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Z 64 VER VER
VERSENNE. f. f. Mot Saintongeoìs qui signifie sillon.Ménage, Fict.Etym. Il est auílì en usage en d’autresProvinces-, & paroît venir duLatin versare terram, quisignifie labourer.
VERSER, v. a. Faire écouler une chose liquide d’un vais-seau en Findi nant. Fundere. Verser du vin , verser à"boire, verser de seau sur la tête, sur les mains.
Ce mot vient de vertere , Nicod. D’autres disentde versare.
En Chimie on dit versr par inclination , lorsqu’il ya des fèces ou d’autres corps précipités au fond dujvaiflèau , & qu’on en -fait sortir la liqueur en le pen-chant doucement. Inclinando fundere effundere.Voyei Décantation.
Nous avons déja dit ailleurs la difíérence qui se•trouve entre verser & répandre. Versr, épancher uneliqueur à deíîein dans un vaíe. Répandre, lailïèr tom-ber lans le vouloir. On verse du vin dans un verre,on ne le répand que quand ôn en 1 aillé tomber à terre.
Cependant en parlant du sang & des larmes, l’usageautorise ces deux mots , & Pou dit également verser ,répandre du sang, des latines. Profundere , effundere.
• Hérode a versé le sang innocent des enfans de Béthléem.Les Martyrs ónt verjé ou répandu leur sang pour la foi.La mort de son fils lui a fait répandre ou verser biendes larmes.
Lespleurs que tu répars, c est mon sang que tu verse.
La Suze.
■Que sert de répandre des larmes, chères à ceux qui lesversent, & inutiles à ceux pour qui elles sont verséeséS. Évr. Qui verse , quand il faut, des pleurs en amour,est maître des cœurs. B. Rab.
Verser fe dit aussi des grains qu’on met d’un sac dansun auttre. Verser du blé dans un sac.
Verser , se dit figurément en choies spirituelles & mo-rales. Effundere , diffundere. Le Saint Esprit verse se sdons dans nos aines. Ce Prince verse à pleines mainsdes grâces fur ce Favori.
Verser signifie encore, faire tomber fur le côté une ma-chine roulante, soit carroílè , charrette ou coche, oubateau. Subvertere. Alors il est actif. Mais on Femploieauffi neutralement, & alors il signifie , tomber fur lecôté. Dans les deux cas on le dit également de la voi-ture & des personnes qui font dedans. Ce cocher aversé fa voiture , il nous L versé par maladreíïe dansun fossé. Les carroíles hauts suspendus font sujets à ver-ser. Nous avons versé en tel endroit.
On le dit pareillement des moiííons qui font fur piedque le vent ou les pluies abondantes couchent parterre. Nos blés ont versé. Les pluies ont fait versr nosblés. Sternuntur segetes. Et quelquefois activement,Forage a versé nos blés. Sternere , prosternere.
Verser se dit proverbialement en ces phrases. Il n’est sibon Charretier qui ne verse, pour dire, le plus habilehomme est sujet à faire des fautes, si n’est si bon chevalquine bronche. On ditauffi, ceUversren beau chemin,pour dire, nous avons manqué une affaire, lorsquenous l’avions mise en bon train. On dit, en voyant univrogne, il a plus bu que je ne lui en ai versé. On ditaussi, verserons un tonneau percé , pour dire, perdrefa peine en obligeant un ingrat.
Versé , ée. part. Subversus, effusus , diffusus , prostra-tus , &c.
Versé, ée. adj. Qui est savant & expérimenté en quel-que chose. Peritus , expertus , versatus. Ce Docteurest bien versé dans les Lettres divines & humaines, ilest bien versé dans les Controverses, dans la Philosophie.
.Versé , terme de Blason , se dit des pièces renversées,du chevron, du croistânt ; plus particulièrement dugland dans ía calotte , des pommes de pin.
