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fois la largeur de son cintre. Il y en a auífi dans lamême ville de Montpellier une barlongue qui est plusestimée, & qui a environ sept pieds de large fur onzede long. Id. Trompe ondée , est celle dont le plan estcintré en ondes par fa fermeture, comme la trompedu château d’Anet, qui a été démontée de l’endroitoù Philibert de Lorme savoir bâtie, pour servir decabinet au Roi Henri II, & remontée en une autreplace avec beaucoup de soin parle sieur Girard VyetArchitecte de M. le Duc de Vendôme. Id.
Trompe. Terme de Pyrotechnie. C’est l’artifice que lesanciens appeloient lance à feu, parce qu’il jette sesfeux successivement 8c où l’on veut, en le dirigeantà la main. On l’appelle à présent trompe plus impro-prement par le rapport de fa figure avec une trom-pette , ou si l’on veut, parce que incertitude de ladirection de ces feux trompe les spectateurs. C’est ungros cartouche plein de pots à feu , qui jettent succes-sivement leurs garnitures , la garniture du premierdonnant le feu à la composition du porte-feu du second,8c ainsi des autres.
Trompe ou Trombe, terme de mer. Il y en a de deuxsortes. La premiere n’est autre chose qu’une nuéeépaisse, comprimée, resserrée & réduite en un petitespace par des vents opposés & contraires, lesquelssoufflant en même temps de plusieurs côtés donnentà la nue la forme d’un tourbillon cylindrique, L fontque l’eau tombe tout à la fois fous cette forme. La- quantité d’eau en est si grande , & la chute en est siprécipitée, que si malheureusement une de ces trombestomboit fur un vaisseau, elle le submergeroit dans uninstant.
L’autre espèce de trombe s’appelle aussi siphon, chezles Latins typhon, s’éleve de la mer au ciel. Elle apour cause les feux souterrains ; car la mer est alorsdans une grande ébullition, & l’air est si rempli d’ex-halaífons sulfureuses que le ciel paroît couvert d unecroûte couverte de cuivre. M. de Buffon. Not. Hifl.M. Noliet ne parle que des trombes de la premiereespèce. On voit assez souvent , dit - il, sur mer , &plus rarement fur terre, un phénomène dangereux,qu’on appelle trombe ou trompe. C’est une nuée épaisse& alongée comme un cylindre , ou qui a la figured’un cône renversé. Elle jette à l’entour beaucoup depluie ou de grêle , & fait un bruit semblable à celuiTune mer fortement agitée: elle marche avec uneImpétuosité terrible, renversant les arbres & les mai-sons qu’elle rencontre, & submergeant presque tousles vaisseaux fur lesquels elle s’abat. Lorsqu’on ne peutl’éviter par la fuite, on tâche de la dissiper à coups decanon.
On a vu s’élever fur le lac de Genève , à environtrois coups de fusil de ses bords, une vapeur noire& épaisse qui paroillòit occuper un espace de 1 6 à 18toises de largeur, 8c un peu plus en hauteur, & quimontoir avec des éiancemens a fiez violens. La partiesupérieure de cette colonne aboutissent à un nuagenoir, & la partie inférieure, qui étoit plus étroite , screrminoit au-dessus de seau. Cette trombe se dissipaaprès quelques minutes, & ne fut suivie ni de vent nide pluie. On vit seulement les eaux du lac bouillon-ner, & une vapeur épaisse s’élever de l’endroit où elleavoir paru. Hisi. de l'Ac. des Sc. z 742 . 25 .
TROMPER, v. a. Abuser de l’ignorance, de la confiance,de la crédulité, de la facilité de quelqu’un. C’est, ditM. l’abbé Girard, faire donner dans le faux par dégui-sement , en donnant au faux l’air & la figure du vrai.Fallere , decipere. Il est plus honteux de tromper ,queô être trompé .. Dieu ne peut tromper , ni être trompé.Ceux qui se defient tantd’être trompés , le font presquetoujours. Peu de personnes se font un scrupule detromper au jeu. M. Esp.On.est quelquefois moins mal-heureux d’être trompé de ce qu’on aime , que d’enetre détrompé. LA Roch. Tous les rafinemens , &toute la politique d’un Ambassadeur, tendent à n’êtrepoint trompé , & k tromper les autres. La Br. H nefaut point dire, que Dieu nous a saintement trompés.Dieu ne trompe personne, & la sainteté ne fut jamaisjointe avec la tromperie. Ct. il n'y a personne qu’on
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puisse si facilement tromper , que ceux qui sont inca-pables de tromper. Le peuple est si grossier, qu’il nemérite pas qu’on le trompe avec adresse. Je lui de-mande par pitié de vouloir bien me tromper , & Ta-buler même du penchant que j’ai à me laisser trom-per. Vîle. On donne envie de tromper , quand on craintd’être trompé. Le Ch. de M. On a souvent plus depeine à se déguiser, & à tromper le monde, qu’à ac-quérir les qualités qu’on veut contrefaire. Bell. Lasociété n’est qu’un commerce de mensonges officieux,& l’on s’y fait une politesse de tromper, Sc un plaisird’être trompé. Fl.
