VEI
VEILLÉE, s. f. Temps de la nuit qu’on paííè à veiller.VigìUa nocturna. On doit à cette Garde quatre veil-lées de ce malade.
Veillée , se dit plus ordinairement de la veille que plu-sieurs personnes font ensemble ; & son principal usageest en parlant des assemblées que les gens de villageou les artisans font le soir pour travailler ensemble encausant. Nocturnes vigiliae ad consessum. Ils font allésà la veillée en un tel lieu. Au village on va à la veilléepour filer, tricoter, ou faire d’autres ouvrages. Chezles Artisans, on appelle pâté de veillée , un pâté queles Maîtres sont obligés de donner à leurs compagnonsle jour de la Saint Rémi, pour les avertir qu’il fautdorénavant se remettre au travail après louper. Chezles Foureurs, le pâté de veillée se mange dès la veillede la mi-Aout ; c’est dès ce jour qu’ils recommencentleur hyver, & à travailler le soir.
VEILLER, f. m. Les veilles, le travail continuel & aísidu,y i gu i ce ac labores. Régnier a fait en ce sens un subs-tantif de cet infinitif.
En vain par le veiller on acquiert du savoir ,
Si fortune s’en mocque ....
VEILLER, v. n. S’abstenir, s'empêcher de dormir pen-dant le temps destiné au sommeil. Vigilare , à somnoJe abflinere , in vigilia esse. Le Seigneur dit à ses Apo-des, Veillei & priez, pour ne tomber point en tenta-tion. Vigilate & orate , ut non intretis in tentationem.
Veiller, se dit aussi absolument, pour ne point dormir,«e pouvoir dormir. Vigilare, non posse quiescere. Soitstue je dorme , soit que je veille. Sive dormiam , sivevigilem. On dit auísi, quand on est surpris en admi-ration pour quelque accident extraordinaire, je doute1 Je dors, j e doute si je veille. Il a fallu longtempsveiller pour faire un si grand ouvrage.filler signifie auísi, pasièr la soirée, & bien avant dansa nuit, pour se réjouir, ou pour travailler. Noctem,partem noctis in deliciis terere , pernoctare. On vace loir veiller chez un tel, on y jouera , on y dansera.7^08 Ouvriers veillent, travaillent après souper. Les
y - ei 'vantes filent & vont veiller .filler signifie figurément, être attentif, prendre foin,prendre garde, Rappliquer, observer soigneusement,avoir l’œil sur quelque chose. Incumbere , animum in-tendere , curare, animadvertere. Je dors & mon cœurv sdle. Ego dormio, & cor meum vigilat. Il faut veillera son salut, & être toujours fur ses gardes. Les Cour-tisons veillent, & ont toujours les yeux ouverts, pournienager leur fortune. Cet homme est fort intelligent ;
1 Vt jse en faisant semblant de dormir. S. Évr. La Reine/ sans relâche fur fa conscience. M. B. La fonction, , a ^ ru< ^ ence est de veiller lans celle au dehors & au“ ^ de nous. S. Évr. Les loix veillent continuelle-r o.V 10tr L ^ìreté. Tour. Je veillerai fur moi-mêmep t 'r S ' pour ne pas pécher par ma langue
Cousin" ^ ei ^ €r à la conservation de sa personne,
Veiller est quelquefois actif. Veiller un malade. Veiller
auprès de lui pendant ] a nuit. Il y a des Prêtres pourl ed }er les morts , c’est-à-dhe, pour pasièr la nuit enPrières auprès des morts.
On yeilloit autrefois les armes. C’étoit une cérémome qu on faisoit pour recevoir les Chevaliers. On mervit ses armes dans une Chapelle, & le Chevalier lesnuit avant fa réception. Ad arma vigilareKo J e iv EIL1EDESARMES> r
y 5 _ n ^rmes de Marine on dit. Veiller le cable, c est^ Jï ar de. Ad rudentem vigdare. Veiller unener le if - a tenir à la main, toure prête pour ame-nir prête une écoute de hune 5 c est la te
ler ses K?, a . ecre Arguée. Veiller le côté des mâts, veil
Ondi ers ’ &c -
l’empêch e e r n í auconn erìe, Veiller l’oiseau ic’est-à-dire,pour le dress dormir : c est un moyen qu on a trouvéOn dit ausTï V^ ccl P Lt rem evigilare* cond,,u„ Sur ément, veiller q
\ et sa conduite
_, . quelqu’un , obser
» le suiyre de près. C’est: un jeune
VEI Z"
homme qu’il faut veiller de près. Il a de mauvais des-seins , il faut le veiller.
