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Tome huitieme. [THA - Z.]
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flotter , & ils vont nus pieds en signe de liberte. LesBonzes vont la tête rase. La chevelure déliée, longue& négligée, est la plus estimée. Les hommes ne fontque rarement vêtus à cause du chaud; mais leurs ve~temens ont je ne sai quoi de grave & de majestueux;mais ils s’en chargent le moins qu’ils peuvent. Lesplus riches & ceux qui font en quelque considération,au lieu de chemise, portent ordinairement unê fonta-nelle de soie , qui les couvre jusqu’aux genouils, à ladiftérence du menu peuple , qui n’en a que de toilefine, Sc par deílus une longue robe comme nos robesde chambre, dont 1 extrémité bat fur le cou du pied,avec des manches de la largeur d une demi-aune &de la longueur de la robe. Pour íè distinguer des Chi-nois qui des deux lez de devant mettent le droit furle gauche, ceux-ci font paste t le gauche fur le droit,& le lient avec un ruban à quatre doigts au destûs dela hanche droite. Leurs habitations & leur façon ordinaire de bâtir est fort simple, & toujours mal concue& fans destèin. Celles mêmes des Mandarins ne fontornées que de nattes de jonc. Voye\ la Relation duTunquin par le P. Marini. C. 4.

Les Tunquinois font astèz bien faits, leut teint estolivâtre, ils fe noircistènt les dents, & les plus noiresfont les plus belles; ils adorent le ciel, le soleil, la lune,& les cinq parties de la terre, í’orìentale, Toccidenta.e,la méridionale, la septentrionale, & la mitoyenne, &ils croient la métempíycoíe. Cependant les Relationsdes Missionnaires marquent qu il y a aujourd'hui ungrand nombre de Chrétiens, & quelques-uns y ontenseigné publiquement le Christianisme, avec la per-mission du Hoi. On connoît par le témoignage des An-ciens & les monumens qu’ils ont laissés, & dans lesmédailles & dans les inscriptions, que les soldats qu ilsmettoient fur leurs vaisiëaux , faifoient aussi la fonc-tion âe rameurs, comme les Tunquinois le pratiquentau jourd’hui, & comme les Poètes disent des Ârgo-oautes, qui fufpendoient leurs boucliers aux côtés duVa istèau , pendant que la rame les occupoit. Huet.à Com. Ch. 46.

2UNZA. Nom d’une petite rivière de la Remanie.Tnnpt, anciennement Tanarus. Bile fe décharge dans1 Archipel, près de la ville d Éno, du côté du levant.Maty.

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*LUORBE ou TEORBE. f. m. BroíTard écrit que l’on ditcn François Théorbe, ou Tuorbe , ou Tiorbe. Aujour-d’hui Tiiorbe est seul usité. Instrument de Musique faitcn forme de luth, à la réserve qu’il a deux manches,d°nt le second qui est plus long , soutient les quatredamiers rangs de cordes pour faire les fous plus graves.V'curnana ci-hara. . .

Le tuorbe est un Instrument qui depuis environ 50ou 60 ans a succédé au luth, pour jouer ies baíïes-con-tmues ; du mot Tueorba. On prétend que c est le sieurHotteman si f ameux bailleurs pour le jeu & les piecesde la balle de viole , qui en a été {'inventeur enFrance, d’où Iusage s en est introduit en Italie & ail-leurs. Il tient beaucoup du luth, le corps & le manche

étant à peu de chose près, semblable dans l’un,& dans

1 autre ; mais il en distère en ce qu’il a huit bastès ougrosiës cordes plus longues deux fois que celles duluth ; & cette longueur en rend le son si moelleux, &ait qu il s’enttetient si longtemps, qu’il ne faut pass et °nner si plusieurs le préfèrent au Claveffin. Dumoins il a cela de plus commode, qu’il sc peut tranl-Portet facilement ost l’on veut, &c. Toutes ces cordesle?k°sr^ nairemcnt simples, mais il y en a qui doublentleu m CS ^ nne petite octave, & les cordes du petitpour-] Un , à la réserve de la chanterelle ; &

luth (?, rS j Com me il a beaucoup plus de rapport auArchileùtr, e tuorbe ordinaire, les Italiens le nommentBrossard r U ArchiIiuto ; & les François Archiluth.les bastës-côim S tUorbes servent dans les concerts ponttenir leur voixi^' & à ceux st ui chantent, pour sou-de mot vient dp Ft 1

chose. On tient quecVfti tÌOr ì a si S nifiant la mem , C" est le nom de celui qui l’a invente.

