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à VAL VAL
dit, Celâ vcíilt un écu , que vaut régit un écu, qui est:à l’accusatif. Mais on est convenu qu’il ne devient pointactif par cette construction. M. L. T. Ce verbe signifieAvoir une certaine valeur, soit intrinsèque, soit ex-trinsèque. Valere. Cette maison vaut tant. Cette étoffevaut dix francs faune. Le louis d’or vaut 24IÌV. Jen'ai rien qui vaille. La Bruyère a dit : de bien des gensil n’y a que le nom qui vale quelque choie. C’est unefaute. Valoir fait vaille au subjonctif.
Quelques-uns ont aussi voulu dire vaillant pour va-lant. Vaillant n’est point un participe. C'est un subs-tantif quelquefois employé adverbialement. 11 sert àexprimer le fonds du bien de quelqu'un, son capital.Le participe valant sert à exprimer la valeur d unechose. Ainsi ces deux mots ont leur place marquée ;& l’on dit, il a perdu tout son vaillant , il a cent milleécus vaillant mais l’on dit, quand il s’agit d’expri-mer une valeur, il a une terre valant cent mille écus.U a deux maisons valant cinquante mille livres.
On dit familièrement qu'une chose vaut de 1 argent,pour dire qu elle est d’un grand prix.
On dit de même qu'une chose vaut son pesant d’or,pour dire qu'elie est très-bonne dans son genre, &qu'on ne la peut trop payer.
On dit de même qu’un homme vaut son pesant ,pour dire qu'il a de très-bonnes qualités, particulière-ment celles qui regardent' la société.
On dit d une chose de peu de conséquence, qu’eliene vaut pas la peine d’y penser ; & d une affaite sé-rieuse ou importante, quelle vaut bien la peine dypenser , la peine qu’on y pense. Et pour marquer lemépris qu’on fait d’un homme avec qui on ne veutpoint entrer en contestation, on dit qu il ne vaut pas lapeine qu’on lui réponde.
Pour -marquer qu’une chose n’est d’aucun mérite,d'-aucun prix, d’aucune utilité, qu’elie n’a pas les qua-lités qu’elie devroit avoir, on dit qu’elie ne vaut riencette étoffe , ce cheval, ce discours ne vaut rien. Unhabit ne vaut rien quand il est usé , & qu’il ne peutplus servir. Un homme qui ne vaut rien est un mé-chant homme.
On dit encore qu’une chose ne vaut rien , pour direqu’elie ne convient pas, <ì u e ^ e Iliauva he relative-ment à diverses circonstances. Les aiimens indigestesne valent rien pour les estomacs foibles & délicats. Letemps froid & humide ne vaut rien pour les personnesqui ont une mauvaise poitrine.
On le dit encore des choses de mauvais augure.Ce malade maigrit à vue d’œil, cela ne vaut rien,cela ne signifie rien de bon.
Toutes ces façons de parler font proverbiales & dustyle familier.
Valoir , se dit auílì en parlant du revenu que rapporteune terre, une charge, une commission. Cette fermeyaut vingt-mille francs de revenu, bon an mal an. UnAmbassadeur considérant la richesse de la France, de-manda à Henri IV ce qu’elie lui valoit ; il répondit,Elle me vaut autant que je veux. Rec. des bons motsde H. IV. Dans ce sens valoir est actif, & signifie lamême chose que produire, procurer. Cette action lui_ a valu le bâton de Maréchal de France, que vous avalu cela ì Quem fruclum , quid lucri percepijîi ex eâre?
On dit proverbialement, tant vaut l’homme, tantvaut fa terre, pour dire qu’elie rapporte à proportionde l’habileté & de l’industrie de celui qui la fait valoir.
On le dit figurément des charges, des emplois quirapportent à proportion de l’habileté de celui qui íespossède.
Faire valoir une terre, la mettre en rapport. La faireValoir par les mains, c’est la régir , 1 exploiter ioi-meme, fans la donner à ferme.
Faire valoir s a marchandise fe dit proprement desjnarchands qui par leur adreíle ou leurs discoursdonnent une grande iaee de ce qu’ils veulent vendre :& figurément de ceux qui n oublient rien pour rele-ver le mérite de ce qu’ils font & de ce qu’iis disent.
Se faire valoir se dit en bonne part pour, soutenirson rang, sa dignité, ion caractère 3 donner une haute
idée de son mérite, de ses talens, &c. Les gens érìplace font quelquefois obligés de se faire valoir, & dene pas laitier prendre trop d’autorité à leurs subal-ternes. Pour se bien faire valoir il ne faut pas montrertout d une vue ce que l’on vaut. La Bruy.
