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Ton a rapporté ci-desíiis de Plinen’estpas sûr, parce,-que cet Auteur ne nomme point la déesse Tutéline,mais feulement, après avoir parlé des Fornacales &des féries consacrées aux bornes des chemins : forna-calia f arris torrendi ferias & œquè religiosas terminisagrorum ; car, ajoute-t-il , c’étoient les seuls dieux quel'on connût alors, & qu’on appeloïr Seja à ferendo , &Segesta à segetibus. U ajoute : Tertiam ex his nomi-nare sub tecto religio est. Il n est pas permis de nommerla troisième dans les maisons. Cœlius Rhodiginus, Lecl.Antiq. L. XXI. C. LA , croît que cette troisième déeíleest Tutéline , parce que c'est la troisième déesse quiavoit foin des fruits de la terre , comme il paroît parS. Augustin, de Civitate Dei Lib.IV. C. 8. Turnebeest de même sentiment, Adverf. L. XX. C. 36, 8c Pa-melius , dans lès notes fur Tertullien , est de mêmeavis, auffi-bien que Voíïïus, de Iâolol. L. II. C. 61.Mais le P. Haroeuin, dans ses notes & fes correctionsfur Pline, L. XVIII. not. 1. prétend qu’ils fe trompent,que cette troisième est Segesta. Il ajoute qu ils sefondent apparemment fur Macrobe , L. I. C. 16. ou ildit que che\ les anciens Romains , celui qui nommaitla déesse Santé , Se monte , Seja , Sejetie & Tutiline,
-,observait les féries : Que cet endroit ne prouve rien,parce que Macrobe disant la même chose de iotites•ces divinités, Pline peut avoir entendu fune auffi-bien•que l'autre. Pourquoi feroit-il défendu de nommerTutéline dans les maisons, que l’on nommoit lur lesnavires, comme il paroît par Pétrone ? Son sentiment-est donc, que cette troisième déefle pouvoit êtreMéja;-que Tertullien parle d une Meffia, ainsi nommée àMefibus, de la moisson dont elle avoit foin ; qu’onsuroît bien pu faire Meja de Meffia , comme on avoitfait de Seffia, Séja ; que Meja approchant d’un motpeu honnête, ce pouvoir être la raison pour laquelleil n'étoir pas permis de la nommer. Après tout, il aime■encore mieux dire que c’est Ségejìa ou Sé getia ; qu’en•effet des trois divinités que Pline a nommées, c'est latroisième ; que ces trois divinités font le dieu Térme,Seja & Sejesta ; que le nom Segesta approchant dunom mal-honnête, Egesta ou Egestas , on avoit dé-fendu de le prononcer ; que c’est ainsi que pour la-même raison, selon Festus , on avoit appele Segesta ,la ville qu'Ënée son Fondateur fit nommer Egesta, dunom d’Egestus le premier Gouverneur qu il y mit.Ces raisons ne sent pourtant pas convaincantes. Aucundes Auteurs dont on a parlé, ne fe fonde fur les pa-roles de Macrobe. Rhodigin ne les rapporte pas même;Turnébe & Pamelius les citent, mais pour un autrepoint. Il est vrai qu’on appeloit les figures que l’on■mettoit à la proue des navires, Tutela, mais non Tu-telina. Pour Meja, c'est une conjecture que le P. Har-douin lui-même abandonne. Celle qui roule fur Se-gesta n'est pas mieux fondée : Pline parle à la véritédes bornes des heritages ; mais il ne parle point dudieu Terme ; ainsi Segesta ne peut être que la secondedes divinités qu’il indique ; que par conséquent la troi-sième est une divinité qu'il n’a point nommée. Com-ment la nommeroit il dans l’endroit même où il ditqu'il n’est pas permis de le faire ì Et quoiqu’écrite cenom ne soit pas proprement le prononcer, il semble■pourtant que Pun a dû être défendu comme l’autre.Tenons-nous en donc à Tutéline, & remarquons feu-lement en finissant , que quelques-uns la nommentTutiline, & d'autres Tutuline ; mais il nous paroît queTutéline est mieux, parce que de Tutela on a du faireTutelina , plutôt que Tutilina ou Tutulina.
TUTEUR, st m. Tutor , velpupillarís custos. Tutrice.Tutrix, st f. Qui ect élu pour avoir foin de la personne& des biens des enfans qu'un pete ou une mere ontlaisses en bas âge. P ar la coutume de Normandie , lepere est tuteur naturel de ses enfans. Celui qui est nom-me tuteur ou par testament, ou par les parenS, fe peutfaire décharger, s il a cinq enfans vivans, s'il est char-gé dune autre tutelle considérable, s'il est mineur de25 ans ; s'il est Prêtre, ou Régent dans une Université;s'il a des procès avec les mineurs, ou s il a eu des ini-mitiés capitales avec le pere des mineurs. Voye^ Tu-TSLtE. Un tuteur honoraire , est celui qui n a que le
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foin de la direction des affaires d'un mineur de qua-lité. Tutor honorarius. Un Tuteur Onéraire est celuiqui les sollicite, qui reçoit leurs revenus, & qui rendcompte. Tutor Onerarius.
