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VtRT de Corroyeur. Ilest composé de gaude dont ilfaut une botte sur six sceaux d eau, à quoi son ajoute,après que le tout a bouilli six heures à peut feu, quatrelivres de vert-de-gris.
Vert de montagne, ou Vert de Hongrie, est une es-pèce de poudre verdâtre qui est en petits grains com-me du fable , & qui se trouve dans les montagnes deRemanient en Hongrie, & dans celles de Moldavie.Viride montanum Hungaricum, œrugo nativa, chry-jòcolla viridis. Quelques-uns prétendent que ce vertde montagne est ce que les Anciens appeìoient fleurd’airain, qui se fait en jettantde seau, ou plutôt duvin, sur le cuivre de roiette encore rouge ; c’est-à dire,de la manière qu’il sort du fourneau , & veulent qu’ille reçoive sc se trouve attaché à d’autres plaques de cui-vre froid que son expose delíus en petits grains, sembla-bles à ceux du fable. Les Peintres se lervent du vert demontagne , pour peindre en vert d’herbe.
Vert dïroireau, est une espèce particulière de m? quiressemble au poireau. Praflnum.
Vertdevessie, est duyc/ífait dela graine deneprunourhamnus , dont on exprime le jus , en le pilant dans unmortier , 8 c on le met dans une veilleqtsonlaille sécher.Viride vesicarium. On le fait auffi avec une petite grainerouge qu’on mêle a vecde i’alun, dont on emplit une ves-sie de cochon qu’on pend pour quelque temps au plan-cher , laquelle se corrompant , se change en cettesorte de vert qu’on nomme pour cela vert de vesiìe.
Vert de terre, est une espèce de Botax jaune qui sefait en jettant de seau sur des veines minérales. Santer-na. Voye\ Borax.
Vert d’Iris ou de glayeul, est une couleur tirée decette herbe, qui sert pour la miniature. Irinum viride.On le fait avec des fleurs d’Itis ou flamble des plusbleues, dont il ne faut garder que le bleu. On le piledans un mortier de marbre , ajoutant de la poudred’alun, & un peu de chaux en poudre ; on en tire le sucque l’on fait lécher dans des coquilles. On y mêle quel-quefois dela grained’Avignon , ce qui fait, étant sec,le vert d’Iris. Que si on y met un acide , il deviendrarouge, changera de couleur, selon qu’on y versera desacides ou des alkalis.
Vert d’azur, est une espèce de pierre , quota appelleautrement pierre Arménienne. Armenium. Voye ^ Ar-ménienne.
Vert , fe dit aussi substantivement de sherbe verte qu’onfait manger aux chevaux dans le printemps. Mettreun cheval au vert, c’est le mettre pâturer pendant leprintemps. Herbis virentibus equum pascere.
On le dit encore de 1 acidité du vin qui n’est pas en-core mur. Ce vin a du vert.
Vert. Dans le Blason signifie la couleur verte. Dans lesarmoiries de ceux qui font au-deííous du dégré desNobles , on l’apelle vert ; dans les armoiries des No-bles, Eméraude; dans celles des Rois, Vénus.
Dans la Gravure, on marque le vert par des diago-nales ou hachures, qui prennent de sangle dextre duchef de sécu à sangle senestre de la pointe, c’est-à-dire., à sangle de la base.
En France les Hérauts d’armes lui donnent le nomde sinople. Voye\ ce mot.
Jouer au vert. Sorte de jeu en usage au mois deMai, où ceux qui jouent font obligés , fous de cer-taines peines, de porter toujours fur eux quelque feuilleverte, cueillie le jour même , & tâchent de surprendrec eux avec qui ils jouent, dans le moment où ils n’ontpoint de vert , pour leur faire payer l’amende conve-nue ‘ C est par allusion à ce jeu qu’on dit figurément,prendre quelqu’un fans vert, le prendre au dépourvu.
Verts et Bleus. Tenue d’Histoire Romaine. On nommeainsi deux partis ou factions qui fe formèrent à Rome &s étendirent dans plusieurs vives de l’Empire. Dans lesjeux du Cirque, les Cochers habillés de vert qui condui-soient les Chariots, diiputoient le prix à ceux qui étoienthabilles de bleu. Chacun prenoit parti pour les bleus oupour les verts. Il n en fallu r pas davantage pour porterle trouble & le désordre dans toutes les villes de l’Em-pire, où l’on fe déclaroit pour un des deux partis.
Le mot de vert est employé dans quelques phrases
au figuré. On dit la verte jeunesse , pour dire les pre-miers temps de ía jeuneíle. Juvenes anni , juven:a vi-gens , vivida. Une vate vieillelie, une vieillelle robuste& faine. Cruda jeneclus.
