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Tome huitieme. [THA - Z.]
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merce. Id. Ce fut pour favoriser le commerce de sanouvelle ville, qu Alexandre prit soin de gens soumisà ses volontés. Id. Tyr adoroit Hercule, & avoir unTemple fameux dédié à ce dieu. Nous avons beau-coup de médailles de Tyr, fur lesquelles cette villeprend les titres de métropole, de sacrée •& d'inviolable,& marque l’époque des Sélémides. Depuis rétablisse-ment du Christianisme, Tyr eut un Archevêque sou-mis au Patriarche d’Antioche, jusqu a Innocent III, quiJe transféra fous celui de Jérusalem. Tyr même l'an-cien n a été bâti qu’après Sidon. Il est pourtant très-ancien, puisqu il en est fait mention dans le Livre deJofue, XIX. 2p. qui en parle comme d une ville forte.

Le nom Hébreu & Phénicien de Tyr, est Tiï, Tjpr,qui signifie, rocher & citadelle , ville forte. Delà ion tvenus les difíérens noms quelle a eus chez les autresPeuples. Festus & Aulu-Geile , L. XIV. C. 6. disentque cette ville s’appeloit anciennement Sarra ; ce motétoit fait de TJora, ou Sora avec la terminaison Sy-rienne, ou la terminaison Latine féminine; &non-seu-lement il se trouve dans les fragmens d’Ennius, mais,Juvénal , Satire X. v. ;p. appelle Sarrana aulcea, destapislèries de Tyr. Et Silius Italicus dit Sarrana Juno ,L. VI. v.468. Sarrana caedes , L. VII. v.432. Sarra-nus Navita, un Nautonier Tyrien , L. VIII. v. 46.Sarrana Numina, les dieux de Tyr, L. IX. v. 202.&c. & Columelle appelle, L. IX. C. 4. la violette, Sa-rannarn, Tyrienne, pour dire,.purpurine, parce queIa pourpre se saisoit à Tyr, d’oiì vient qu’on sappeloitostrum Sarranum. Les Grecs appeloient Tyr, 5«?*,Sora, qui venoit du même mot Hébreu , d’ou s’est,faitauísi le nom Grec ou Latin Tyrus , & le FrançoisTyr. Cette ville s’appelle encore aujourd’hui Sur, ouSour.

Il y avoir encore d’autres villes qui portoient ce,nom, & Fon en compte quatre dans la feule Phénicie.Tyr étoit auíïï le nom de l’île fur laquelle cette villeétoit située, & de quelques autres îles.

TYRAN. f. m. Tyrannus , id est , Rex. Chez les An-ciens le mot d e Tyran n’étoit pas odieux, &signifioitseulement Roi ou Souverain , ou plutôt celui qui dansun État libre s’étoit emparé de l’autorité souveraine,quoiquÔ1 gouvernât suivant les loix de la justice & del’équité : mais comme les peuples aimoient la liberté,ils ont appelé Tyrans , tous ceux qui vouloient leurcommander absolument. C’est pourquoi chez les Grecsce mot fut pris en mauvaise part presqu’auffi-tôt aprèsqu’il fut en usage. Mais Donat a observé que chez lesLatins le nom de Tyran n’a été odieux que dans lesderniers siècles. Denis étoit Tyran de Syracuse. Phala-ris Tyran d’Agrigenee ; c’est-à-dire, simplement, Roide Syracuse, Roi d’Agrigente.

Aujourd’hui par Tyran l’on entend tout Souverain,usurpateur ou légitime, qui abuse de son pouvoir pourgouverner avec cruauté , avec injustice, pour oppri-mer la liberté publique, & violer toutes loix aux-quelles il substitue sa propre volonté. Le pouvoir deceux <Mi.ont l’autorite ert main n’est, & ne peut ja-mais être exactement égal à Ja juste étendue de leurautorité ; il est ordinairement plus grand que le droitqu’ils ont d’en user. C’est la modération ou l’excèsdans 1 usage de ce pouvoir qui les rend Peres ou Ty-rans des peuples. Tyrannus. Les Martyrs ont brave lacruauté des Tyrans. Néron & Caligula étoient decruels Tyrans. On a dit de César, qu’il falloir des ver-tus bien éclatantes pour faire un si illustre Tyran. S.Lvr. U sembloit que la haine des Tyrans eût coulédans le cœur de Brutus , avec le sang de ses ancêtres.S. Evr.

D u Tyran soupçonneux pâles adulateurs.

