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Tome huitieme. [THA - Z.]
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■Maître & les peuples de son Gouvernement une trêve„marchande & la liberté du Commerce, &c. Vertot.

Ce mot vient du Latin treuga, signifiant la mêmechoie. Ménage après Voísius. Caseneuve le dérive deï’AlIemand trava, ou trew, qui lignifie foi. Ce motvient plutôt de treff’j mot Celtique ou Bas-Breton ,qui signifie trêve.

"Trêve de Dieu. Treuga Del. Les désordres & la licencedes guerres particulières qui regnoient au commence-ment du onzième siècle, obligèrent les Evêques' à dé-fendre ces violences en certains temps sous les peinesCanoniques. C’est ce qu’on appela la Trêve de Dieu ,nom si commun dans les Conciles depuis ce temps-ià.Le premier règlement en fut fait dans un Synodetenu au Diocèie d’Elne en Rouíïìllon, Fan 1017, le16 de Mai. Voye ç les Conciles du Pere Labbe, TomeIX, p. 1249. On y ordonna que dans tout le Comtéde Rouíïìllon , personne n attaquerait son ennemi de-puis Pheure de None du Samedi, jusqu au Lundi àFheurerde Prime, pour rendre au Dimanche 1 honneur,convenable ; que personne n attaquerait en quelquemanière que ce tut, un Moine ou un Clerc marchantfans armes, ni un homme allant à FÉgliíe, ou en re-venant, ou marchant avec des femmes; que personnen’attaqueroit une Eglise , ni les maisons d alentour àtrente pas : lé tout sous peine d’excomrminication,laquelle au bout de trois mois fera-convertie en ana-thème. Voilà ce que I on appelle la Trêve de Dieu y& quels en furent les commencemens. Dix ou douzeans après on Fétendit depuis le Mercredi au soir jus-qu’au Lundi matin , & l’on défendit de prendre rienpar force pendant ce temps-là, de tirer vengeance d’au-cune injure , & d’exiger de gages d’une caution. On

ordonna que quiconque y contreviendrait, payerait laicomposition des loix, comme ayant mérité la mort,ou ferait excommunié & banni du pays. S. OdilonAbbé de Cluni , & Richard Abbé de Verdun contri-buerent beaucoup à établir la Trêve de Dieu , & l’oncrut que Dieu F avoir approuvée par un grand nombrede punitions -exemplaires fur ceux qui 1 avoient vio-lée. Garder la Trêve de Dieu , violer la Treve de Dieu,observer la Trêve de Dieu. Dqminici a fait une Dister-tation De Treuga & Pace , ejujque origine , & uju inBellis privatis. C’est-à-dire , de la Trêve & de la Paix,de son origine & de ion mage dans les guerres desparticuliers. Cramoisi 1 imprima en 1649 , & Burchard.Gottelfeius Fa redonné dans fa Bibliothèque des Livresrares en 1719 a Iène, Dans les siècles que les Seigneursparticuliers en France, & ailleurs, avoient droit de sefaire la guerre les uns les autres, les Evêques, lur-touten France , s’oppolerent de toutes leurs forces à un sihorrible désordre ; & ne pouvant le déraciner tou-à-fait j f.s tâchèrent au moins de le diminuer par la cessarion des hostilités pendant certains jours marqués.Cette cessation s’appeloit Treuga Domini , ou TrevìaDomini. La Trêve du Seigneur. Sa limitation la distin-guoit de la paix, qui devoir être perpétuelle.

On le dit aulïï à Fégard des disputes & des procès :Balzac dit de l’Université ; que c est un pays où il n’ya ni paix ni trêve. Ces plaideurs ont fait une petitetrêve, pour voir s’ìls se pourront accommoder à l’a-miable. Ce créancier ne donne aucune trêve à son

débiteur , il le poursuit continuellement. Il y a diftelence entre trêve , assurément, sauve-gatde & saufconduit. Les trêves ont eu lieu entre les Nobles, pa:Ordonnance du Roi, ou de fa Cour de Parlementpour faire celïèr pour un temps la guerre quel’unfaisoit à Fautre, au lieu de le poursuivre en Justice, aitemps que le droit de guerre a eu lieu entre les sujetcTun même Prince. ^Trêves 8c enfreintes

trêves brisées, ce font celles auxqueiles on a contrevenu, qu’on a rompu.

T'rÈVE, se dit aussi en matière de douleurs, quand on ;sent quelque allegement, quelque relâche. Induciaelevamen. Sa goutte lui a donné quelque trêve dans 1 ;belle saison. Elle fit un peu de trêve à fa douleur. Ch

D On dit communément, Trêve de complimens, decérémonies, trêve d’aftaites, trêve de raillerie, pour

dire, ne parlons point de ces choses-Ià. Officiosis ver\bis jìtperjêdeamus.

