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Trancher, se dit encore ironiquement des fanfarons, deceux qui affectent de paroître plus qu ils ne font. Il tran-che du grand Seigneur-, pour dire, il fait le grand Sei-gneur. Il tranche de l’habile homme. Trancher du Sou-verain. Vaug. Gerere se pro Rege , &c. expression dustyle bourgeois & familier.
On dit proverbialement, qium homme est un cou-teau de tripière, qui tranche de deux côtés, lorsqu ilsoutient les propositions contraires , lorsqu il est detous les partis, loríqu’il loue, ou qu il blâme la mêmepersonne, selon les occasions différentes. Homo anceps,bifidus ^
Tranché, ée. part. - , ,
En termes de Blason, on dit qu un écu est tranché,lorsqu'il est divisé en deux diagonalement, & que ladivision vient de sangle dextre du chef à sangle íé-nestre de la pointe, pecujsitum scutum. Quand il estdivisé, au contraire, on 1 appelle taillé. Incisum. Onappelle tranché crenelé, quand la division du tranchéest faite par crenaux. Tranché é,denté , est lorsqu’au lieuque le tranché simplement ne se figure que par un filetqui se tire en bande, le tranché édenté , est quand lesdeux parties de sécu entrent sune dans fautre, ainsiqu avec les dents. Tranché, retranché, se dit de ce quiest tranché , puis taillé & retranché; & tranché taillé ,quand fur le tranché il y a une petite taille ou entailleau cœur de sécu. P. Men. Au Palais, pour éviter unmot grossier, on dit. B. tranché.
Tranché , en termes de Musique, se dit d'un des signesde la mesure que les François appellent C. barré outranché , parce qu'il est tranché ou barré dune ligne per-pendiculaire. Brossard.
TRANCHÉOR. f. m. Vieux mot. Pommier. Villehar-dotiin, p. 2.8. Ainsi dit de truncare. Borel.
TRANCHET. f. m. Outil de Cordonnier, de Bourrelier,& autres Ouvriers travaillans en cuir, qui leur sert àcouper. Scalprum Jutorium. C est un instrument de ferqui est arrondi, & qui est fort tranchant. Je ne coursfortune en travaillant de mon métier, que de me cou-per de mon tranchet. Ablanc. On 1 appelle aussi tran-cheoir ; & en ces cas, c’est un mot purement Bas-Bre-
Tranchet , diminutif de tmnche. Voy ce mot.
«íOTRANCHIN , ou TRANCZ 1 N. Petite Ville de laHaute Hongrie , sor le bord du Vag, Chef-lieu d’unComté de même nom.
TRANCHIS. f. m. Terme de Couvreur. C est le rangd'ardoises ou de tuiles échancrées, qui sont en recou-vrement su r d autres entieres dans sangle rentrant d’unenoue, ou d une fourchette. Davuer. Tegularum in-cisarum series.
TRANCHOIR, s. m. Affrète ou billot de bois fur lequelon tranche, on hache les viandes. Quadra escaria.
On le dit aussi en Architecture, au lieu à'abaque ou
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Tranchoir pointu. Terme de Vitrier. Sorte de piècede verre qison met dans les pannaux des vitres , quisont façon de la Reine ou de Croix de Lorraine. Qua-d$a acuta , vel oblonga.
«^TRANCOSE. Ville de Portugal dans la province deTra-Los-Montes, à trois lieues de Pinhet.
TRANCQST, ou TRANCAUT. Nom de lieu. Tran-quillus vicus. C’est un village du territoire de Troieen Champagne, à neuf lieues de cette ville. Vallois.Not. Gall. p. ‘j6 o.
Ce mot ne viendroit-il point de tranquillum hojpi-tiurn ?
TRANGABAR, TRANQUEBAR. Nom dune petiteville de la presqu’île de ITnde deça le Gange. Tran-gaharia. Elle est sor la côte de Coromandel, dansla Principauté de Tanjaor, à huit lieues de Négapatan,vers le nord. Tranquebar a un fore bon port, & lesDanois qui y trafiquent, y tiennent la fortereffé deDanebourg. Maty.
TRANGLES.fi f. Terme de Blason, qui se dit des faseesrétrécies, qui n ont que la moitié de leur largeur , &qui sont en nombre impair. Fasciœ resiriélœ, impar es.
