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Tome huitieme. [THA - Z.]
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Mais Adam dès ce jour déchu de son état,

D’un tribut de douleurs paya son attentat. Bon.

Et mes yeux arrosant fis belles mains de larmes ,Payerent les premiers, lc tribut à ses charmes. Cer.

Tirer un tribut de quelque chose, en tirer de l’avan-tage , du profit. Quœfiui habere aliquid facere , inquœjîu habere. N elt-il pas honteux aux Philosophesde tirer un tribut de leur lavoir ì Abl.

Je foi qu’un noble esprit peut, fans honte & fans crime,Tirer de son travail un tribut légitime. Boit.

On dit que les louanges, 'estime, le respect: sont«ne espèce de tribut qui est dû au mérite , à la vertu,pour dire qu’on est obligé d estimer , de respecter lemérite & la vertu. Ton cœur est íe tribut que tu doisà ma flamme. Yill.

Nos repas somptueux sont le tribut des airs ,

L’hommage de la terre , & celui des deux mers. Bréb.

Le P. Le Moine a dit que le fleuve du Tigre,

De fa fougueuse course étonne Jon rivage ,

Et porte pour tribut à la mer un orage.

' Cela est visiblement pris du Taise, dit le P. Bou-hours dans fa Manière de bien payer. Le Poète Ita-lien, en parlsjttt du Pô, qui cil t.,pide à son embou-chure, & qui se jette dans ,a mer avec vio ence, ditqu’il semble porter la guerre, ct non pas un tribut àla mer.

. E pare

Che guerra porti , e non tributo al mare.

Toute la différence qu’il y a entre "Italien & le; François, c est que f un est bien pus juste que l’autre,car tribut & guerre ont queiqiu rapport, ou plutôtquelque opposition : & le feus du 1 arc est beau, qu’unfleuve impétueux soit un ennemi, ou poire la guerreà la mer, & non pas un valíal qui poire un tribut, aulieu qu’orage & tribut ne conviennent point. Bou-hours. La critique est un peu sévère. L n est pas né-cessaire que tribut & orage ayent le rapport qu’il de-mande ; il suffit qu’il soit vrai que Ion tribut est unorage, pour que la pensée loir belle ct régu'iere; &comme on pourroit dire fort. bien d une Puiliance, oud’une Divinité nuisible que ses saveurs ou ses présensfont des malheurs, l’on peut très-bien dire d’un fleuvedont le cours est si rapide, qu’en entrant dans ia mer,il la trouble & l’agite , que íe tribut qu 'ii porte à lamer est un orage. La pensée du Poète François estcertainement une imitation du Poëte Italien, niais elleest plus ferme & plus vive que celle de lorìginal, queIe E pare & le guerra e non tributo astoibliiìènt allu-re ment.

TRIBUTAIRE, adj. de t. g. Souvent employé substanti-vement. Tributarius , vectigalis. Qui paye tribut. Onle dit particulièrement d’un Etat qui paye tribut à unautre, sous la domination ou fous ia protection duquelil est. La Moldaviela République de Raguse, &c.sont tributaires du Turc. Le Cham de la petite Tar-tarie est auíïï tributaire du Turc. On dit iubstantive-ìnent, les tributaires du Grand-Seigneur.

Ce mot est auffi employé dans un sens figuré. Noussommes tous tributaires de la mort. Dans tous lestemps de notre vie nous sommes tributaires de la pé-nitence. L Ab. Prévost. Et dans un iens encore plusfiguré, & tout-à-fait poétique. L’Orinoque voir gros-sir son cours par les eaux tributaires de plusieurs fleuvessubalternes, dont quelques-uns lont plus grands quela Seine & la Loire. Mém. de Trév. Veclig a i es undae.

TRlC. f- m. Espèce de terme d argot. C’est un mot in-venté par les Compagnons Imprimeurs, qui leur sertde lignai pour quitter leur ouvrage, & aller faire la

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débauche : ce qui leur est défendu par l’Article 34 deleurs Statuts, & par l’Article 6 de l’Ordonnance deFrançois I de 1541, comme auffi par l’Ordonnance deCharles IX de 157t. Il leur est défendu de faire jour-née blanche, ou de faire jour pour jour, mais il leurest enjoint par icelle de continuer.

