Band 
Tome huitieme. [THA - Z.]
Seite
335
JPEG-Download
 

VE N

toút l‘éclat de la beauté la plus brillante, & fut portéeíur la côte de bile de Chypre. Elle mit pied à terre,& pat-tout où elle palloir , l’herbe & les fleurs naií-foient fous ses pas. Voye\ Hésiode , Théogon. v. 190.& fuiv. On la représentoit en plusieurs façons : quel-quefois fous la forme d'une jeune personne fur uneconque , & sortant de la mer, telle que la dépeint Hé-siode, à Fendrait que nous avons cité : quelquefoiscomme une femme qui tient dans fa main une conque,& couronnée de roses, suivie des Grâces, & accom-pagnee de Cupidon Sc d Anteros. Quelquefois on lareprefentoit auíïi dans un char traîné par des colombes.Il est pourtant des Auteurs qui disent que son charetoit traîne par des cygnes. Phidias, au rapport dePlu-rarque, avoir représentée dans la ville d’Elée, le piedfur une tortue, & c’étoit, dit-il, un symbole de l’aíïï-dujte des femmes dans leur ménage & du silencequ elles y doivent observer. D’autres la repréfentoientmoine femme & moitié homme, homme dans la par-tie luperieure du corps, depuis la rête jusqu’à la cein-ture , & femme depuis la ceinture juíqu’en bas. LaVénus de Paphos tfavoir point une figure humaine.Corneille Tacite la décrit dans le second Livre de sonHistoire, C. 3. ce que- M. d’Ablancourt traduit ainsi.La figure de la DéeJJè ejì comme un globe qui aboutiten Pyramide j fans aucune autre ressemblance. Maisqtiefie idée veut-il que je me faste par-là de cette Vé-nus de Paphos ? & comment peut-on comprendre cequ’il en dit ? Je conçois qu’une pyramide peut êtrePosée fur un globe , ou un globe fur une pyramide,Hiais je ne conçois pas qu un globe puisse aboutir enPyramide ; un globe est rond , & ne peut aboutir enOne figure angulaire. Auílì d’Ablancourr n’a-t-il pasentendu son Auteur, qui dir, Simulacrum Dece none jfigie humand, continuus orbis , latiore initio tenuemÍÍ 2 am biturn metae modo exsurgens. Cela signifie :

image de la Déeste n’a point une forme humaine;o est une figure ronde , qui a de la longueur, & quiau commencement, fe termine en pointe, &s eleye en forme de borne ; ou en deux mots, c’estOn cone. Orbis n’est point toujours un globe, c’est engénéral une figure ronde , comme un cercle ; orbiscontinuus , un cercle qui a de la continuité, de l’éten-due, de la longueur, c’est un cercle répé r é plusieursrois ou plusieurs cercles continus, ajoutés & joints auxautres, comme dans un cylindre ou dans un cône : sices disterens cercles font égaux, & ont le même dia-Oaètfe, ils font un cylindre; si cer orbis continuus , ouc es cercles joints les uns aux autres vont en diminuant,êc comme dit Tacite, fe terminent en pointe,- c’est un^?oe. Car en ester, cette Vénus avoit, dit-il, la figure? One borne, rnetce modo. Or les bornes, comme nousî ,y.°yons aux bornes du cirque qui font fur les mé-do e V " êtoient autre chose que des cônes. Telle étoitnc a Vénus de Paphos ; c’étoit un cône. En esterd’,m aV °? s sa sigore & celle de son temple, au reversd,n C s m n da ) lle de Caracalle qu’Érizzo a fait graver

cans,, Ulc <daratione di Medaglie antiche , p. 41í>- &qui demontte à l’ œi l ce que je dis. Du côté de la tête

•MnrKT^ Ca C í eune - avec cette inscription M. ANTíl-, C ATrOTToc. j\u revers est le temple de la Vé-us de Paphos, avec ces mots koinon KiTIPlriN. Ceemple a une figure singulière. C’est une espèce deç 0 | Ud °diptere, ou diptère imparfait qui n’a point deonnes de front, mais qui s’éleve à peu près commeme ] t0 f r ^ droite & à gauche est une galerie quip 0 e * ait prendre pour un pfeudodiptère, il neparoîrtan tant q u une colonne de chaque côté, & non unUn ps Cn j ier de colonnes; ainsi ce pourroit n’être pointkalcon à J n * one galerie, mais une espèce de

le tertml d j? itc & à gauche, au milieu defquels s’élevede cç s b 1 Un dcrs environ de fa hauteur. Sur chacundu tempi C ° ns un pigeon, la queue tournée ducóté

côté auflf 5 ^ ^ a tête en dehors. Dessous, de chaqueest une coù^* 16 ^° rme de guéridon. Devant le templetréc n est ^ er a cheval ou demi-cercle, dont l’en-temple, & à ^ U ’ milieu, mais un peu à côté droit dupeut-être nnf au > c *i e de celui qui regarde la médaille ;

