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Tome huitieme. [THA - Z.]
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TRU

TRUIE, f f. Vieux mor. Trêve, Armiflitium. La Chro-nique de S. Denis ms. de M. Justel Secretaire d u Roi,dit : ils avoìent brisé les truies qu iis avoient eniemblejurées. Borel.

TRUIE. fl £ La femelle du verrat, ou porc. Les truiesporécnc une grande quantité de cochons. Porca, jusfemina , scrofa. Pline dit qu’il y en a qui ont eu lOpetits en une portée. On en a vu en France qui en onteu jusqu a 37. Les truies portent deux fois fan, & sefont couvrir, quoiqu elles soient pleines, contre f or-dinaire des autres betes. La truie n’est pas d un fgrand usage parmi les alimens que le cochon, parceque fa chair n est pas d’un goût íì agréable. Lémery.

Ce mot vient de Troja , qu’on a dit en Latin en lamême signification. Ménage & Borel le dérivent de

porcus Trojanus. D’où vient qu’on dit trìoge en Lan-guedoc.

TRUIE, se dit auffi en style des Halles dune femme ex -trente ment grafle , qui a le sein fort gros. C’est uneinjure de trivio.

On dit proverbialement d’un homme qui mangegoulûment de quelque chose, qu’il en avaleroit autantqu’une truie de lait clair. Helluo , vorax. On dit auílitourner la truie au foin, pour dire, changer de dis-cours, parler d’autre chose , éviter de répondre à unechose qu’on demande. On dit auffi , c est une bonnetruie à pauvre homme, d une femme qui est fort fe-

La truie étoit la victime ordinaire de Cércs & de ladédie Telius. On sacrihoit auffi à Cybe*e un o truiepleine. Les traités de paix croient auffi confirmes parle sang d’une truie. v ,

Truie , étoit auffi une machine de guerre, ou eipece debélier. Boree. Us envoyerent quérir à la Ride ungrand engin qu’on appelle truie, lequel engin étoit detelle ordonnance, qu’il jettoit pierres de faix , & iepouvoir bien cent hommes .d’armes ordonner dedans,& en approchant assaillir la ville. Froissard. Vol. z.Ch. L. à l’an z 37S Jous Charles V.

TRUlR. y. a. Vieux mor. Trouver. Invenire , reperire.Voye[ Beaumanoir, p. 18.

Ains vuel quel me trust lault, (c. joyeux)

Je ne voy ne bas ne haut.

Thibaut Roi de Navarre,

TRUITE, f.s. Poisson d’eau douce, marqueté de plu-sieurs tâches jaunes & rouges. Trutta. La truite est urPoïllon d’un goût excellent. U est couvert de petite;ecaill es marquetées pour l’ordinaire de taches rouges ;° u vient ce vers,

Purpureifue falar fiellatus tergora guttis .

Boisson nage avec beaucoup d agilité & de vi-telle. On prétend que quand il entend le tonnerre, 1est teJement épouvanté, qu’il demeure comme im-mobile. Sa chair est peu charmée d’humeurs grolliere;& visqueuses ; elle est friable & facile à digérer. Lítruite en hiver perd presque tout son goût. On 1 ac-commode & on ía cuit de plusieurs manières disterenteson» la fast ou bouillir, ou frire , ou rôtir. On la meiauffi en pâte où elle est excellente. Quelques-uns hsalent pour la conserver plus longtemps - & pour htransporter d’un lieu dans un autre. La graille de 1 °truite est adoucissante, résolutive, propre pour .es hemorrhoides, pour les autres maladies de 1 anus, <■>pour les crevallès du sein. Lémery. ,

-B y a plusieurs espèces de truites qui different par !«stp? ° l r e ^ es habitent par leur couleur & P ar leur grans. r „ r ‘ Les unes se trouvent dans les rivières profondecoulp 1 eS ’-^T ^ es autres dans les lacs. Les unes ont unitòr , & les autres font rougeâtres, ou p,r

celées en t° U eur dorée - ce qui fait quellesíont axpèce plus ^ïndeir^f- Ensin U >’ e ?, a une . ^ einée, pa rC fquîue q a C h SaUtreS, ÌPP el mle saumon, par la fl^^up de ressemblance aveJ gure de íes parties tant interne

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qu’cxrernes. Elle n’est pas tout-à-fait si grande que lesaumon, & elle est plus estimée par son goût exquisque les autres espèces de truites.

