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Mdvenire, accidere fortuitb. Ces soldats ont tiré aubillet , il est venu à ce malheureux un billet noir. IÍ nem’est rien venu à la loterie. Le hasard voulut que nousvînmes à parler de cette aftaire. On dit auíïï, que les-choses vont & viennent, pour dire, tantôt dune façon,tantôt de sature ; qu'elles font tantôt cheres, tantôts bon marché.
En termes de Palais , on dit que les créanciersviennent par contribution fur des meubleí, quand ilsfont colloques ou payés au lou la livre. Creditor exfarte vigejìmâ, ex fembelld. On dit, venir à une suc-cession de son chef, ou par représentation ; y venir partête, ou par souches ; que des biens viennent du côtépaternel ou maternel, selon qu’ils font échus par luc-ceflron de pere , ou de mere ; que les biens viennentLux héritiers du côté & ligne dont ils font sortis; pourdire, que les paternels succèdent aux biens du pere,& les maternels aux biens de la mere. On dit auíïï,venir contre un Arrêt ; venir contre son propre fait,pour dire , le contester , fc pourvoir contre : venir àcompte , pour dire, compter , venir à partage , pourdire, partager : venir à composition, pour dire, com-poser, relâcher quelque chose de son droit. On dit auxAvocats qui plaident, vene\ au fait, yene\ au point,ad rem veni ; vertes à la conclusion, pour dire, coupezcourt, abrégez.
En termes de guerre, on dit venir aux mains ; pourdire, donner bataille, ou combattre. Manus conjerere,Trois escadrons vinrent fondre fur nous. Les ennemisvenaient à la file l'un après sature.
On dit auíïï, en venir aux reproches , aux injures,aux coups. Porter la dispute, pousser saigreur de laconversation jufqu'aux reproches , aux injures , auxcoups. Les héros d’Homère en yenoient aux injuresavant que d’en venir aux prises.
On dit encore, il en faudra venir à 1 a violence, à unprocès, &c. il faudra employer 1 a violence. Il faudraplaider., &c. Ces troupes font venues au secours de laplace.
En termes de jeu , on dit, laistèz-moi venir cettemain, faire cette levée-, je fuis le dernier, je le verraivenir , je verrai ce qu’il jouera. Voilà un jeu qui luiVient à souhait, il lui vient le plus beau jeu des cartes.
A la paume un joueur dit de me me à son compa-gnon , laiflez-moi venir ce coup la, pour dire, laiílez-moi jouer ce coup-là.
En parlant des choses liquides qu’on tire d’un ton-neau , il est synonyme de sortir.’ Le vin ne vient plusque goutte à goutte ; il vient trouble.
.Venir signifie encore, être convenable. Convenire , de-cere. Cette garniture vient bien fur cette étoffe. Cethabit vous vient à merveille , comme s’il étoit faitpour vous. Ce surtout lui vient bien, lui convient par-faitement. Ces deux couleurs viennent bien ensemble,s'astortissent bien.
Venir à cette façon de parler s’emploie souvent avectoutes sortes de verbes à finfinitif & la particule si,fans rien ajouter de particulier au sens du verbe aveclequel elle se construit. Ainsi son dit, s'il venoit àmourir, pour dire , s’il mourait. Si le secret venoit àêtre découvert’, pour dire, si le secret se découvrait.Incidit ut loqueremur j nous vinmes à parler, pour dire,nous parlâmes. Si ma lettre venoit à se perdre, on laprendrait pour une lettre d’amour. Voit. pour dire,h ma lettre se perdoit.
Il se construit de même dans plusieurs autres cas.Venir à bien, venir à bout, venir à la traverse, &c.dont il n est pas nécessaire de parler ici.
A Venir. Façon de parler dont on se sert pour désignerce qui doit arriver. Le temps à venir, les siècles à ve-nir^ Futura J cocula , ventura estas. Le peuple qui feracrée dans les siécles a venir, louera le Seigneur. Port-Roy.
En termes de Palais , donner, faire signifier un à ve-nir , plus ordinairement un avenir , dans un seul mot,donner une assignation pour venir plaider à certainjour, Denunciare.
Venir est quelquefois employé substantivement, commequand on dit, s aller & le venir.
On dit populairement & figurément de celui à quion a donné deux soufflets, qu’on lui a donné ì’alìer& le venir.
