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Tome huitieme. [THA - Z.]
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Peres Trìnìtaìres déchaussés, & qui en attendant quela clôture fût établie, alloient à 1 Eglise de ces Peres,à fe mirent fous la conduite du Pere Jean-Baptistede la Conception, qui les avoít établies. La connoil-fance de ce Pere & les services qu’il leur rendit, fitchanger â ces filles le dessein qtfelles avoient de sefaire Angustines, & elles demanderent à leur Direc-teur fhabit de son ordre , & il le leur donna ; maiselles ne furent d’abord qu’Oblates ou Béates de l’Or-dre. Cet Ordre s opposant ensuite à leur dessein, &ne voulant pas les recevoir fous fa jurifdiction, elless'adre fièrent à J Archevêque de Tolède > qui leur per-mit de vivre selon la Règle de cet Ordre. Elles enprirent de nouveau fhabit en 1612, & commencerentleur Noviciat. La Fondatrice s’en repentit, & le quitta-,les autres furent fermes. Le Cardinal de Zapara, qui■avoit f administration de f Archevêché de Tolède pen-dant la minorité du Cardinal Infant Ferdinand d Au-triche , retrancha des Constitutions des Religieux Tn-nitaires déchausses, ce qui ne convient point à desfilles, & leur en donna de particulières fan 162.7, quifurent approuvées par UrbainVIII en 1634. Voye\ leP. Hélyot, Tom. II. Chap. 49.

Enfin il y a un Tiers Ordre de la Trinité , dont nousavons parlé au mot Tiers , & dont le P. Hélyot traitedans son T. U. C. 50. p. 337 & fuiv.

TRINITÉ, f. f. Terme de Théologie. Mystère ineffableque la Foi nous enseigne ; la croyance d’un seul Dieuen trois personnes, Pere, Fils & Saint-Efprit; la SainteTrinité j le Mystère ineffable de ia Trinité. Trinitas ,Sanclijfima Trias.

La Foi nous apprend qu’il y a un Dieu, une Unitéde nature 5 c d’eflence singulière , & une Trinité depersonnes. Trinité signifie, unité de trois , f unité detrois personnes divines réellement distinctes, & fiden-tité d’une nature indivisible ; la Trinité est le nombreternaire des personnes divines d’une même essence,nature & substance.

La Théologie orthodoxe enseigne qu’il y a un Eieu,une essence, deux procédions, trois personnes, quatrerelations ou rapports, cinq notions, & la circumincef-sion, que les Grecs appellent périchorèíe. Il y a unefeule essence, une nature divine éternelle, infinie, spi-rituelle, qui voir tout, qui connoit tout, qui est par-tout, toute-puissante, qui de rien a fait toutes choses.

L’esprit infiniment parfait ,

Qui de soi-méme a son essence > ;

C est Dieu qui de rien a tout fait,

Qui remplit tout par sa présence , j

Et qui de l’un à Vautre bout,

Range j unit & conserve tout. Pois. Chrít.

Il y a en Dieu deux processions ou émanations ,savoir, celle du Fils, & celle du Saint Esprit. La pre-mière s’appelle génération, & la seconde , fpiration.Le Fils de Dieu émane du Pere éternel par f entende-ment ou par voie de connoiííance ; car Dieu fe con-noissant éternellement, infiniment & nécestàirement,produit un terme, une idée , une connoisiànce très- 'parlaite de toutes fes perfections adorables, qui s’ap-pelle son Verbe , son Fils qui lui est égal en tout,éternel, infini & nécestàire comme le Pere. Le Pereregarde son Fils comme Ion ternie , Sc le Fils regarde3 e Pere comme son principe ; & parce qu’ils fe regar-dent éternellement, nécestàirement & infiniment, ilss aiment de même , & produisent un acte d’amourmutuel : le terme de cet amour, c’est le Saint-Elpritqui émane du Pere & du Fils par voie de fpiration,d’amour & d’impulsion, qui est-aussi égal en tout auPere & au Fils. d*

Chaque procession divine établit & fonde deux rela-tions l une du cote du principe, & l’autre du côté duterme ; c’est pourquoi, puisqu il y a en Dieu deux pro-cessions , il y a quatre relations, la paternité, la filia-tion , la fpiration active & la fpiration passive.