TRICALA. Nom d’une ville de la Grèce. Tricala, Tri-ca , Tricca. Elle est dans la Thestalie , fur le Pénée,à huit lieues de sauna, vers le levant. Cette ville estancienne, aísez grande, Episcopale, & suffragante deLarissa. Maty.

TRICARICO. Nom d’une ville du Royaume de Naples,située dans la Baíìiicate , fur le Basiento, à cinq lieuesde Porenza, vers l’orient. Tricaricum. Tricarìco étoitune ville jolie, bien peuplée, Épiscopale, & suffragantede Cirenza ; mais elle a été presque toute ruinée parun tremblement de terre Ie 8 Septembre 1694. Maty.

TRICASTIN, ou LE TRICASTINOIS. Petite contréedu Dauphiné en France. Tricastinus ager. Elle con-serve le nom des Tricajîins ses anciens habitans, &n’arien de considérable que Saint-Paul-Xrseq/fc/z, ou Saint-Paul-trois-Châteaux.MATY. Ce pays est borné au Sep-tentrion par le Valentinois & le Diois ; à l’orient & aumidi par le Comtat Venaissin, & à Foccident parleRhône.

TRICÉNAIRE. f m. Terme Ecclésiastique. Office, prièrescontinuées pendant trente jours, comme la neuvainesent des prières continuées pendant neuf jours, &Fan-nuel des messes dites pendant une année. Tricennarium .C’est Saint Grégoire qui a établi l’ulage du tricénaire,qui coníistoir à dire trente Messes pour ses morts enautant de jours. Le tricénaire n’est plus en usage; il ya bien dans 1 e Missel une Messe des morts pour ie tren-tième jour après leur mort, que l’on appelle le boutdu mois; mais la coutume n’est point de faire dire desMeises pendant 30 jours de fuite, ou elle n’est pas fortordinaire maintenant. Voye\ fur Ie Tricénaire , sesMacri & Du Gange.

TRICENNALES. i. m.pi. L espace de trente ans, commeles Décennales & les Vicennales lont Feípace de dix &de vingt ans : il le diíoir des années du gouvernementdes Empereurs. II J e à auffi des vœux, des actionsde grâces , & autres cérémonies qui se faisoient aubout de ce nombre d’années pour remercier ses dieuxde 1 heureuse administration de l’Empereur, & leur endemander la continuation. Tricennales, Tricennalia,& dans le Panégyrique de Porphyrius pour Constan-tin, Tricennia. On trouve furies médailles, Decenna-les , Decennalia- & Vicennalia , tout au long, maisjamais Tricennalia , ni Tricennales ; il est toujours enchifres, 8c il s’y trouve de disterentes manières.i° Vot. xxx. Vota tricennalia , dans Constantin, dansValerius Maximianus. Vot. xx. Mult. xxx. dansLicinus, dans Constantin, dans Constans, dans Con-stantius, &c. 3° Vot. xxx. Mult.xxxx. C’est-à-direqu’on remercioit se s dieux pour ses vingt, ou lestrente premières annees de l’Empire du Prince , &qu’on prioit les dieux pour ses dix suivantes ; ce quiferoir, ou trente, ou quarante ans d’heureux gouver-nement.

TRICEPS. N°m Latin qui signifie, qui a trois têtes.Les Anatomistes se donnent à trois muselés de Ia cuisse. qui lont les trois abducteurs. Le premier est le tricepslupéneur, ffiû prend son origine de la partie externe& supérieure de i’os pubis & va s’insérer à la partie su-périeure d une ligne qui est au-dedans de la cuisse. Lesecond est le triceps moyen : il part de la partie moyennede 1 os pubis, ct va s’insérer à la partie moyenne decette ligne, q u j e st au-dedans de Fos de la cuisse. Letroisième est se triceps inférieur, qui a fou principe non-seulement à la partie inférieure de Fos pubis, maisauíîi à la partie inférieure de 1 éminence de l’ifchion,& va s inférer à la patrie inferieure de la ligne qui estau-dedans du fémur. H y eu a qui de ces trois musclesn en font qu’un à trois tetes, qu’ils appellent simple-ment triceps, mais ayant auffi trois insertions, on peutse diviser en trois muscles. Dionis.

Triceps, adj. Latin. On donnoit à Mercure 1 e surnomde triceps, ou à trois têtes, parce qu’il se trouveit