TUQ TUR

T U Q

TUQUET. f. m. Sorte de hibou ; en Gascon, Petit Duc,Scaliger. Ménage. Borel.

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TUR, THUR. Nom d’une des principales rivières dela Suisse. Thura, Tura. Elle traverle les terres de S*Gai, leTurga propre, où elle baigne Phin, & entrantdans le Canton de Zurich, où elle se décharge dans leRhin, à deux ou trois lieues au-destous de Schaftoufe.Maty.

TURANO, ou SALTO. Noms d’une rivière du Royaumede Naples. Fluvius Turanus , Saltus , anciennementTelonius. Elle naît près de Tagliacozzo, dans l’Abruzzeultérieure, & se décharge dans le Vélino, un peu au-desiòus de Riéti, en Ombrie. Maty.

TURBAN, ou TULBENT. f. m. Coiffure de la plupartdes peuples Orientaux & Mahométans. Turearum ga-lerus. Du Loir écrit toujours tulbent. Sa ceinture, Iontulbent & fa coiffure, Du Loir. p. 50. Mais aujour-d’hui, & depuis longtemps, l’ulage est de dire turban»Un turban ou Saric est compolé de deux pièces, d unbousier & d une lesté. La sellé est une longue pièce detoile fine , ou de taffetas artistement pliée, & qui faitplusieurs tours autour du bonnet. Les Turc^ nommentle linge tulbent , d où nous avons fait turban. Tour-nefort. Le bonnet est une manière de toque rougeou verte , fans bords, astèz plate , quoiqu arrondiepar-destus, mateìastée, pour ainsi dire, avec du coton;mais eile ne couvre pas les oreilles. On rouie autourde cette toque un linge de coton fort clair, lequel faitdifferens tours en divers feus. Il y a de la science àsavoir donner le bon air aux turbans , & c’est un mé-tier en Turquie, comme chez nous de vendre des cha-peaux. Les Émirs qui fe vantent de descendre de larace de Mahomet, portent le turban tout vert ; celuides autres Turcs est ordinairement rouge, avec la festeblanche. Il faut changer louvent de turban pour êtrepropre : à tour prendre, cet habit ne laisiè pas d’êtreallez commode , & je rn’en accommodois mieux quede mon habit à la Françoise. Tournefort, Voyage ,T. II. p. 99. Le turban du Grand-Seigneur est groscomme un boiíìeau, & tellement respecté pat les Turcs,qu’à peine oferoient-ils y toucher. Les Caziarquiersportent des turbans gros pour le moins d’un pied &demi de diamètre. Du Loir. p. 229. Dans la cérémo-nie du convoi du Grand-Seigneur le turban des Visesest ceint d’un petit crêpe noir. Du Loir. p. i%i. Lebonnet du turban des Turcs est de toile de lin blanche;celui des Perses est de laine rouge. Ce font des marquesde Religion. Sophi, Roi de Perse, qui écoir de la sected Ali, prit cette couleur pour fe distinguer des Turcs,qui four de la secte d Omar, & que les Perses & routela secte d’Ali regardent comme des Hérétiques. LeGrand-Seigneur porte a ion turban trois aigretes en-richies de diamans & de pierres précieuses. Le Grand-Visir en a deux. D’autres Officiers en ont aussi deux •mais l’une plus petite que l’autre. D’autres n’en ontqu une, & d’autres n’en ont point du tout. Le turbandes Officiers du Divan s’appelle Mugenezek, & estd’une forme particulière.

j Ce mot vient de l’Arabe, , dur, ou *rn, dur,

ou htn, & bn, dul, qui signifie entourer, environ-ner , & , band ou bend , qui signifie écharpe ,

bande, bannière, de forte que durbent, ou turbent,ou tulbent, ne signifie autre chose que bande, ouécharpe entourée , & c’est la sellé qui donne le nom àtout le turban. Voye\ Du Loir & Tournefort cités,& Richard , de l’Empire Ottoman. Les Émirs ou pa-rens de Mahomet ont le privilège de porter le turbanvert.

Le turban fe prend aussi pour la marque d un Ma-hométan , la profession du Mahométifme. Ainsi Mal-herbe a dit :

O combien lors aura de veuves,

La gent qui porte le turban !