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Comme l’usage est de dire turban au lieu de tulbanque dit toujours Du Loir, il semble qu'il faudroit aussidire Turbentoglan , au lieu de Tulbentoglan.
'TULCA. Voye\ Tulza.
TULE, ENTULE.Vieux mot. C’étoir autrefois uneinjure.
Quel ríaura j a honte émulé,
En íel accueil ria autre huile. R. de la Rose.
Que cil vilain cntuìc & sot. Id.
Si Jui je glus faiges que tules,
Bien Jeroie fous & émulés,
Se tel amour vouloir querre. Id,
TULIPE, f. f. C/est le nom qu’on donne à une forte deplante & à fa fleur. Tulipa. Cette plante poufíe unetige ronde , moelleuse, accompagnée de quelquesfeuilles longues, aílez larges, épaisses, dures, portanten fa sommité une feule fleur à six feuilles peu éva-sées, & dont le ventre est souvent plus large que f ou-verture , grande , ornée de belles couleurs, jaune oupurpurine, ou rouge, ou blanche, ou variée. Lorsquecette fleur est paflëe, il lui succède un fruit oblong,relevé de trois coins , & divisé en trois loges rempliesde semences fort aplaties. Sa racine est un gros oignonjaunâtre ou noirâtre, composé de plusieurs tuniquesqui ssemboëtent les unes dans les autres, garni defibres dans fa partie inférieure. On voit chez les Fleu-ristes une variété infinie de tulipes.
Ce mot est venu de Turquie, auíïi-bien que la fleur,où on l’appelle tulibant, à cause de la ressemblancequselle a avec la figure du tulbent, que nous appe-lons ici turban. Ménage. Thévenot dit que la tulipeest la fleur la plus commune des prés en Tartarie, où• on la nomme laie. M. Ménage appelle tulipomanie , lafolie qu’on avoir autrefois pour les tulipes. Il dit qu'ilavoir vu vendre un seul oignon de tulipe trois censpistoles. Il y a encore aujourd'hui des gens en Hol-lande qui en font fort entêtés.
On divise généralement les tulipes en deux classes,prises du temps où elles fleuristènt. On appelle les unesprintanières, & ses autres tardives ; nous en voyonsencore d’une autre fortequ’on peut dire méridionales,parce qtf elles fleuriísent entre les printanières & sestardives ; & de toutes les trois, nous en voyons dediversement colorées.
Des printanières, il s’en voit de plusieurs couleurs& de parfaitement belles, dont les unes font merveil-leusement panachées, & les autres simplement bordées.La fleur s'avance d environ trois semaines ou un moisavant les autres ; & pour cela elles se nomment prin-tanières. Pour les bordées, les plus belles font cellesqui ont la couleur fort éclatante, 1e bord grand & coupénettement.
Les tardives, a u/îî-bien que les méridionales, fontauísi de plusieurs sortes de couleurs ; les premieres fontsimplement bordées, elles font un peu plus en estimeque les blanches, jaunes & rouges ; les unes font rougesbordées de rouge ; & ce qui les fait un peu considérer,c est que la couronne qui est dans la fleur, est parfaite-ment ronde.
La seconde forte , font celles qui viennent par lemoyen des graines, & de celles-ci il s’en trouve desi diversement colorées, qu’il est impossible aux Peintresd en imiter le s couleurs : & quoique ces couleurs,comme couleurs , soient des moindres en beauté,néanmoins ce sont l es plus estimées, comme seulescapables de se changer en mieux, & les meilleurespour cueillir I es graines. II s’en rencontre auísi de gla-cées entre ces couleurs, qui so nt comme une elpèced’ombre , de moindre couleur que celles du corps.
La troisième sorte , sont celles qu on nomme pana-chées, entre lesquelles il y en a encore de plusieursTortes, dont les premieres & les moindres sont les pal-tots de couleur rouge & jaune, & de couleur blanche& rouge, & dont il y en a de deux sortes, ou de deuxclaílès.
TUL
Lapremiere fe nomme paltodi-, il a les mêmes'cou-leurs que le paltot, mais il est bien plus fin L bien plusnettement panaché ; il faut que xeiui-ci ait les pail-lettes noires ou brunes, si ce nsest serlqu’ils ont un fondnoir ; car alors il faut que les paillettes soient jaunes.