Une tête verte , une tête évaporée. Un vert galant,un homme vif, alerte 8 c vigoureux.
On le dit auíïl dans ía signification de ferme. C’estun homme vert avec lequel il faut marcher droit. Ondit de même, faire une iéponle verte. Tout cela estdu discours familier.
On dit proverbialement, Employer le vert & le sec;c’est-à-dire mettre toutes fortes de moyens en usagepour parvenir au but qu’on s’est proposé. Totis viri-bus eniti. On rapporte une plaisante application queHenri IV. fit de ce proverbe, il dit à une femme quiétoit toute sèche de maigreur , & qui s’étoit habilléede vert , qu’eile n’avoit rien oublié pour plaire, qu’elleavoir employé le vert & le lec.
On dit auffi, Jeune femme, & vin doux, pain ten-dre, & bois vert , mettent la maison en désert. On ditauffi entre deux vertes une mûre , lorsque de deuxou plusieurs choses qui ne font guère bonnes, ií y ena une meilleure & mieux conditionnée. On dit qu’unhomme en donne de bien vertes ; pour dire , qu’il dé-bite pour vraies des choses que l’on fait faulìes. Ondit auffi d un vieillard vigoureux , qu’il ressemble aupoireau , qui a la tête blanche & la queue verte. Ondit encore, qu’un homme mange son blé en vert ,lorsqu’il mange son revenu par avance, qu’il vend larécolte avant qu’elle loir mûre.
On dit au figuré : Encre vert & sec, pour signifierqu’une chose n’est qu’à moitié dans l’état où elle devroitêtre, ou qu’on souhaite, comme on dit, couci , coud.
Le Cap vert. Promontorium viride. Ce Cap est dans'la Nigritie en Afrique, entre les deux embouchures sep-tentrionales du Niger, & il s’avance beaucoup dans l’O-céan Atlantique, vers les îles de Cap vert, auxquellesil a donné son nom. Quelques Géographes prennent cecap pour Y Arfinorlum promontorium de Ptdfcmée ,& les autres pour ion Hejperium cornu. Maty.
Les îles du Cap vert. Insiulœ promontorii viridis ,anciennement Gorgones , Gorgades , Hejperid.'S. C’estun amas d’iles, situées datis 1 Océan Atlantique , en-viron à cent cinquante lieues du Cap vert, dont ellesont pris le nom moderne. Elles font encre le 15 e dégréde latitude & le 19 e & entre le i53 e &: le X57 de lon-gitude. U y en a dix principales disposées en demi-cercle en cet ordre, en commençant parle nord-ouest,Saint Antoine, Saint Vincent, qu’il en faut retrancheraujourd hui, comme nous le dirons en son lieu ; SainteLucie, Saint Nicolas, file du Sel, celles de Bonavista»& de Mayo , Saint Jacques la principale de toutes ,l’île del Fuégo, & celle de Brava. S. Iago est la capi-tale de toutes ces îles , qui appartiennent aux Portu-gais. On en tire du sel, des peaux de bouc, du vin 8 ídes chairs salées. Maty. Les îles du Cap vert font à150 lieues à l’ouest de ce Cap. Elles font aux Portu-gais , mais les habitans font tous gueux & peu diífé-rens des barbares. Les iles du Cap vert font Saint Iag°ou Saint Jacques, Saint Antoine , Sainte Lucie, SaintVincent, Saint Nicolas, l’île Brava, ou Brave, l’île deSel, l’île de Mayo, l’île de Feu , ou de Fogo, & l’îlode Bonavista, ou Buenavista. Il y a de bons ports dansquelques-unes de ces îles.
La mer du Cap Vert. Mare promontorii viridis-On donne ce nom à la partie de l’Océan Atlantiquequi s’étend depuis le Cap vert, 8 c les côtes de la Ni-gritie, jusqu aux îles du Cap vert. Maty.
Pui vert. Vòyei au mot Pin.
Verte-longue. Nom d une espece de poires ainsi apP e "lées, parce qu elles font vertes de couleur , & lon-gues pour la figure. Les vertes-longues ont beauconPd’eau & font fort bonnes.
Verte-longue d’hiver. Vbyei Leschasserie.
VERDAGON. f. m. Nom qu’on donna au vin dequi étoit de tres-mauvaiíe qualité. Les pauvres R e .Lgieux turent réduits au verdagon. Quand on le i aI _soit demi-heure en bouteille, ii devenoit noir. í- cS ronneaux où il y en avoir eu en étant tout corromP a5 *