Venir ie dit proverbialement en un très-grand nombrede phrases. On chante tant Noël, qu'il vient ; pourdire, qu’une chose arrive , quand on fa longtempsattendue. Cela vient comme Mars en Carême : pourdire, ordinairement. Cela vient comme de cire, pourdire, fort juste, fort à propos. On dit auíïï, de quelpays ve/iq-vous ì D’oiì yeneç-vous ? à ceux qui igno-rent une nouvelle connue de tout le monde. On ditaussi à un valet quson envoie, tant que vous irez &viendrei , les chemins ne seront pas fans vous. On ditauíïï, voilà un beau vene^-y-voìr ; pour dire, c’est unechose qui ne vaut pas la peine d’être remarquée. On• dit aussi, que les biens viennent en dormant, à ceuxà qui il vient des biens qui ne leur coûtent rien à ac-quérir. On dit auíïï, ce qui vient par la flûte, s’enretourne par le tambour ; pour dire, qu’on dépensefacilement le bien acquis fans peine. Maté parta , malidilabuntur. On dit auíïï, au bon joueur vient la balle ;pour dire, que notre habileté nous fait trouver les oc-casions favorables pour profiter. On dit que les ma-ladies viennent à cheval , & s’en retournent à pied.On dit auíïï, qu’un malheur ne vient jamais tout seul.Ç’est par-là que Marot commence une de ses bellesEpîtres au Roi,
On dit bien vrai, la mauvaiji fortuneNe vient jamais qu’elle n’en apporte une >
Ou deux , ou trois , avecques elle , Sire ,
Votre cœur noble en sauroit bien que dire.
On dit encore, tout vient à point, qui peut attendre;pour dire , qu’on vient à bout de toutes choses avecde la patience. Patientia vincit omnia. On dit encore,après ìa pluie vient le beau temps. On dit auíïï, qu’unechose est venue de la grâce de Dieu, quand on ne saied ou elle vient , ni qui 1 a donnée. On dit auíïï , quichapon mange, chapon lui vient-, pour dire, que ie sbiens viennent à ceux qui en ont déja. Habenti dabi-tur & abundabit. On dit auíïï, c’est un homme quiest venu de rien, qui est venu tout en une nuit, commeun champignon : pour dire , qu’il s’est enrichi en peude temps. On dit aussi d’un homme surpris de quelqueaccident, qu’il est auíïï étonné que si les cornes lui ve-noient à la tête. On dit auíïï de celui à qui il vientquelque tentation, quelque envie de goûter d’un metsdont il entend parler, que seau lui en vient à la bouche.On dit aussi, après la panse vient la danse : pour dire,que la bonne chère excite à la paillardise. On dit auíïï,il est venu comme un tabourin à noces: pour dire,fort à propos : & à contre sens, il est Ie bien venticomme un chien dans un jeu de quilles. On dit auíïï,qu’un homme est venu la gueule enfarinée : pour dire,avec empressement, & avec dessein de profiter. Ondit auíïï, qu’il s’en est allé comme il étoit venu, pourdire , qu’il n’a rien fait de ce qu’il avoir envie de faire.On dit auíïï, faire venir quelqu’un à jubé, le faire ve-nir à k raison : pour dire, s obliger à faire quelquechose de raisonnable , & qu’on lui commande. On dicaussi, qu’un homme ne fait qu’aller & venir, lorsqu’ilne se tient point en repos, qu’il marche toujours , oubien quand il est peu de temps à faire quelque voyage.
C’est ce qu’on disoit du Cardinal de Joyeuse, Doyendu Sacré Collège , & Archevêque de Rouen , qui fai-soit des voyages continuels de Rome en France, &deFrance à Rome, ce qui lui fit donner pour devise, unechaîne de puits à deux sceaux, dont sun descend quands autre monte , avec ces mots, Va ù vient.
VENISE. Nom de k ville capitale de k République deVenise en Italie. Venetice. Elle est située dans le golfequi porte son nom, à une lieue de k Terre-Ferme,à trente-rtrois de Ravenne , à cinquante de Milan, àquatre-vingt-sept de Rome , & à quatre-vingt-quinz ede Vienne. Cette ville fut fondée fan 421 par lesj donans , qui firent quelques bâtimens dans file dej Rialto & dans les voisines 3 mais elle s’agrandit conso