YEN
parler - , mais, à mon sens, on les cité mal-à-'propos. Carils prouvent seulement que Deus , en Latin comme en
, Grec, est de genre commun. Car Enée, quand il ditde même, en parlant de sa mere Vénus, Enéide, L.II. v. 6 3 z. Dejcendo ac ducente Deo flammam inter& hostes expedior : na pas prétendu dire que c’étoitun Dieu. Et au L. VIIÍ. Virgile appelle aussi JunonDeus : Lucain, L. II. v. 8o. appelle les Furies, Terri-bilefque Deos scelerum.
Vénus, signifie quelquefois, Grâces, ou agrément. Gra-tiae , deltci.CE, venustaselegantia. Ainsi on dit des ta-bleaux d un Peintre excellent, qu’il y a une certaineVénus répandue en tous ses ouvrages, qui plaît à toutle monde. Si Ton en croît les Romains, ils ont effacéroutes les grâces & toutes les Vénus de la Gréce. Baiz.Voilà, Monsieur, cet air inimitable , cette gaieté, &cette Vénus , que vous ne trouvez point dans lesEcrits de Balzac. Bon,. Vénus en ce sens se trouvetrès-souvent dans les bons Auteurs Latins. On a voulufaire pastèr ce mot dans notre Langue. On n’y a pasencore réussi.
On dit proverbialement, fans Cérès & Bacchus ,Vénus est languiílànte , c’est-à-dire , l’Amour. SineBaccho & Cerere , frige t Venus.
Vénus , est aussi Lune des trois planètes inférieures.Vénus. Selon Copernic, elle tourne autour duSoleil,& ne s’en éloigne jamais de plus de 45 dégrés , ou,selon quelques nouvelles oblervations, de 48 dégrés.Elle paroît blanche, fort lumineuse & fort brillante :ensorte que dans un lieu sombre elle fait une ombresensible. Vénus annonce le retour du Soleil, & luitencore quelque temps âpres qu’il est levé. On la voiraussi le soir dès qu’il est couché. Vénus orientale, ou■qui précédé le lever du Soleil est la même chose queLucifer , ou l’astre du point du jour. Vénus occiden-tale & qui suit le Soleil, est la même chose que VeJ-per, ou Hejperus , sétoile du Berger , parce qu alorsles Bergers ramènent les troupeaux. Les Astronomesappellent Vénus corniculée, Venus corniculata, quantel e est dans son croistant, ou dans son decours. Laparallaxe de Vénus est de trois minutes : Vénus estvingt-huit fois, selon quelques-uns, & íelon d’autres,trente-fept fois plus petite que la terre. Bion dans sonTraité de i Ulage des globes, dit que Vénus contientsept demi diamètres de la terre, & que son globe estqu arante- trois fois plus gros que la terre. Vénus pa-rott pleine dans fa conjonction supérieure ; mais dansfa conjonction inférieure on ne voit preíque point sonhémisphère illuminé : quand elle est de côté ou d’au-tre de ses conjonctions inférieures, elle paroît en crois-sant, ou en décours , comme la Lune. Ainsi elle ales différentes phaies, & augmente, ou diminue degrandeur apparente, félonies diveríes positions avecíe loleil & la terre. Les apparences de Vénus font voirévidemment que le système de Ptolomée est faux :car il suppose que le ciel de Vénus enferme la terre ,& qu’il est au-destus de celui de la Lune, & de Mer-cure ; mais au-dessous du soleil. Cependant Vénus estquelquefois au-delà du soleil, & plus loin de la terreque le soleil. D’ailieurs on a jamais vu la terre entrele soleil & Vénus : ce qui devroit arriver si Vénustournoit autour de la terre, & dans un ciel au-deíîousdu loleil. Elle acheve son cours en un an, Ielon íe lyf-tême de Ptolomée, mais selon le système de Coper-nic, elle fait sa révolution en sept mois & demi autourdu soleil. Sa plus grande distance de la terre, selonM. Caffini, est de 38000 demi diamètres de la terre,& sa plus petite de 6000. Sa plus grande latitude ,& son plus grand éloignement de l’écliptique , est deneuf degres , deux minutes. Buratini a observé enPologne avec des grandes lunettes , que dans la pla-nète de Venus il y avoit des taches semblables à cellesq u on voit dans la Lune. M. Cassi ni a fait aussi en Ita-lie des observations trcs-curieufes sor Vénus ; mais iln’a pu venir a bout de les faire en France, à cause quel’air est ordinairement plus chargé , & le Ciel moinsserein en France qu en Italie.
