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Tome huitieme. [THA - Z.]
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.Prendre le turban - c’est se faire Turc ou Mahométan.Turcicum galerum & impietatem induere , ejurareCkriftianam Religionem.

Ce mot vient de tulbent > qui en langue Turquesignifie proprement de la toile de coton, parce quec’est de cette toile qu’on fait ordinairement les tur-bans. Ménage.

Turbans, f. m. Ce font des toiles de coton rayées,bleues & blanches, qui se fabriquent en divers endroitsdes Indes Orientales. On leur donne ce nom parcequ’elles servent à couvrir & faire ^habillement de têtequ’on nomme un turban.

Turbans. Voyez Saucissons.

TURBEj 'ou TOURBE, s.s. C’est la même chose. VoyezTourbe.

TURBË. s. m. Terme de Relation. Sépulcre chez lesTurcs. Sepulchrum, tumulus. Les Sépulcres des Turcsfont faits comme une chapelle ronde, & ils les appellentTurbês. Les Grands-Seigneurs, leurs femmes & leursenfans font inhumés dedans, & les représentations fontcouvertes de grands poêles de velours noir, ou tanne,richement brodé des chiffres du nom de la personne,avec sa ceinture, son turban & sa coiffure. Du Loir,p. 49. go. Ces Turbés sont joints aux Mosquées. Id.La Mosquée du Sultan Bajazet, qui est plus petite queles autres, a pourtant toutes ses appartenances, ex-cepté des Turbés. Id. p.g8. Les bains & l’Hôpital dela Mosquée du Sultan Achmet répondent à la gran-deur de celui qui les a bâtis, lequel est enterré dansun Tarbé , & fa femme dans un autre. Id. p. g8. Lecloître de la Mosquée de Sultan Muhemmet est astèzbeau; mais le reste du bâtiment n’est pas si magnifiqueque celui des précédentes ; & entre les Turbés qui yfont, on volt celui de Sultan Muhemmet , & celuid’une Sultane, qifils disent avoir été Princesse Fran-çoise. Id. p. 61.

TÙRBENTOGLAN. Voyez Tuebentoglan. ,

TURBIER. s. m. C’est la qualité qu’on donnoit aux té-moins ouis dans les enquêtes par turbes , dont les dixne font comptés que pour un. Teftis turmarius, Voye\Enquêtes.

TURBINE, f. f. Espèce de petit échafaut, 011 de jubéqui est élevé dans les Eglises, otì se mettent pourchanter quelques Religieux, ou pénitens qui ne veulentpas erre vus. On le ditauíîì, en quelques endroits deslieux ou 1 on met les orgues, ou des Chœurs de Mu-siciens. Theatridium, parvum pulpitum.

TURBINE , ée. adj. Terme de Conchyliologie. Turbi-natus. C’est l’Épithète que les Naturalistes donnent àde certains coquillages ronds qui tournent en voluteou spirale , & finissent en pointe. Ce mot vient de tur-bo , qui lignifie un sabot, une toupie dont jouent lesenfans, parce que les coquilles qu’ils appellent turbi-nées, vont toujours en diminuant comme le sabot. Cemot est impropre. Toute coquille est turbinée, si cen’est dans un sens , ce fera dans un autre ; si ce n’esten dehors, ce fera en dedans. L’oreille de mer, parexemple, qui est toute plate, & qu’aucun Auteur n’adit être turbinée , est néanmoins contournée dans fasuperficie plate, où l’on peut compter les révolutions& l’œil de la volute, quoiqu’applatie. Voyez Con-tournée.

TURBINITE. f. f. Terme d’Histoire Naturelle. Co-quille univalve, en spirale, qu’on trouve dans le seinde la terre. On les appelle aussi volutites , & strom-

^ bites. Strombus j conque marine tortillée.

lURBlT , plus communément TURBITH. f. m. C’estune racine longue, grosiè comme le doigt,résineuse,griie-brune en dehors, blanchâtre en dedans. On l’ap-porte des Indes Orientales, fendue dans fa longueuren deux moitiés, & mondée de son cœur. Lorsqu’elleest dans la terre, elle poustè des sarmens gros commele doigt, longs quelquefois de six ou sept aunes, dontquelques-uns rampent par terre, & les autres s’entor-tillent autour des arbres & des arbrislèaux voisins. Sesfeuilles font astèz semblables à celles de la guimauve ;mais un peu blanches, veloutees, anguleuses, créne-lées en leurs bords , attachées par des queues deMoyenne longueur. Ses fleurs font semblables à celles

TUR

du liseron, de couleur incarnate ou blanche. Lorí-qu’elles font passées, il leur succède de petits fruitsmembraneux qui renferment chacun quatre semencesgrosses comme des grains de poivre, à demi-rondes,anguleuses, noirâtres. Cette racine est appelée en La-tin turpethum , ou turbith. M. Ray appelle La planteconvolvulus Indicus alatus maximus , foliis hibiscononnihil fimilibus angulos s. Le turbit est un violentpurgatis ; on s’eri fert dans í’hydropisie , dans la para-lysie , dans 1’apoplexie.