TR ANI. Nom propre dune ville du Royaume de Naples,située" fur la côte de la terre de B ari, à sept ou huit
lieues de la ville de ce nom, vers le couchant. Tra-num, Tranium. Cette ville est dans une campagnetrès fertile, & elle est ornée d’un siège Archiépiscopal,'Elle déçheoit pourtant, parce que le limon gâte sonport. Maty.
TRANLER. v. a. Terme de chasse , qui se dit quandil faut quêter nn cerf au hazard, lorfqu’on ne fa pointdétourné. Tranjquirere, indagare.
TRANQUILLE, adj. m. & f. Dans ce mot, & dans lessuivans qui en dépendent, on ne prononce qu’une LCalme, paisible, qui n’est point agité. Tranquillus ,quietus , pacatus , sedatus , placidus. Le Médecin jugeque la fièvre diminue, quand le pouls est plus tranquille,moins ému qu’iln étoit. La nuit, tout est tranquille dansles rues, dans les campagnes. La mer est Tranquille ,quand le vend ne souffle point.
Tranquille, sc dit figurément en Morale, dans le mêmesens. Les Stoïciens ont l’esprit tranquille. Tout esttranquille dans le Royaume. Il s’est retiré dans la soli-tude pour jouir d’une vie tranquille. La félicité tran-quille des Philosophes est trop languissante pour êtresouhaitable. La Font. L’amour tranquille s’endort ai-sément. S. Evr. L ame du sage est dans une affiètecalme & tranquille. Dac. La joie d’un amant ne doitjamais être tranquille : il faut qu elle soit toujours unpeu mêlée d’inquiétude. M. Scud.
Dans un long avenir j’entre l’esprit tranquille. Id.
Tout eft tranquille ici,mais mon cœurnel’efipas. R a c.
L’Amour fuit les tranquilles plaisirs. Vixl. Quand lecœur est tranquille, & que rien ne le remue, on n’estguère plus animé que si l’on étoit mort. Ch. de M.
TRANQUILLEMENT, adv. D une manière douce &paisible , fans émotion. Tranquillè , sedatè, pacatè,quìetè. Disputez fort tranquillement , & sans vous émou-voir. Ceiui qui obéit à la raison, agit tranquillement.Dac.
Viens-tu tranquillement m’annoncer le tripas? R ac.
Vous m'aimez trop tranquillement , & je trouve quevotre tranquillité m’est injurieuse. Let. Port.
TRANQUILLISER, v. a. Calmer , rendre tranquille.Tranquillare , Jedare , pacare. Tranquilliser sesprit,ttanquillijèrh conscience de quelqu’un. Je tâche de metranquillisrla-deílm. Ce mot a été reçu avec peine, &il ne faut pas s’en servir trop souvent. Réel. Ce remèdelà est propre pour tranquilli/èr les humeurs, 'tranquilliserles esprits. On s’en est beaucoup servi dans le figuré, às occasion des nouveaux Quiétistes.
TRANQUILLITÉ, fi m. Repos, calme, état fans trou-ble, & fans agitation. Tranquillitas , quies , sedatio. Latranquillité de l’air n’est pas troublée par les vents. LeMagistrat est le conservateur de la tranquillité publique.Bay. Le Sage s’éloigne du bruit pour jouir de la tran-quillité de l’efiprit. La tranquillité de sesprit, qui estsouvra^e de la raison ^ est, à le bien prendre, un étatd’indifte rence & de langueur, qui approche moins dúplaisir que de la tristeíîe. S. Evr. La tranquillité d Epi-cure n étoit qu’une exemption de trouble. S. Evr. C’estmal connoitre l’usage de la vie, que de palier fies joursdans la sodé tranquillité du repos. S. Évr. Cassien ap-pelle l’apathie des parfaits contemplatifs, leur immobile& continuelle tranquillité. Boss. On se soit quelquefoishonneur du nom de tranquillité pour couvrir une, vérita-ble nonchalance & une véritable mollesse. S. Évr. IlVaudroit mieux vivre dans une heurenso obscurité, qued’avoir s anS tranquillité des richesses, de la naiffànce.Des-H-
Tranquillité, paix, calme. Considérés dans une signifi-cation synonyme ; ces trois mots, soit qu’on les appli-que à 1 ame, à la république ou à quelque société par-ticulière , expriment egalement une situation exempte-de trouble & d’agitation ; mais celui de tranquillité ,dit M. f Abbé Girard, ne regarde précisément que lasituation en elle-meme, & dans le temps présent, indé-pendamment de toute relation, Voy, les autres mots. On