VERSET, f. m. Partie d Un chapitre, d une section oud’un paragraphe subdivise en plusieurs petits articles.Versus , versiculus. Toute la Bible est divisée par cha-pitres , & les chapitres par versets. Le Chœur chantealternativement les versets des Pfeaumes. La distinc-tion des versets du Nouveau Testament n’a été faiteque par Robert Étienne j encore la fit-il avec tant de
négligence, que Henri Etienne son fils raconte qu’il Ytravailloit en faisant le voyage de Paris à Lyon. Desavans hommes y ont trouvé bien des choses à redirecependant ce partage a été suivi par-tout. M. Simondit que les Grecs & les Latins entendoient par verset ,une ligne qui contenoit un certain nombre de mots.Ainsi les Auteurs , afin qu’on n’ajoutât rien à leurs Li-vres marquoient au bas le nombre des versets qui Ycroient contenus : d’ailleurs les Livres Grecs & Latinscroient écrits tout de fuite , fans distinction de pointsni de virgules. Les Jurisconsultes citent quelquefois leverset d’un tel Paragraphe, d une telle Loidu Digeste jcette manière de citer n’est pas ordinaire.
Verset se dit auffi de certains petits traits qui fe chantentdans l’Office Divin , tant devant les leçons & chapitres,qu’en autres rencontres. Versus. Les enfans ou les Cho-ristes en chantent une partie, & Fautre est réponduepar le Chœur,
VERSIFICATEUR, f. m. Qui fait des vers. Versificator.On donne proprement le nom de versificateur à celuiqui a une grande facilité pour la construction des vers ;qui fait faire des vers corrects , nombreux , harmo-nieux. On ne mérite pas pour cela le nom de poète.Le poète crée' & invente ; c’est l’invention , le genie ,l’enthousiasme, atque os magnasonaturum, qui fait lepoète. Nous avons beaucoup de versificateurs , peu depoètes.
VERSIFICATION, f.s. Art, manière de faire , de cons-truire des vers ; c’est auffi le tour & la cadence duvers. Versificatio. La versification Françoise peut avoirautant de noblesse, & peut-être plus de justesse &d’exactitude que celle des Anciens. Font. Ce Poète Rla versification fort belle, fort nette, fort coulante. Laversification de Racine est correcte, nombreuse, élé-gante & harmonieuse. La Br.
VERSIFIER, v. n. Faire des vers. Il y a des Auteurs quiversifient bien , qui tournent bien un vers, & qui n’cntpoint d’inventìon. Il n’y a guère de Marquis qui ne fepique de versifier. G. G. Versificare , versus scribere,versum tornare.
Versifié, ée. part. Qui est mis en vers. Versificatus ,_versibus descriptus. Cette pièce est fort bien Versifiée/mais il n’y a ni genie ni invention.
VERSlFlLUR. 1. m. Vieux mot. Poète. Forêt des Phi-losophes. Borel. Versificator , Poëta.
VERSiNE. 1. i. Mesure des grains dont on se sert dansquelques lieux de la Savoye. La Versine d’Aiguebellepese quarante-deux livres poids de marc.
VERSION. 1. f. du mot vertir qui n’est plus en usage., in-terprétation , traduction de quelque Livre ou Ecritd une Langue en une autre. Interpretatio , traductio >versio. Il y a plusieurs versions de Virgile en prose & envers. Les versions se renouvellent de temps en temps»à mesure que la Langue change. Il y a eu des versionsde la Bible en toutes les Langues. La version vulgateest celle dont on se sert en l’Eglise ; la version des Sep-tante , celle qui fut faite par Fordre de Ptoîomée. Laversion de Saint Jérôme.
Le mot de version ne fe dit guère qu’en parlant desanciennes traductions de l’écriture. L’auteur & lestemps de la version des septentes font inconnus.
La version , dit M. F Abbé Girard, est en Langue an-cienne - , & la traduction est en Langue moderne. Ainsi 1*Bible Françoise de Sacy , est une traductione, & lesBibles Latines, Grecques, Arabes & Syriaques sont desversions.
Dans les Collèges on appelle Versions les traductionsque font les écoliers. Ainsi 1 on dit qu’un tel a rem"porté le prix de version.
VERSO. f. m. Terme emprunté du Latin. C’est la pagequ’on trouve quand on a tourné le feuillet. IlestopP 0 *sé au recto ; qui ost la page qui se présente d’abord-Vous trouverez une telle pièce dansl’extrait,/bsto î0 'verso, folio verso - , c’est-à-dire , quand vous aure 2-tourné le feuillet. Dans les anciennes impressionsne marquoient le t bistre que dans le recto ; cbaq l,efeuillet n avoir qu’un chiftre ; aujourd’hui il y a deschifíres à toutes les pages , & quelquefois mè 111 ^toutes les colonnes : ce qui est bien plus corn 111 - eS