La deuxieme sorte de panachées se nomme moril-lon, il n’a que deux couleurs en fa fleur. Il y en a en-core de deux claílès, dont la seconde s’appelle moril-lon! ; il est beaucoup plus fin que le morillon , & sespanaches font plus nettement coupés.
La troisième forte de panachées fe nomme agathe:il en est encore de deux sortes, dont la premìere n’aque deux couleurs, & la deuxieme, qui fe nommeagathine , en a trois, & quelquefois plus. I/agathineest fans comparaison la plus belle agathe, & les cou-leurs sont plus distinctes & parfaitement détachées lesunes des autres.
La quatrième sorte est la plus belle de toutes , &se nomme marquetine , ou marquetrine : c’est cettesorte de tulipe qui emporte le prix fur les autres : ils’en voit de quatre ou cinq couleurs, & quelquefoisdavantage. La marquetrine est la plus belle, & ses pa-naches lont détachés ses uns des autres fans aucune di-minution , sont nets en leurs couleurs, & arrêtés parun petit bord comme un filet de soie bien délié, &c est à quoi on connoît les plus belles.
Il s’est trouvé encore une forte de tulipe d’une formeextraordinaire ; elle est bigarrée en ses couleurs, & af-freuse à voir , & pour cela s est fait donner le nomde monstre : on en voit de diverses couleurs.
Il en est d’autres qu’on nomme jaspées, lesquellesont bien plusieurs diverses couleurs, qui ne font passéparées ses unes des autres, mais se mélangent en-semble comme dans le jaspe.
Il s’en voit encore que Ton peut dire doubles, puisqtfelles portent jusques à zo feuilles & plus.
H s’en est vu , & on en voit encore, qui ont lesfeuilles de la fleur vertes, de deux couleurs : ,on lesnomme feuilles rayées , mais il s’en trouve peu debelles.
Quant aux qualités que doivent avoir les belles tu-lipes, il est à souhaiter que la forme & le vert ne soitni trop long , ni trop court, ni trop large , mais unpeu frise, <Sí qu il se couche fur terre -, s’il est rayé, ilen est plus beau. La tige est mieux quand elle nsest nitrop haute, ni trop balle. La portée ordinaire du plusgrand nombre des belles tulipes doit régler cela ; onne peut en prescrire une mesure juste , parce que laterre des jardins étant disterente, ou bonne ou mau-vaise, elle fait des tiges ou plus hautes ou plus baises.Il faut aussi dans fa hauteur, quselle soit assez fortepour soutenir la fleur : elle feroit un peu difforme, ílelle étoit trop grosse. La forme de la fleur est tout-à-fait à rebuter, quand elle est pointue : la connoifláncede la curiosité la doit rendre supportable dans une cou-leur, quand elle est camuse, parce que la feuille s’a-longeant un peu en se panachant, cet ester corrige cepetit défaut. Il ne faut point du tout .que la forme soitt chancrée par le bas de la fleur ; mais il faut que sesfeuilles soient larges à proportion de leur longueur.Les plus grandes fleurs bien proportionnées sont lesplus belles. Les tulipes doivent avoir six feuilles, troisdedans & trois dehors. Si elles en ont reglément ouplus ou moins, c est un défaut ; celles de dedans doiventêtre plus larges que celles de dehors : si elles étoienttoutes six égales, elles en feroient mieux -, mais ce fe-roit un défaut, si celles, du dedans étoient plus petites.Il ne faut point estimer celle dont la forme est belle enentrant en fleur, mais qui deux ou trois jours aprèss’alonge & se gâte, non plus que celles qui étant fleu-ries , renversent leurs feuilles par dedans ou par dehors,ou qui se godronnent. Il est de conséquence que lafeuille de la fleuir soit épaisse & étostée pour durerlongtemps en fleur ; une tulipe qui dure peu, nsestpoint considérée, quelque beauté'quselle ait , & sestulipes dont les feuilles de la fleur sont minces , somquelquefois grillées par f ardeur du soleil avant q lîed’être fleuries. Toutes les tulipes ont du dos, celles qmen ont le moins, sont ses plus belles.
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