dispute , ou sans préjudice de1 ordre dans lequel on va jouer. U t ut fit.
On dit adverbialement, à tout hazard, dans le mêmesens, pour marquer qu on veut bien courir le risquede tout ce qui arrivera.
Tout. s Chose composée de plusieurs parties prisesensemble. L e tout est plus grand que fa partie. Totume st majus Jitâparte. On divise un tout en ses parties,dans les parties dont il est composé. Je ne veux point«iviter cela; prenez le tout, ou vous n’aurez rien.
On 1 emploie dans le même íens, fans article, pourmarquer la généralité des choses ou des personnes de-puis les plus misérables esclaves, jusqu’aux plus grandsrois du monde , tout se plaint, tout murmure contre. fortune. Tout ce qui est sous le ciel. Tout ce qui a^í e ' La jeunesse, quoique fragile, croit pouvoir tout.
°us pouvez tout fur moi, c’est-à-dire, toutes choses,toutes fortes de choses.
Suprême Monarque du mondeQui peut tout, qui voit tout, à qui tout est soumis.
God.
Pour faire entendre que deux choses que l’on com-Pare ensemble , sont entierement disterentes , on dit1 u sty a de la différence du tout , au tout. Omnino ,ex l° t0 -> ìn totum.
Au Brelan on fait va tout , on fait un va tout, onit, va tout, pour marquer qu’on* joue d un seul couptout atgent qu’on a devant soi.
On dit familièrement, c’est un bel homme, c est unebelle femme, & *ft tout, pour dire qu'ils n’ont
rien d’efhmable ou de remarquable que la beauté.
, Ce n est pas tout pour dire , ce n’est pas àz. Cen’est pas tout de ne pas faire , que de ne pas faire lemal, il faut faire le bien.
- Le tout. Expression dont on se se ". P° ur ^'£ion.semble plusieurs choies dont on a fait ?" obliger.Il a fait telle & telle chose > le tout pour v »
Ideo ut, &c. Le tout monte à, &c- . r DOUr
Le tout ensemble. Expression dont ^ plusieursdésigner ce qui résulte de 1 assem C beaux en-ehoses qui forment un tout. II y 3 .„s,rnble n’endroits dans cette pièce , .mais le tout enj
Le l ìo"i p our le tout. Expression dont on.se se rtjourmarq uer qu’on est disposé* à ne rien epargn >
he r > °aV pour venir à bout de quelque ,
C est ie tom ^ p e dit de ce q U il y a de p P ’d essentiel dans une affaire. Être bien avec Dieu ,c ejle tout.' Le tout est de bien faire son devoir. On ditquelqu un quì est extrêmement chéri d’un autre, q uec’est ion tout j qu’il en f a j t f on tqut. Unum habet m
deliciis. Heureux qui fait de la croix, ou plutôt deJ. C. attaché à la croix, son confident, son conseil, sonmaître, son docteur, son pasteur, son directeur , songuide, son médecin , son tout. Car J. C. lui sera tout.
Le tout j en termes de jeu , est la troisième partieque joue celui qui a perdu les deux premieres. Ainsil’on joue autant qu’on a joué dans les deux autres.Le tout du tout est la partie qu’on joue après avoirperdu partie, revanche & le tout. Ainsi l’on y jouetout ce qu’on a joué dans les trois premieres parties.
A-tout. Terme de certains jeux de cartes, tels quela bête , l’hombre, &c. Façon de parler adverbiale quisignifie la même chose que triomphe. Faire à-tout,jouer à-tout. On dit aussi substantivement, & en unseul mot, un atout. J’ai trois, quatre atouts.
Tout est aussi adverbe, & signifie fans exception,fans referve , entierement. Omninò , prorsus , plané.On dit d’un dévot, qu J ii est tout en Dieu. Je fuis toutdévoué à votre service. Je luis tout à vous. Il est toutplein d’esprit. Ils font tout pleins d elprìt. Il est toutétonné. Ils sont tout étonnés. Ils font tout bons ou toutmauvais.
Ainsi le mot tout est indéclinable dans ces phrases.Quand on dit, ils jont tout étonnés , le mot tout signi-fie tout-à-fait : si l’on diloit, tous étonnés , cela signi-fieroir que tous le font, que i’étonnement est général.C est une faute que font bien des gens. Le P. Bouhourslui-meme avoir écrit , quand les mots viennent tousentiers du latin ; mais ii reconnut ensuite que c’étoicune faute qui lui étoit échappée.
Il faut pourtant remarquer que l’adverbe tout , lors-qu’il se trouve immédiatement devant un adjectif fé-minin qui commence par une consonne, devient ad-jectif , & reçoit le genre & le nombre. Ainsi l’on ditqu’une femme est toute malade: que des femmes ontété toutes surprises à la vue de quelque chose : qu ellesont été toutes pénétrées de douleur.
Et par une autre bizarrerie, ce même mot placé de-vant une adjectif féminin qui commence par unevoyelle, redevient adverbe. Ainsi Fon dit, des femmestout éplorees ; un chien qui a les oreilles tout écorchées,tout emportées.
Autre bizarrerie devant le mot autres féminin plu-riel, F adverbe tout ie conlerve. Ainsi ron dit que desfemmes font tout autres;, & au singulier, il redevientadjectif. Cette femme depuis q,.e q u es jours eh touteautre. Votre maison est toute autre que ía mienne.
Ajoutez à tout cela que tout est toujours adverbequand il est suivi d ’ austi ^ terme de comparaison. Ainsil’on dit : ces jeunes gens sont tout austi sages que ceuxdont vous parlez. Ces femmes furent tout auffi éton-nées qu’elles l’auroient été à la vue d’un spectre. Cesfleurs font tout austi fraîches qu’elies l’étoient hier. Ilne faut point raisonner contre l’usage, quem penes ar-bitrium est jus <& norma loquendi.
Ce même mot se joint encore à plusieurs préposi-tions & à plusieurs adverbes , dont il fait des eipecesde superlatifs en leur donnant plus d energie. C estainsi qu’on dit, parler tout bas, parler tout haut. Touten riant, tout en jurant. Tout au moins , tout au plus.Tout auprès. Tout au travers du corps. Tout le Inno-tout au long, tout de fuite, &c.
On dit familièrement, ce que vous dites-là font toutautant de tables, autant de visions, pour dire, toutes leschoies que vous nous dites font toutes fables, toutesvisions.
Tout s emploie auffi adverbialement avec toutes sortesd’adjectifs, & même avec certains substantifs, dans lalignification de Quoique, encore que, ou de Quelque.En ce sens, il ne ie decline que devant les adjectifs fé -minins qui commencent par une consonne. Tout sagequ’il est. Toute ingrate qu’elle est. Toute femmequ elle est. Toutes raisonnables qu’eiles sont, &c.
Tout, s’emploie encore adv. fans le décliner , dans cesfaçons de parler. Tout cœur, tout esprit ; pour dire,plein de cœur, plein d’esprit. C’est une femme qui esttout cœur. Ce sont des gens qui font tout cœur, toutesprit. On dit aussi indéclinablement, Cette femme çff