Tromper, avec le pronom personnel, se dit de for-mé me , quand on tombe dans l’erreur, en prenantune chose pour une autre. Falli , decipi, errare , ab-errare. Les plus grands esprits font sujets à se tromper.Les esprits forts se trompent, de peur de sc tromper. Fl.A force d’être fin, on se trompe soi-même, & on netrompe personne. S. Amant. On ne surmonte qu’avecpeine la répugnance naturelle qu’on a à avouer qu’ons’est trompé. Ab. de S. R. Si je me trompe , je metrompe pour moi-même, & je n’ai point à répondre pourles autres. Nie. 11 y a des erreurs qui nous plaisent,& où notre cœur cherche à se tromper. Id. Nous noustrompons nous-mêmes de dessein prémédité ; on se fuitquand on ne veut pas voir qu’on a tort. M. Sc. LesLibertins peuvent-iis envisager tranquillement 1e pé-ril qu’il y a à se tromper, quand on se trompe pourtoute i’éternité? Pasc. Cet homme, si je ne me trompe,est un hypocrite. Ces jumeaux se ressemblent si fort,qu’il n’y a personne qui ne s’y trompe.
Ménage croit que ce mot vient del’Espagnol trau-pa, qui signifie un instrument à prendre des souris,que les Italiens appellent trappola, & les Latins deci-pula. Il vient plutôt du langage Celtique ou Bas-Bre-ton, où trompa signifie tromper, 8c irompler signifieun trompeur.
Tromper est aussi employé dans un sens figuré, où il adisterentes significations. On le dit souvent des chosesqui sont les causes ou les occasions des erreurs òu desméprises dans lesquelles nous tombons, 8c il signifie,donner lieu à quelque erreur, a quelque méprile. Nossens nous trompent souvent, & nous font voir ieschoses autrement qu elles ne sont. No's passions noustrompent, Sc séduisent notre jugement. Sa maladie n’apoint trompé les Médecins. L apparence du temps nousa trompé , & nous nous sommes mis en route.
Tromper signifie encore figurément, faire quelque chosecontre l’attente de quelqu’un , contre l’espérancé &l’opinion qu’on a conçue d une personne ou d unechose : ce qui se dit en bien & en mal. Ce jeunehomme a trompé notre attente. Vous avez trompé 8ctrahi mes désirs 8c mes espérances. S. Évr. Il s’est dé-robé à ma colère, 8c fa retraite a trompé ma ven-geance. Bos s.
On dit poétiquement tromper son ennui, ses peines,sc distraire du sujet de son ennui, de ses peines. Unfou rempli Terreurs, en vain monte à cheval pourtromper son ennui. Boi. Je cherchois'mille amusemenspour tromper mon amour 8c mon impatience.
Quelquefois pour tromper ma peine ,
Je m’en y ais rêver dans la plaine. Voit.
Les Latins ont dit de même, fallere spatiosam no-clem. Fallere sermonibus horas.
Tromper, surprendre, leurrer, duper, dans une signifi-cation synonyme. Faire donner dans le faux, dit M.J’abbe Girard, est l’idée commune qui rend synonymesces quatre mots ; mais tromper c est y faire donner pardéguisement, en donnant au faux l’air & la figure duvrai.
Il semble que tromper dise nettement quelque chosequi blessé la probité ou la fidélité. Voye\ les autresmots. II y a des gens à qui la vérité est odieuse ; il fautneccssairement les tromper pour leur plaire.
Tromper , Te dit proverbialement en ces phrases. Onappelle un niais de Sologne, celui qui se trompe f f° n