Les truites doivent être choisies gradés, bien nour-ries , d’une chair rougeâtre , ferme , friable , savou-reuse, exempte de viscosité. Elles doivent auffi avoirété prises dans une eau claire , pure & limpide. Ellesfourniiîent un bon suc elles se digèrent facilement,& elles augmentent fhumeur séminale. Elles'se gâtent& se corrompent aisément ; c’est pourquoi elles nedoivent être gardées au sortir de seau que le moinsqu’il est possible. Elles contiennent beaucoup d’huile,& de sel volatil, &: médiocrement de flegme. Ellesconviennent en été à toutes fortes d âges & de tempé-ramens.

Il y a une espèce de truite peu différente de cellesdont nous avons parlé. Elle se nomme en FrançoisOmbre, & en Latin Thy mallus , parce quelle a uneodeur de thym. Sa chair est délicieuse , facile à digé-rer, d’un bon luc , & si salutaire qu’en quelques en-droits on en permet l’uíage aux malades. Elle a allezde ressemblance par la figure aux truites ordinaires.Elle habite comme elles dans des eaux pures & nettes.Elie vit des mêmes alimens, & on i’estìme davantagedans quelques pays pour son bon goût que les autresespèces de truites. Sa graillé est propre pour les tachesde la petite vérole , pour la surdité, pour les briiifle-mens d’oreilles, pour les taches & les cataractes de-syeux. Lémery.

Les truites se nourrissent dans des eaux de sourcesvives & claires. Les truites saumonées viennent dansles lacs, & ont la chair rouge comme le saumon, &íont quelquefois de la même grandeur. Les truites ontdes dents fur la langue, & mangent des poiflòns, desvers, & du gravier. Entre les postions d’eau douce,quelques-uns les mettent au rang des poissons saxa-tiles , parce qu elles se nourriflent entre les pierres &les cailloux.

Ce mot vient du Latin trotta ou trocla. Ménage.Ce mor ne vient point de trocla , qui est un postior»fort différent de la truite. Paul Jove & Ménage le íonttrompés ; mais il vient de trutta ou trucla , qui setrouve pour signifier truite ; & trutta ou trucla , selonquelques-uns, vient de trudere , parce qu’elles avancenttoujours contre le fil de i’eau. D autres croient quec’est un mot Allemand, de truclen , se preííèr, se pous-ser, parce qu’elies se pou flent toujours en avant. Pla-tine , de Objoniis, les appelle trutas-, à truendo : fem-per enim , dit-il, truta in adverjum flumen nititur ,advenientes undas juperare contendens. Trutta à tru-dendo quafi trufllis c’est adire, qui rcpoulle avecforce, parce qu’elle nage souvent contre le courant deseau, & qu’eíle repouííè les vagues avec une forceincroyable. Lémery.

TRUFFÉ, ée. adj. Se dit des poissons qui ont des tachescomme la truite. Il y a dans l’Anjou une espcce degouffre de 20 à 25 pieds d ouverture, qu on appellela fontaine fans fond. Tout ce qui y tombe est perdu.Cette fontaine a quelquefois des débordemens, mêmeen temps de séchereíie , & alors il en fort des poiflònsen quantité’, sur tout des brochets truités qu’on neconnoît point dans tout ce pays-là. Mém. de l’Acad.1741.

Truite , en termes de Manège, se dit du cheval, quandiur un poil blanc, il a des marques de poil noir, debai, ou alezan, particulièrement à la tête & à l’enco-lure. Equus albus variis intertinclus notis. On dit dememe, chien truite.

Pierre truitée ou tigrée. Quelques-uns ont donné cenom à des pierres semblables à l’a bitre, marquetéesde petites taches noirâtres & luisantes : ce qui faitqu’elles resiemblent à la peau des truites.

TRUITELLE. f. f. Petite truite. C’est apparemment destruitelles que Furetière a voulu parler, loriqu’il affitque ies truites des eaux de sources vives & claires íontpetites comme des harengs. Il y a des truites de cetteelpèce qui Iont fort greffes. Les truudles font appessesTrustons dans Don Quichotte. « Croyant qu il s agit» de Trustons, pourvu, dir-il, qu’il y en ait beaucoup,