En termes de Palais, on dit que le Droit favoriseceux qui veillent , c'est-à-dire qúi font attentifs à laconservation de leurs droits. Jura vigilantibus prosunt.
Il faut veiller pour empêcher qu’on ne décrette desbiens qui nous sont hypothéqués. Un tuteur est obligéde veiller à la conservation des biens d'un mineur, Ondit auísi, tandis que le vassal dort, le Seigneur veille ;& que le vastàl veille, quand le Seigneur dort ; pourdire que quand le vassal néglige de porter la foi &hommage le Seigneur saisit le fief, & fait les fruitssiens ; & qu’au contraire le vassal gagne les fruits quandle Seigneur ne saisit pas.
On dit proverbialement, jeuneíse qui veille , Sc vieil-lesse qui dort, c'est signe de prochaine mort.
Veillé , ée. part. Voye[ le verbe.
VEILLEUR, f. m. C’est ainsi qu’on appelle à Paris l’Ec-clésiastique qui veille auprès d'un corps mort. Ad leb-etum, vel .ad cadaver excubitor. U faut prendre deuxveilleurs.
Veilleur. Qui veille, qui passe une partie de la nuit, oula nuit entière fans se coucher.
----- Voye^-vous là mon Maître ?
C’ejì U plus grand veilleur qui fi trouve peut-être .
JodeJet Maître-Valet, Act. i. Sc. z.
Non-obstant cette autorité, la signification de ce motdoit être bornée à l’Ecclésiastique qui veille la nuitauprès d’un corps mort.
VEILLOIR. f. m. Terme de Bourrelier & de Cordon-nier. C’est une manière de petite table où ces sortesd’Artisans mettent la chandelle & les outils dont ilsont besoin, quand ils veillent. Abacus sutorius noctur-nus. Apportez le veilloir. Mettez la chandelle sur leveilloir. Les Ouvriers sont arrangés autour du veilloir,pour profiter tous de la lumière.
VEILLOTE. f.s. Terme d’Économie r-ustique. C’est unpetit tas de foin qu’on ramasse avec la fourche, quandil est fané, & qu’on laiste encore quelque temps furle pré , en attendant qu’on en fasse de grosses meules,& qu’on l’enleve, Parvus fœni cumulus. Il faut douzeou quinze veillotes de foin pour en faire une charretée.
VEINE. f. f. Terme d’Anatomie. C’est un nom qu’ondonne à des vaistëaux qui reçoivent de toutes les par-ties du corps le sang que les artères y ont porté ducœur, & qui le rapportent au cœur. Vena. Les veinesfont proprement la continuarion des extrémités desartères capillaires qui se replient vers le cœur où ellesrapportent le sang que les artères ont porté aux extré-mités du corps. Les veines sont composées de quatretuniques. La première ou l’extérieure est faite de fibresnerveuses. La seconde est un tilîii de vaisseaux fort dé-liés. La troisième est toute parsemée de petites glandes.
La quatrième est composée de fibres museuleuses &annulaires. La groíîèur des veines est disterente , & leurnombre est fort grand. Elles ont dans leur cavité depetites membranes, ou valvules diíposées d espace eneípace de telle sorte qu’elles s’ouvrent du côté du cœur,& se ferment du côté des extrémités. Ces valvules ontle même usage dans les vaisseaux, du corps animal,que les soupapes dans les machines hydrauliques, c’est-à-dire qu elles empechent le retour du sang vers lesextrémités.
Les veines ne battent point comme les artères, &ont leurs membranes beaucoup plus minces. Elles nebattent point à cause que le sang qu’elles contiennent,est moins spiritueux que celui des artères, & qu’ilpasse d’un endroit étroit dans un large, au lieu quedans les artères il paííè d’un endroit large dans unétroit ; d’ailleurs les tuniques des veines sont plusmolles, & cèdent plus facilement. Les veines ont unmouvement péristaltique, qui dépend de leur tuniquemuseuleuse. Il y a deux veines principales où toutesles autres vont se terminer, la veine cave , & la veinepulmonaire. Celle-ci rapporte le sang du poumon auventricule gauche du cœur : la veine cave le rapporte