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Tome huitieme. [THA - Z.]
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TRAINEMENT. s. m. Mot donr quelques-nns fefervent pour exprimer le mouvement progressis, lamanière d’aller des limaçons, des vers de terre, dessangsues & autres animaux rampans. Reptatus, repta-tio. J’aimerois mieux dire Rampement. Voye{ à cetarticle comment s’exécute ce mouvement.

TRAINE-POTENCE. f. m. Mot burlesque qui fe dit decelui qui porte malheur à ceux qui Rattachent à lui,& qui suivent sen parti.

TRAINE-RAPIÈRE. f. m. Bretteur, ferrailleur, querel-leur. Il est populaire.

Sans cesse ce Traîne-RapièreRrenoit petun & buyoit bière. -

Typhon de Scarron, chant. i,ro. i,de f édit. de 1654. Dict. Com.

p. 428.

TRAINER, v. a. Tirer après foi quelque chose , soitqu elle soit posée à terre, soit quelle porte sur quel-que machine. Trahere. Les chevaux trament un car-roiíè, une voiture chargée. On traîne un fardeau.Ceux qui ont été tués en duel sont condamnés à êtretraînés fur la claie. On traîne un homme en prison.Traîner du fond des bois un cerf à f audience, hoir.On chaste en traînant un filet dans la campagne. Onpêche en traînant la dreige dans une rivière.

dans les

íoires

Ce verbe reçoit quelques idées acceídisterentes occaíîons où il est employé. On dit qu’unerivière traîne du fable , des immondices , pour direqifelle en charrie , qu’eile en emporte avec elle. De-vehere deferre fecum.

Il signifie quelquefois mener avec foi, fe faire fuivre. Un homme nouveau ose insulter à la misère pu-blique en traînant après lui une longue fuite de valets.

On dit Tu n chicaneur, qu’ii traîne fa partie de tribu-naux en tribunaux, pour dire qu’il la traduit d’un tribunal à un autre.

Dans un sens figuré on dit qu’une chose traîne âpreselle une longue luite de malheurs, pour dire qu elleest suivie de beaucoup de malheurs dont elle est lasource. M. de Turenne gémiífoit de tous ces mauxnéceilàires que la guerre traîne âpres loi. Fléch. Nospallions traînent après elles le trouble &, le repentir.Desh. Quelle foule de maux 1 amour trame à fa fuite.

^ On se sert encore de ce verbe pour marquer la peine,la difficulté qu’on a à faire quelque choie, à exécutercertains mouvemens. Un malade traîne la jambe,c’est à-dire, qu’il ne marche pas ferme de cettejambe-là, & qu’il la fait avancer lentement après sature. Unoiseau blessé traîne l’aîle, pour dire que l’aîle lui pend,qu’il a de la peine à s’en servir pour voler.

Au figuré, on traîne une vie malheureuse & languissanté, pour dire qu’on est accablé de chagrins ou d’in-firmités. Louis XI. traînait les misérables restes d’unevie qu’il avoir passée à troubler les autres. Fiéch. Ilvaut mieux vivre hors du commerce des péchetirs,que de traîner , au milieu du monde, une vie tumul-tueuse , une conscience agitée, & une éternité dou-teuse. Id.

On dit de même, traîner fes paroles, parler lente-ment.

Traîner donne toujours l’idée de quelque chose dedouloureux ou d’humiliant. On traîne fa misère, fahonte ; on traîne une vie obscure. In tenebris vitam,trahere. Les Rois vaincus étoient traînés au Capitole.Traîné fans honneur autour de nos murailles.

Traîner est cependant heureusement employé poursignifier une douce violence, mais alors il est mis pourentraîner. Charmant, jeune > traînant cous les cœursâpres Ioì.Rac. La vieillesse est le supplice d’une femmequi a fait consister toute s a gloire à traîner après elleune foule d amans. En parlant de Cotín, Boileau diíoit :Cotin a les sermons traîne route la terre.

Traîner dans la signification d’alonger, différer, ne pointfinir une affaire qu’an est maître de terminer. Il y a sixmois que mon Rapporteur me traîne pour le jugementde mon allasse. Ce débiteur me traîne , m’amufe depuis

deux ans, en me promettant de me payer. Le j ugeisolant lui accorder, ni lui refuser fa demande, traî-na la chose en longueur. Bouh.