En mauvaise part, c’est se vanter d’un mérite, desavantages qu’on n’a pas. C’est un fanfaron, qui ventse faire valoir.
On dit, faire valoir le talent, pour dire, tirer duprofit, de Futilité, des qualités qu’on a, & des occa-íiftns qui se présentent. Il se dit plus ordinairement e»mauvaise part.
On dit : Un homme ne vaut que ce qu’il se sait va-loir, soit pour dire, qu’un homme ne se fait estimesqu’autant qu’il fait usage de ses bonnes qualités*, soitpour dire, qu’auprès de certaines gens, ceux qui sevantent beaucoup, paroiífent plus que ceux qui parientmodestement d’eux-mêmes.
Faire valoir Ion argent, c’est le placer , le donnerà intérêt. Collocare pecuniam nominibus , ou in nomi-na. Argent qu’on 11e tait point valoir qui ne portepoint d’intérêts. Vacui nummi.
Valoir , se dit aussi des choses qui n’ont aucune valeurque dans l’opinion des hommes, selon le lieu ou onles met, selon les marques qu’on leur donne. Danscette acception valoir signifie tenir lieu , avoir la force,la signification. En chiffre Romain le C vaut cent. Enchiffre Arabe le o ne vaut rien , mais placé après leschiffres, il sert à les multiplier par dix. Un 1 devantun o vaut dix ; un 2 devant un o vaut 10, &c. Darisles distérens jeux, les jettons valent ce qu’on les taieValoir. En Musique une note vaut une mesure, unedemi-mesure. Une blanche vaut deux noires , unenoire deux croches, &c. Un as au piquet vaut onze,au hère il ne vaut qu’un.
On dit impersonnellement, il vaut mieux, pour dire,il est plus expédient. Satius est.
On dit des actes & des formalités qu’on fait par pureprécaution, qu’on les fait pour valoir ce que de raison,c est-à-dire , afin qu’ils puissent servir dans l’occasionautant qu’il sera juste & raisonnable. Style de Pratique.
Ou dit aussi, Yunvaut l’autre, pour dire, que deuxchoses font égales. Cela vauthït, ou, ceìaessfait,autant vaut , pour dire, qu’une chose est presqueachevee. Faclumputa. Tout coup vaille, est une fa-çon de parler des joueurs de paume , ou de bouse,pour faire valoir un coup joué hors de son rang. Ondit aussi adverbialement, vaille que vaille, pour dire,à tout hazard.
Valoir , se dit proverbialement en ces phrases. On ditau Palais, donner & retenir ne vaut , pour due, qu’ilfaut se dessaisit de la propriété d’une chose qu’ondonne. On dit aussi, que le terme vaut Fargent, quandon prend un long délai pour payer, ou accorder quel-que grâce. On dit qu’une chose vaut mieux denier ,qu’elie ne valoit maille, quand elle a été bien réparée,bien remise en valeur. On dit, je lai ce qu’en vautFaune, pour dire, j’ai passé par là, c’est une chose quej’ai expérimentée. On dit aussi, qu’un averti en vautdeux 3 pour dire, qu’un homme qui est fur les gardes,est dangereux à attaquer. On dit aussi, que e jeu nevaut pas la chandelle, quand on emploie bien du tempsou de Fargent à une chose qui n’en vaut pas la peine,qui ne rapportera pas grand profit. On dit, ii vautmieux laisser son enfant morveux, que de lui arrachesle nez. Il vaut mieux plier que rompre, se taire quede parler mal-a-ptopos ; pour dite, il faut souffrir unepetite peine, pour en eviter une plus grande. On disaussi, pour relever une personne qu’un autre méprise,que Monsieur vaut bien Madame , pour dire, qu’ilssont d aussi bonne maison, qu’ils ont d’auffi bonnesqualités. Et pour ravaler une chose, on dit qu elle nevaut pas un bouton, un clou à soufflet. On dit aussi,en ce monde chacun vaut son prix, pour dite, Fun estbon à une t hole, F autre à une autre, & qu’il ne fau cpas donner des louanges à quelqu’un qui vont à ra-baisser ies autres.
A VALOIR. Terme de Négoce-& de Finance, qui st? 0 ' 1 'fie, ce qu on fournit, soit en billets, soit en màrchan-