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des vers dans presque toutes les langues que nous con-noiísons, au moins dans toutes celles de f Europe. Cha-jque langue a ses règles particulières , outre les règlesgénérales delaPoësie. Dans notre langue , régulière-ment parlant, quand il y a plus d’un vers , ils doiventfinir par des rimes masculines & féminines alterna-tivement. i
Maudit Jòit le premier dont la verve insensée ,
Dans les bornes d’un vers renferma lapensée.
Et donnant à ces mots une étroite prison ,
Voulut avec la rime enchaîner la raison.
Bon..
Les vers Grecs & Latins font composés d’un certainnombre de pieds d une certaine quantité. Quelques-uns ont voulu faire des vers mesurés François à la ma-nière des Latins ; le premier fut Etienne Jodelle enFan 1553, ensuite Pasquier,PaiIèrat ,Rapin & autres,dont les Ouvrages n ont point réussi. Voye\ Hexamè-tre. C’est feulement par le nombre des syllabes , &non par la qualité des voyelles longues ou brèves ,qu’on a déterminé les differentes espèces de vers Fran-çois. Le nombre des syllabes se prend par rapport à la jprononciation, & non à l’orthographe : on ne comptepoint les syllabes dont la voyelle souffre élision en li-sant , soit qu’on la retienne dans Pectiture , soit qu’onen marque le retranchement avec le signe de l’apos-trophe. Les vers masculins de neuf & de onze syllabesne font guère supportables dans notre langue, quoi-qu’il y en ait quelques exemples dans Malherbe ■& au-tres bons Poëtes ; mais ces exemples font bien rares,& ne doivent pas être imités. On trouve dans Marotde petits vers de deux, de trois & de quatre syllabes.On ne s’en sert plus que dans les chansons , où l’onemploie ces tronçons de vers, afîn de mettre une rimeà toutes les cadences sensibles d’un air. Les vers Lyri-ques font de toutes sortes de mesures. On prétendque la langue Françoise ne souffre que cinq sortes devers masculins ; c’est-à-dire , dont la rime est mascu-line : de six, de sept, de huit, de dix & de douze syl-labes. Les vers féminins , ou ceux dont la rime est fé-minine, ont une syllabe davantage-, mais cette syllabeportant fur un e muet, devient en quelque sorte muet-te ,& est comptée pour rien. P. Mourgues. Du moinsce sont là les vers les plus réguliers. C’est à Marot, àqui est due lìnvention du mélange des vers masculins& féminins. Il faut éviter les vers dans la prose, &sur tout les vers Alexandrins , parce que marchantavec plus de train, & plus de pompe que les autres, ilsfe font plus remarquer. Vau. Quoique l’on parle envers fur le théâtre , l’on est censé y parler en prose. Iln’y a que les vers Alexandrins à qui l’usage laisse tenirnature de prose. Corn. Comme il est presque impos-sible de faire de la prose sans y mêler des vers, il estdifficile de pratiquer le précepte de Vaugelas , qui re-commande de les éviter. Pour les petits vers, ils fefont si peu sentir, que cela ne vaut pas la peine de fecontraindre, sur-tout quand ils ne sont pas composésde paroles spécieuses qui sont de la Poésie. A l’égarddes grands vers , il faut les éviter, principalement à lafin des périodes : car au milieu ils ne se font remar-quer qu’à ceux qui les cherchent. La fuite de la pé-riode qui entraîne le lecteur, ne lui permet pas des appercevoir que ce sont des vers. En général cesavertisiemens ne regardent que les vers qui sont nom-breux, & qui so font d’abord reconnoître par leur ca-dence. Mén. C’est ainsi qu’en Latin il est difficile d’é-viter le ven iambe ; mais il faut absolument éviter lesvers hexamètres, dont la cadence est plus sensible &plus recherchée. II n y a tien de si commun qu’un fai-seur de vers, à de h rare qu J un Poète. Il faut un génieparticulier pour faire des vers , pour bien tourner desvers. Les vers ne souffrent point de médiocre Au-teur. Bon. Les Espagnols disent qu’il faut être sotpour ne savoir pas faire deux vers , & fou pour enfaire quatre. S- Evr. Les vers doivent faire l’amuse-ment, & non pas l’occupation d’un honnête-homme.
VER
Dac. Les vers galans, tendres & amoureux ont pres-que banni en France les vers héroïques, dont la cadencedoit être noble & harmonieuse. On ne peut guère excel-ler également en prose, & en vers. Baudouin ;& DmRyer avoient fait marché avec un Libraire pour luifournir des vers à quatre livres le cent des grands, &à quarante sous, quand ils étoient petits.
C’ejl vendre au plus offrant son encens & ses vers.
Boit.
Il y a des femmes qui fe gendarmeroient, si on leurécrivoit tout uniment en prose, qu’on les aime , & quile souffriroient plus volontiers en verT\ on regarde lesvert comme un jeu d’esprit qui ne tire point à consé-quence. S. Evr.
Les vers Grecs ou Latins sont hexamètres. Versushexametri ; Pentamètres , Pentametri *, Iambiques ,Iambici , Hendecasyllabes , Hendecasyllabi , qui sontexpliqués à leur ordre.
En France on fait des vers Héroïques , Heróici, ouAlexandrins , Alexandrini , qui sont des vers de 12 à13 syllabes ; du temps de Ronsard ils n’étoient que de10 : des vers Lyriques , Lyrici , qui sont de 1 x. De tou-tes sortes de mesures, &c.
Vers Libres, sont des vers qu’on fait de différentesmesures & avec différentes fuites de rimes. Versusliberi.
Vers Buriesques , sont des vers où l’on ne cherchequ’à mettre des plaisanteries aux dépens de la raison.Joculares , faceti. Scaron a tourné l’Enéïde en versburlesques, àl’imitation de Jean-Baptiste Lalli Italien.
Vers Macaroniques , sont des vers composés en par-tie de mots écorchés dune autre langue , commecelui - ci :
Cavalierus eques galopando subibat ip urbem.
Ou comme cet autre :
Jupiter altisoirans totum embrenavìt Olympum.
Vers masculins , sont ceux qui ont la terminaison forte& maie ; c est-à-dire, qui finissent par un e clair ou parquelque syllabe que ce soit qui ne finisse point par une muet. Versus masculini.
Vers fìminins , sont ceux qui ont un e féminins dans 1«dernière syllabe, laquelle est surabondante, & n’est àrien comptée. Feminini.
Les Anciens ont fait aussi plusieurs sortes de vers fou jeux poétiques, comme les vers en centons , écho »monorimes -, des vers équivoques , où les mêmes motscontenus en deux rimes ont un sens différent, comm eceux d une Epître de Marot fort estimée en ce genre»& qui fe trouve , pag. 113, de la nouvelle éditionde 1700.
En nìesbattant, je fais rondeaux en rimes»
Et en rimant , bien souvent je uz’enrime.
Les vers réciproques, sont des vers qui fe retournent»& où on trouve les mêmes mots , en lisant à rebours.Reciproci. Sidonius Apollinaris les appelle recurrens ?d’autres vers retro gades c’éroit un jeu & un badinagecar ces vers ne signifient rien-, par exemple :
Roma tibi subito motibus ibit amor.
Paíquier & Des Accords en rapportent plusieursexemples , tant en Latin qu’en François. Voye\ R 6 ''
TROGRADE.
Vers de situation. Ce sont ceux qui par eux-mêm eSn’ayant rien de remarquable deviennent excellens P arles circonstances où ils sont placés.
Ah! pour être Romain je rí en fuis pas moins hon 11116 '
Ce vers de ía Tragédie de Sertorius a quelque choie