Traîner en Plâtre. Terme d’Architecture : c’est faireune -corniche ou un cadre avec le calibre , qu’on traînefur deux règles arrêtées , en garnifiànr de plâtre clairce cadre, ou cette corniche, & la repassant à plusieursfois jufqu’à ce que les moulures aient leur contour par-fait. Daviler.

Traîner. On dit en Musique, Traîner le chant, traînerla mesure, c’est chanter lentement ,* & d une manièrelanguissante. Sans traîner, c’est chanter vîte , fanss’ar-rêter fur la mesure, ni la prolonger.

Se traîner se glisser , sc couler en rampant. Repere ,irrepere. U se traîna jufqu’à la tente du Général. Cechaiieur s est traîné pour approcher le gibier.

Se tramer signifie quelquefois marcher, avancer len-tement & avec beaucoup de peine. JEgrè procedere,progredi. J’irai vous voir si je puis me tramer jusque-là. Je luis bien foible, & j’aurai bien de la peine àm’ytraîner.

Traîner, v. n. Se prend dans des significations différentes.On le dit des choses qui pendent, qui descendent jus-qu a terre. Fluere , diffluere. Sa robe , son manteautraîna. La queue de fa robe est si longue qu’elle traîneà terre. Longo fyrmate verrit humum.

Traîner fe dit auíìi neutralement des choses qui ne fontpas dans la place où elles devroient être. Tout est dé-rangé dans son cabinet ; papiers, livres, meubles, touttraîne. Neglecta , sparsa jacent omnia.

Un malade traîne quand il eh languissent, fans pou-voir fe rétablir. Une affaire traîne, quand, au lieu d’a-vancer, elle demeure dans le même état. Un discourstraîne quand il est froid & languissent.

En pariant des chiens de meute qui ne suivent pasle gros de la meute dans la chasse, on dit qu’ils traî-nent. Acad. Fr.

Traîner, v.n. Terme de Billard. C’est conduire quelquetemps se bille fur le tapis, fans qu’elle quitte lé boutde l’instrument. Longius globulum prosequi , comitari.On peut traîner c est une maxime du jeu de billard,que traîner n est pas billarder: mais il est défendu detraîner , quand la bille rient du fer, pour lors il fauBjouer de bricole, 011 coup sec.

On dit proverbialement, Autant traîner que porter,en parlant de choses qu’il vaut presque autant fairedune façon que dune autre. On dit aussi, Il n’est paséchappé qu il traîne son lien, de ceux qu’on rattrapeaprès qu’ils se font sauvés de prison. Non evasit quilaqueum fecum trahit.

TRAÎNÉ, ée. part.

TRAINEUR. f. m. Qui traîne quelque chose. Dans cesens on ne le dit guère que de ceux qui pêcheur ouqui chasseur au traîneau. J’ai vu des traîneurs dans laplaine. Les traîneurs font punis. '

On appelle familièrement ou populairement traî -neur d’épée, un fainéant, fans occupation , fans em-ploi, qui ne fait autre chose que de porter l’épée. Er-ro machaerophorus.

TRAINEURS. f. m.pi. Ceux qui conduisent des Traî-naux. Ce terme est principalement en usage en Hol-lande.

Traîneur, en termes de guerre, signifie les soldats quine marchent pas à leur rang, qui par maladie ou fai-blesse, ou quelque autre raison , restent après les au-tres dans les marches. Tardi , tardiores. Il y a eu biendes traîneurs tués par les paysans.

En termes de Chaste on appelle traîneurs , ses chiensqui ne suiveur pas le gros de la meute, & qui demeu-rent derrière.

Au jeu de billard, Traîneur se dit de celui qui traîne,qui fuit, stui conduit, qui accompagne trop loin fa

bille avec son instrument.

TRAIRE, v. a. Je trais , tu trais, il trait. Nous trayons,Oc. Je trayois.^ J'ai trait. Je trairai: Qiiejetraye. J etrairoìs. Que j"aye trait. Trayant. Presser se pis desanimaux femelles qui ont du lait, pour le faite sortir.Mulgere, emulgere. On trait les vaches, les jumens,se; ânesses, les chèvres, les brebis. En Poitou le lait de