Ah ! trêve, je vous prie , à votre Rhétorique.

Mais vous , trêve plutôt à vôtre politique. Mot.

Trêve donc t je vous prie, à vos impertinences. Id.

Cher Tibulle, crois-moi, fais trêve à ta douleur.

TRÊVES. Nom d’une ville d’Allemagne - capitale deF Archevêché & de l’Electorat de Trêves , & située sorla Moselle , à treize lieues au-dessous de Metz, & àune du confluent de la Sâre. Treviri , Augitfta Trevi-rorum, Treveri. Trêves passe pour une des plus an-ciennes villes de l’Europe. Elle a été autrefois Impé-riale & libre: mais Fan 1580 elle fut déclarée sujettede se s Archevêques qui Font possédée depuis. On voirà un quart de iieue de cette ville la célèbre Abbayede S. Maximin de Trêves de l’Ordre de S. Benoît,dont F Archevêque de Trêves est Administrateur per-pétuel. Maty.

L Archevêché de l’Electorat de Trêves , ou le Tré-vois. Trevirenfis ditio. C’est un des Etats du CercleElectoral du Rhin, Il est borné au couchant pár leDuché de Luxembourg , au nord par les Comtés deManderícheid & de Wirnenbourg, &parl’Archevêchéde Cologne : au levant par les Etats de Naflaw ; & ausud par ie Palatinat du Rhin & par la Lorraine. Cepays peut avoir vingt-six lieues du couchant au levant :la largeur est plus de la moitié moindre, & si inégale,qu’on ne sautoir bien la déterminer. Le Rhin la di-vise en deux parties, dont celle qui est au couchant,le long de ia Moselle', est incomparablement plusgrande que 1 autre. Ses lieux principaux font Trêvescapitale, Montabaur, Obenvésel, Roppart, Coblentz,la Fortereíle d’Ehrenbreistein, ou d’Hermanstein, Co-chein, Cell, Kilbu-rg, Berncastle & Witlich. L’Arche-vêque de Trêves est Administrateur perpétuel des Ab-bayes de Prum & de S. Maximin de Trêves, Electeurde l’Empire, & son Archichanceiier dans les Gaules »Charge dont il ne fait aucune fonction. Il est élu parson Chapitre, & du nombre des Chanoines, dont il yen a seize de Capitulasses, & vingt-quatre de Domi-ciliés. Au reste, on ne reçoit au nombre des Cha-noines de ce Chapitre aucun Prince, rarement desComtes, mais seulement des Gentilshommes qui peu-

' vent faire preuve de Noblesie de seize quartiers,comme leg Chevaliers de Malte. Maty. Valois, Nos.Gall. pag. 360. & fuiv.

Trêves. Nom de lieu. Trevidum, Trevidon, TreviduLll est dans le Rouergue, près de Milhau fur le Trévé-zels. Valois, Net. Gall. p- 5&°-

TRÉVÉZELS. Nom d’une petite rivière de France. Trc-vido j Trevifalo. Elle coule dans le Rouergue, & tombedans la Dourbie, qui la porte dans le Tarn. Val. Not fGall. p. f,60 . Savaron fur Sidonius Apolinaris.

TREUF. f. m. ouTRÉUVE, f.s. Vieux mot. Découverte.Inventio. En Dauphine , c’est l’épave. Voye\ M. Sal-vaing, dans son Traité des Droits Seigneuriaux, L.I.C. 61.pag.33q., 33$. De Laurière. En quelques en-droits , ie peuple dit encore trouve . Je ne fuis pointheureux, je ne fais jamais de trouve.

TRÊVI. C’étoit autrefois 11 ne ville Épiscopale. Trebìs ,Treba , anciennement Trebana civitas. Ce n’est main-tenant qu’un bourg d ( e la Campagne de Rome, situéprès des sources duTévéronne, & dépendant de F Ab-bé de Subiaco. Maty.

TRÉVICO , ou VICO-DELLA-BARONIA. Petite villedu Royaume de Naples. Trevicum , Trivicum , VicusBaroniœ . Elle est dans la Principauté Ultérieure, àsept lieues de Bénévenr, vers le levant. Trévico a unEvêché suffragant de Bénévenr. Maty.

TRÊVIER. s. m. Terme de Marine. C’est ainsi qu’on ap'pelle les Ouvriers qui ont soin des voiles, le Maîtredes voiles qui a soin de 1 envergure , & qui les visitea chaque quart, pour voir si elles sont en bon état.Vdis preepofitus. Trevier ou Maître voilier. Aubin.