Bon.

Dieu qui est le maître des Rois, lâche les Tyrans dansfa colère, & les retient quand il lui p j a î t> f£^ ch#

Tyran, le dit austi d un particulier qui abuse de ionpouvoir , ou de l’autorité qui lui a été commise. Vio-lentam crudelemque dominationem exercens , violentusJiomo. Pendant les troubles le peuple est pillé & tour-

menté par les Grands, qui font autant de Tyrans. LesJuges éloignés des Parlemens s’érigent en petits Ty-rans, ils dominent en Souverains. Les Ariens étoientdevenus les Tyrans spirituels de l’Eglife. Herma n.L’Amant le plus accompli devient ingrat & tyran , dèsqu’il se croit aimé. Vin.

On dit d’un homme qui s’attribue plus d’autoritéqu’il ne lui en appartient dans une compagnie dont ilest membre, qu’il est le Tyran de fa compagnie : d’unhomme qui exerce durement son autorité dans fa fa-mille, qu’il est le Tyran de fa famille, de la femme,de ses enfans.

Et figurément, quel’usege est le Tyran des langues,pour dire , que c’est lui qui décide des expressionsd’une langue, & qu’il faut le suivre , même malgréles régies de la Grammaire. Quem penès arbitrium est& jus Ù norma loquendi.

Tyran , se dit auísi figurément en Morale, des passionspour cn marquer la violence. L’amour est un crueltyran. L’avarice & i’ambition font des tyrans qui nenous laissent aucun-repos. L’usage est le tyran deslangues. L’amour est le tyran des belles âmes. C’estêtre le tyran des conversations, que de parler toujours,& ne point laisièr parler les autres. M. Scud.

V Amour est un Tyran qui n épargne personne.

Corn.

L’homme a un si grand fonds de bifarrerie, qu’il se faitle tyran de lui-même , quand personne ne s inquiète, 1Bell. Les passions sont les tyrans de famé. Boil.

Amour, impitoyable Amour,

Tyran dont tout Jè plaint , Tyran que tout adore.

Des-H.

T ai Jervi deux tyrans - ,

TJn vain bruit, Ù T amour ont partagé mes ans.

La Font;

Grotius, pour prouver que les sujets ne doiventpoint résister, allégué l’exemple de Samuël, qui,pourdisluader le peuple d’Israël de prendre un Roi, luisaitse description d un Tyran, afin que ce peuple sûr quesi le Roi qu ils demandoienr, se portoit à telles injus-tices que celles dont il leur parle, le peuple seroit ob-ligé de les souffrir, parce qu’il contractoit cette obli-gation auísi-tôt qu’il se soumettoit à un Souverain.C’est pourquoi il leur dit même que le Roi auroitdroit de les faire esclaves ; il aura droit, difoit-il, deprendre vos enfans, & de les ateler à ses chariots, deles prendre pour porter les armes, pour cultiver sesterres, pour en faire ses artisans ; de prendre vos fillespour en faire ses servantesde prendre vos terres, vosvignes pour les donner à ses créatures, d’y mettre desimpôts & des droits pour en faire des largesses à sesdomestiques, de prendre vos valets , vos servantes,vos bêtes pour fon service, de vous faire esclaves.Alors, ajouta-t-il, vous crierez à Dieu, & il ne vous.exaucera point : mais Samuel ne vouloir dire autrechose, sinon que le Roi auroit pouvoir de leur fairetous ces outrages, fans qu’ils euisent droit de l’ernpê-cher par la force ; car du reste pour montrer qu’unRoi n’a aucun droit de faire ces violences, Dieu sa-voir déja déclaré par la Loi, en ordonnant que le Roidevoir avoir pour lui une copie de la Loi pour la liretous les jours de fa vie, afin d y apprendre à craindrele Seigneur son Dieu, & a garder ce qui y étoit or-donné ; qu’il ne devoir point s’élever d’orgueil fur sesfrétés, c’est-à-dire , les sujets, & qu’il ne devoir enfinjamais se détourner de Ja voie de Dieu, s’il vouloirrégner longues annees, lui & se postérité. CourtiN»TYRANNE, ff. Femme qui agit en tyran. Tyranniesmulier. Messieurs de 1 Académie n’ont point approuvéce mot, ou du moins ils ne lui ont point donné placedans leur Dictionnaire. Balzac s’en est servi. Zénobien’étoit pas un Tyran, mais une Tyranne. Bal. Per-sonne ne sa dit après lui.