La Paternité, est h relation fondée d«m$ fintelli-

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gence que les Théologiens appellent notioneUe, paflaquelle le Pere est rapporté à la seconde personne, la-voir au Fils.

La Filiation, est la relation & se rapport par lesquelsla seconde personne qui est le Fils.,, est rapportée à lapremiere personne.

La Spiration active, est la relation fondée dans factenotione! de la volonté, par laquelle la premiere êc laseconde personne regardent, & font référées à la troi-sième personne.

La Spiration passive , ou Procession prise dans unfeus étroit, est ia relation par laquelle la troisième per-sonne de la Sainte Trinité regarde, & est référée à lapremiere & seconde personne 3 d’ou il s’enfuit qu il ya en Dieu quatre relations, comme nous avons dit,& cinq notions, comme nous dirons dans la fuite.

Personne íe définit : une substance individuelle, rai-sonnable ou intellectuelle, ou autrement une substanceintellectuelle oc incommunicable. Vbye^ Personne.L’Hypostafe ou subsistance est ce qui constitue !a per-sonne. Il y a dans la Sainte Trinité trois personnes, lePere, le Fils > & le Saint-Elprit, lesquelles ont touteschoies communes,, hormis les relations, d’où vient cetaxiome de Théologie dans les personnes divines : ll n’ya aucune distinction, où il n’y a pas d’oppoíìtion derelation ; d’où il s’eníuit que si quelquefois la puiílanceest attribuée au Pere, la sagesse au Fils, la bonté auSaint-Elprit ; de même si on dit que les péchés d’infir-mité ou de íoiblelíe lont dits être contre le Pere, lespéchés d’ignarance contre le Fils , & les péchés de ma-lice contre le Saint-Elprit , cela le dit seulement parappropriation, & non par propriété ; car toutes ceschoses font communes 3 d’où vient cet axiome : Lesœuvres de la Sainte Trinité sont communes & indi-vises, savoir, qu elles conviennent aux trois personnesdivines ; mais non pas les productions qu’on appelleau-dedans ad intra , parce qu’elles font relatives. Nousappelons ici appropriations, f attribution de quelqueattribut commune à une certaine personne divine, scauíe de quelque convenance.

On attribue dans PEcrirure & dans les Symboles desApôtres & de Nicée la toute-puissance au Pere, parcequ’il est îe premier principe, & un principe fans prin-cipe d’origine.

La sagesse s’attribue au Fils, parce qu’il est le termede f entendement divin, auquel appartient la sagesse.

La bonté s J attribue au S. Esprit, parce qssil est leterme de la volonté, à laquelle appartient la bonté.

Il y a des Théologiens qui donnent d’autres raisonsde ces sortes d’attributions & appropriations, savoir,que c’est pour éloigner des personnes divines les im-perfections qui se trouvent dans les créatures ; car lesperes créés font foibles, caducs & impuistans ; d’oùvient que pour éloigner cette imperfection de la pre-miere personne, on dit qu elle est toute-puissante. Lesfils créés font imprudens ; pour éloigner cette imper-fection de la seconde personne, on f appelle sage 011la sagesse éternelle. Les grands esprits dans les chosescréées font souvent mauvais ; pour éloigner donc cetteimperfection de la troisième personne, on attribue 1«bonté au Saint-Efprit. Le Fils est la seconde personnede la Sainte Trinité, engendré du Pere , avec lequelH produit le S. Esprit.

Le Saint-Efprit est la troisième personne de Ia Tri-nité, parce qu’il procède du Pere & du Fils par voiede volonté. Il faut ici remarquer que le Saint-Efpricn est pas appelé Efpnt de -la spiritualité , parce qu’elleest commune & eílentielie aux trois personnes, maisde la fpiration passive qui est propre à la feule personnedu S. Esprit.

Le Pere est la premiere personne de la Sainte Trini-té , parce que le Pere seul produit le Verbe, qui estle Fils, par voie d’entendement, & avec le Fils parvoie de volonté, il produit le Saint-Efprit.

A u reste quand une personne dans la Sainte Trinitéest appelée premiere, f autre seconde, & l’autre troi-sième personne, il ne faut pas entendre cela d unepriorité d’instant, c’est-à-dire, de temps & de naturequi soit avec quelque déçendance 3 mais d’une priori-