Les Chimistes appellent aussi turbit minéral , un pré-cipité jaune de mercure qui purge avec violence, &qu’ils nomment ainsi, à cause qu’il trouble toute l’éco-nomie du corps. Turbifum minerale.

Turbit - batard. Plante. Voyez Thatsìa , c’est lamême chose.

TURBOT, s. m. Poiffon de mer, plat, & de figure presqueronde , approchant un peu de celle d’un losange. C’estpourquoi on 1 appelle en Latin Rhombus. Le turbot estun poiílón de mer que l’on trouve par-tout, & en touttemps. II y en a de fort grands dans l’Océan. C’est unmets friand qu on sert sur les bonnes tables. Juvénala fait une satyre sur une consultation que fit Domitien,en plein Sénat, de la manière dont on devoir accom-moder un turbot monstrueux dont on lui avoir faitprésent. Falloit-il le couper, ou le faire cuire tout en-tier ? Tel étoit le sujet de la délibération. Il fut arrêtéqu’on feroit fur le champ un vase de terre astèz grandpour contenir ce monstre tout entier, & qu’il y auroitdéformais des potiers à la fuite de la Cour, pour neplus se trouver dans le même embarras.

Rondelet décrit deux espèces de turbot ; le turbotpiquant, aculeatus , parce qu’il est tout hérissé d’ai-guillons, particulièrement vers la tête. Lé turbot listé,Icevis, parce qu il est fans piquans.

Quelques-uns 1 appellent Faisan d’eau , Phafianusaquaticus , a cause de la délicatestè de sa chair, qui ap-proche de celle du faisan. Il est salutaire, & il produitplusieurs bons esters, parce que fa chair est médiocre-ment serrée en ses parties, qu’elle contient une portionconvenable de principes huileux & salins, & qu’elle estun peu chargée de sucs visqueux 8c grossiers. Ce pois-son doit être choisi frais , épais, bien nourri, & d’unechair ferme. Il nourrit beaucoup , il se digère facile-ment, & produit un bon íuc. Sa chair est estimée pro-pre pour les maladies de la rate, étant appliquée destusjElle ne produit de mauvais effets, qu’autant que l’on 1en uíè 'immodérément. Elle contient beaucoup d’huile& de íel volatil, & médiocrement de flegme. Ce pois-son convient en tout temps, à toutes sortes d’âges &de tempéramens.

TURBOT1N. f. m. Petit turbot ; turbot de la petite es-pèce. Les turbotins sont plus délicats que les grandsturbots. Rhombulus.

TURBULEMMENT. adv. Dune manière turbulente»Turbulentè. Les délibérations qui lè font turbulem-ment, ne réuffistent guere. Ils n’agistoient point turbu-,lemment comme dans une émeute populaire. Abianc.’Le Pere Bouhours n approuve pas ce mot. CependantAbiancourt & Danet s en fervent, & beaucoup de gensqui parlent bien, ne le désapprouvent point.

TURBULENCE, f f. Impétuosité, inclination à excitesdu trouble, du désordre. Motus impetuofus. Chaquepassion a plus ou moins de malignité, félonie degréde son impétuosité , & de fa turbulence. M. Esp.

TURBULENT, ente. adj. Qui est violent, remuant,impétueux, qui aime à brouiller, a exciter du désor-dre. Turbulentus , turbidus. Ceux qui sont brouillons& turbulens , ne font point propres au gouvernement.Les esprits turbulens font dangereux dans la société.La colere , l’ambition , sont des passions turbulentes ,qui ne laissent point un homme en repos. Saint Paul,en bannissant les mouvemens turbulens que donnentles foins du monde, ne livre point les âmes à la non-chalance & à l’oisivete. M. Boss.

Turbulent , se dit aussi des chevaux de mancge. Chevalinquiet & turbulent-, pour dire, Cheval vif & toujoursen aólion. Guii.let. Turbulentus , saltitans.

TURC, Turque, f, m, & f, Nom propre de peuples ori-ginaires