qUe c est l à la place où Pline dit qu’il ne

VEN 335

pleuvoit point. Tacite dit néanmoins que c étoient lesautels de la Déeste fur lesquels la pluie ne tombott ja-mais , quoiqu’expofés à l'air, apparemment dans létemple même. La porte du temple est carrée, êrlaistévoir dans te temple un cône surmonté d’un petit globe*.C’est précisément ce simulacre de la Vénus de Paphos,tel que le décrit Tacite, ainsi que l’aremarqué Érizzo.Qu’on dise après cela que les médailles ne fervent derien pour l’intelligence des Anciens, ou que les Auteursanciens ne font point utiles à l’explication des médailles.Sans Tacite on ne sautoir ce que c’est que ce cône,qui paroît au milieu du temple de la Vénus de Paphos ;& fans la médaille on pourroit bien , comme a faitd’Ablancourt, n’entendre point Tacite, & l’interprêtermal. On voit encore des figures du temple de Paphos;dédié à Vénus fur d’autres médailles, qui quoiqu’ellesvarient en d’autres choses, font parfaitement con-formes dans la figure de la Déesse, qui est toujoursun cône surmonté d’un petit globe. M. Spanheim, T.I. p. 505. en a donné une de Pergame, où d un côtél’on voit la tête du héros Eurypile, dont Homère parle,Odyjf. A. v. 519, souscription est son nom HPílC ETPT-ïitaoc, Au revers, c’est le temple de la Vénus de Pa-phos ,, Sc afin qu’on ne puisie en douter, au-dessousdans Pefpace qui représente la cour en demi cercle,dont j ai parlé, on a mis ce mot EIA4IA, c’est-à-dire,Vénus de Paphos. Dans le temple paroît le cône toutsemblable à celui dont j’ai déja parlé : mais du restefeutrée de la cour n’a point d’entrée, & au lieu desdeux balcons qui sont à l’autre à droite & à gauche,ce sont ici deux pyramides. C’est ce qui me fait croireque l’autre n’est point un pfeudopériptère, mais quece font des pièces d’architecture, comme des balcons,qúi ont changé. L’infcription de cette seconde mé-daille au revers est nEPEA mhníin EmcTPA noAAíì-NOC, Du reste fur les médailles, Vénus a communé-ment la figure d’une femme, vêtue de la robe appe-lée Siola, rarement demi-nue. Elle rient une haíte,un casque, une pomme, un petit enfant, un Cupidon,une parère, une branche de palme , une couronne :quelquefois elle appuie le coude fur une petite colonne,souvent elle a un enfant, ou un bouclier à ses pieds,& pour inscriptions , VENUS AUGUSTA, VENUSAUREA , VENUS CŒLESTIS , VENUS FELIX,VENUS GENITRIX , ou GENETRIX , VENUSVICTRIX. Voilà à peu près ce que nous savons desfigures que l’on donnoit à Vénus. Son char étoit tirépar des cygnes ou des colombes.

Platon dit dans son festin qu’il y a deux Vénus 8 cdeux Cupidons. Pausanias en compte trois, l une qu’ilnomme Vénus Céleste , l’autre Vénus Populaire , oudu Peuple, & la troisième Apostrophie. C’est dans lesBœtiques. Cicéron en distingue quatre, lune née duciel & du jour, qui avoit un temple dans 1 Élide : laseconde, qui avoit été produite de I’écume de la mer,& qui de Mercure avoit eu le second Cupidon : la troi-sième, fille de Jupiter & de Dione, femme de Vul-cain, qui fit Mars pere d’Anteros: la quatrième, étoitl’Astarte des Syriens, fille de Syrie & de Tyrus, quel’on difoit avoir épousé Adonis. La famille des Julesprétendoit descendre de Vénus par Jules fils d’Énéequi l’étoit de Vénus Sc d’ Anchise. Les Latins lui don-noient les surnoms de Libentina , c’étoit fous ce nomque les jeunes filles, au sortir de l’enfance, lui consa-craient leurs poupées, &de Libitina. Voyez Libitine.De Murtia, ou Myrtia, Myrtea. Voyez Murcie ScMyrtée. De Placida, ou Paisible: Verticordia , c’est-à-dire , qui change les cœurs : Victorieuse, Viclrix.Elle avoit à Rome des temples sous tous ces noms.A Athènes, elle n’en avoit que deux. L’un fous le titrede Vénus céleste , & l’autre de Vénus populaire ,

Xçpo/ÍT)»

Si l’on en croit quelques Antiquaires, & entre autresSpon ,Rech.Cur.DiJsert. VI.p. 1x1 & zaì. Vénus étoitde l’un Sc de l’autre sexe. De-là vient, selon eux,qu’Aristophane l’appelle AqçiJ'nov au neutre : Sc Heiy-chius, a<pçóLt©- , selon la correction de Saumaile. Oncite encore fur cela le Poète Calvus, qui dit : Pollen-temcpwe Deum Venerem, Sc Virgile dont nous allons