.Vénus , chez les Anciens n’étoit pas seulement l’étoilede Vénus , ou le Vesper, ç’étoit dans les commeuce-
mens la Lune : ou plutôt Vénus h toit ou une substanteSc un corps, ou un accident. Si on la considéroit com-me une Insistance, c étoit ou un corps éthéré, ou uncorps iublunaire ; íi c’étoit un corps éthéré, c’étoit laLune ou le Vesper , autrement Lucifer , que nousnommons Vénus , Si c’étoit un corps soblunaire, c’c-toit la terre. Que si on la considéroit comme un acci-dent , c’étoit ou une qualité ou une action ; si c’étoitune qualité, c’étoit la faculté d’engendrer ; si c’étoitune action, c’étoit l’acte même de la génération. Decela l’on a fait la Déesie Vénus qui présidoit à la gé-nération ; elle différois de Junon qui y présidoit aussi,en ce que fa fonction s’étendoit plus loin que celle deJunon : car Junon ne présidoit qu’aux actions permisesdes époux, au lieu que Vénus présidoit généralementà toutes, & tant à celles des animaux qu’à celles deshommes. Les Athéniens & les Lacédémoniens l’ho-noroient fous le nom de Lune, & lui faìsoient des sa-crifices, les hommes en habits de femmes, & les fem-mes en habits d’hommes , à la fête cu ils appeloientTlie.1rf1y.ay , Des Pétulents. Voye\ Voisins, De ïdol.L. III. C. 22. C. 27. C. 82. C. 84. &c.
Seldenus dans son Traité De Diis Syris, Synt. II.C. 7. croit que ce mot Vénus s est formé de l’Hé-breu, JIDD, b mot, en changeant le B en V , commeil est souvent arrivé , & prononçant le fi ou th finalen S, comme font aujourd’hui les Juifs. Il confirmececi par des médailles de Julia , femme de SeptimeSévère, dont Ie revers est VENOS. GEN. Elles fontrapportées par Ocho, pag. 366. Il le confirme encorepar Suidas, qui dit que Binos est le nom d une Décile.Pour Benoth , il est pris du quatrième Liv. des Rois,Chap. 17. où il est dit que les Babyloniens transportésdans la T erre-fainte par Salmanasar, firent desSuccoth-Benoth, esost-à-dire, des tentes des filles, par où Sel-denus croit qu est désigné le lieu du temple de Vénusà Babylone , où les filles & les femmes fe prostituoient.Cicéron, De Nat. Deor. L. II. Sc après lui Arnobe ,L. III. contra Gentes, croyoient que Vénus est déri-vé de Venio , je viens, quhdadcunclos veniat, Sc quec’est le nom d une passion qui s étend à tous les ani-maux , est nomen libidinis per cunela animantia dif-fuses. Scioppius a suivi ce sentiment , L. IV. Sujp.Lecl. Ep. XXL & Vossius le confirme , parce que Ve-nio vient de fcaivuv, qui a la signification d’ inire, coire,& fe dit des animaux. De Venio donc pris en ce iensfe íera formé Venus , comme facinus defacino: Sconlui a donné la terminaison en us , & non pas. en a ,parce que son premier lens a été de signifier facte dela génération , & non pas une Déeíle. Voye\ cetAuteur fur le mot Venustus , & Fungeres, fur le motVenus.
Vénus, en terme de Chimie, est le cuivre; c’est ainsiqu’on dit, vitriol de Vénus , au lieu de dire, du vitriolbleu ou de cuivre.
Le sel que les Chimistes prétendent répondre 31 Vé-nus,tíc\c sel alkali. JEs,salalkalicum. Dict. Herm.L'opération de Vénus c’est dans le même art, dissou-dre, calciner, teindre, blanchir, baigner, laver , coa-guler, &c. & tout cela ne signifie que la même choie, Scs’appelle tirer l’ame du corps. Dans le même art, Vene-ris gradus, signifie la douceur de nature, ou la verdeurde la vie. Id.
Les Astrologues appellent Vénus la petite fortune.Ses maisons , font Ie Taureau & la Balance , & sonexaltation est dans les Postions.
Les Chiromanciens appellent mont de Vénus , unepetite éminente qui est dans la paume de la main, àla racine de l’un des doitgs. Mons Veneris.VENUSTÉ. f. f. Grâce , élégance. Venustas , gratia ,elegantia. On le trouve dans quelques Auteurs dnsiècle paíîë. Le P. Bouhours railloit Ménage , qui ^trouvoit très-beau , & qui s’en fervoit volontiers. Vn’a pas fait fortune. On difoit autrefois Venufleté.
VÉNUSTE. adj. m. & f. Vieux mot. Beau , aimable >agréable. Venustus. Marot.
VEOIR, ou VOIR. s. m. Vieux mot. Vrai , vérité-
Marot.
VEP