En Normandie le tuteur honoraire _, qui n’est quepour le conseil, s'appelle tuteur consulaire ; & le tu-teur onéraire qui gere les afiaires de la tutelle, s'ap-pelle tuteur actionnaire.
Un mariage d’un mineur, fans f autorité de ion tu-teur est invalide. Cette femme a agi en ce procès tanten son nom, que comme mere & tutrice de fes enfans.Les tuteurs peuvent tout .pour leurs pupilles & riencontre eux ; & les mêmes loix qui les mettent dansla nécessité de conserver les intérêts des mineurs, lesmettent dans l'impuisiknce de les blelïèr. Font.
Tuteur aux enfans à naître. Celui qui est nommé pourprendre les intérêts des enfans qui ne font pas encorenés, & pour lesquels il y a des droits à conserver.
Tuteur au posthume. Celui qui est nommé pour veilleraux intérêts d’un enfant conçu , mais qui n'est pas en-core né, & donc le pere est mort.
Protuteur. Celui qui fans avoir été nommé tuteur entient lieu, & devient comptable. Tel est le secondmari d’une femme qui étoit tutrice de ses enfans.
Co-Tuteur. Celui qui est tuteur conjointement avec u»autre. Subrogé tuteur, est celui qui défend le mineur,quand son tuteur a quelques actions à diriger contrelui. Tutor subrogatus. C'est aussi celui qui assisté à l'in-ventaire que fait le tuteur, afin qu'il y ait un contra-dicteur légitime.
Lorsque le conjoint survivant est tuteur de fes en-fans , on nomme un subrogé tuteur, pour servir de con»tradictetïr vis-à-vis du pere ou de la mere qui peuventavoir des intérêts distérens de ceux des enfans.
Tuteur , fe dit figurément d'un protecteur, d’un dé fai-seur. Protector , defenjòr. Un bon Roi doit être lepere & le tuteur de les lujets. Fén. La colère est commeun e tutrice que la nature a donnée à l’hcmme pour laconservation de fes droits : elle lui inspire le deiìr , &lui donne la force de les défendre. M.Esp. Qu’est-cS'dans. une Communauté Religieuse qu'un Supérieur »C’est le protecteur & le tuteur de la règle, quiparunéobligation propre & spéciale doit la soutenir, doit fau-'torilèr, doit la défendre & la venger. Bourdal. Ex-hort. Tom. I. p. zs.6.
TUTEUR. Terme de Jardinage. C'est un pieu plus ou'moins long que l’on pique auprès de la tige d’un jeunearbre pour le fouteny:, & pour le faire monter plusdroit. Fulcrum , adminiculum , palus.
TUTHIE, ou TUTIE. f. f. Suie métallique, formée e»écailles voûtées ou en goutières, de différentes gran-deurs & épaisseurs, dure, grise, chagrinée en dessus,& relevée de beaucoup de petits grains gros commedes têtes d'épingle ; ce qui l’a fait appeler par les An-ciens .Jpode en grappe. Elle fe trouve attachée à desrouleaux de terre, qu’on a suspendus exprès au hautdes fourneaux des Fondeurs en bronze, pour recevoirla vapeur du métal. La tuthie vient d’Allemagne, deSuéde, & de quelques autres endroits ; on l’apportoirautrefois d’Alexandrie. Pour préparer la tuthie , on lafait rougir trois fois dans un creuset entre des char-*bons ardens , & on l’éteint autant de fois dans de seau-rose ; on la broie eníuite fur le porphyre, y mêlant 1»quantité qu’il faut d’eau rose ou de plantin, jùfqu’àce qu’eile loir en poudre impalpable ; alors on en formede petits trochifques qu’on fait sécher.' La tuthie estdésiccative, propre pour les maladies des yeux. On enfait un collyre avec de 1 eau rose. CadmiafoJJilis.
Ce mot vient de 1 Arabe tuthia.
TUTION. f. f. Vieux mot. Tutelle. Tutela. Au lieu d<?Tutelle & Curatelle, on difoìc Tution & Curation.
-8S TUTLINGEN. Ville d’Allemagne dans la Suabe,près du Danube , du domaine des Ducs de Wirtem-berg.
TUTOIEMENT. 1. m. Terme dont on fe sert pour mar-quer faction de tutoyer. En France, le tutoiement nestguère en uíage que de maître à valet, ou entre de*amis intimes. Acad. Fr.
M. de Voltaire remarque que le tutoiement a f° u *
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