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Tome huitieme. [THA - Z.]
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VERTIGINEUX, îuse. adj. Qui a des vertiges, tjt.i est \ des mécaniques augmente autant de fois 1» « r, “ desujet aux vertiges. Il fe dit peu-, & ne se dit jamaisqu au propre. Cotgrave dit vertigineux & vertigieux.

Ce dernier n’est plus du tout en usage. Ménagé dansson Dictionnaire Étymologique , dit sous le mot Aca-riâtre , qu on s est adreste à Saint-Avertin , pour lesVertigineux j qu on appeloit autrefois avertineux.

la force qui les remue. Je dis usage abusif - , car je croisque dans le physique il vaudroit beaucoup mieux direpropriété, puiiíance , faculté , qualité , suivant lescas, & reserver le mot vertu pour marquer la dispo-sition habituelle de l’arne qui porte à faire le bien & àfuir le mal.

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VER.TIGO. s/rm Maladie qui otepresque la connoi'ssance | Vertu , en morale. Virtus. C est une fidélité constante,au cheval, qui le fait chanceler, & donner de la têtecontre les murs. Soleysel. Equi vertigo.

Vertigo, s’emploie auffi au figuré dans le style bur-lesque , pour caprice, fantaisie. Morositas , vitiosa li-bido. Voyez un peu quel vertigo lui prend. Mol, Ilest sujet aux vertigos.

VERTILLON. s. m. Vieux mot. Le peson. Coquil. Bo-b-el. Verticulum j verticillum. C est de ce mot Latinque s’étoit formé vertillon.

VERTIQUEUX. adj. Qui a un mouvement en tournant,qui fe meut & tournoie èn spirale. L eau dam les gou-sses a un mouvement vertiqueux. Il n’y a guére queles Philosophes qui fe servent de ce terme. Nous de-vons nous former une idée plus limitée du feu quecelle de ceux qui croient qu’il n est que le mouvementrapide & vertiqueux de certaines parties. Verticosus.

Niewektyt.

VERTIR. v. a, du Latin vertere. Il y a des mots hors d’u-sa ge, dont les dérivés font fort bons. En voici un exem-pt. Les mots de convertir, de pervertir , de divertir ,de diversion , de divertissement , & autres, viennentdu mot de vertir > qui n a plus aucun usage que chezsos Normans , parmi lesquels il y en a qui disent enplaidant, cette somme à verti au profit de M. un tel,

& elle doit vertir à mon profit. On dit encore -. M. untel a fait l a version du Nouveau Testament - , la. versiondes Pfeaumes ; & on ne peut pas dire , il a verti lesPfeaumes , U a verti le Nouveau Testament. Suitees mots d la mode , png- 6o, 6 1 . On a foin dans lesnouveaux Dictionnaires où le mot de vertir se trouve,d avertir qu’il est vieux. Ce mot signifioit autrefois ,

Traduire d’une Langue en une autre. Traducere , ver-ter f, convertere. Il n’est plus en usage qu’en ses déri-

_ves, version, inversion.

Vertir, signifioit auffi autrefois, Rappliquer à quelquechose. Intendere , attendere. Je ne faurois vertir à tantde choses à la fois. Il n’est guère auffi en usage qu’isos dérivés, divertir , convertir, 8cc.

Vertir , Signifioit encore, retourner. Redire, reverti.

Incarnation de J. C. en vers :

Pour ce tribut vous faut partir ,Et devers Bethléem vertir.

Mét

nun, au Testament :

Ou ceux que Dieu a esleclureEt crées, & pris à fa cure ,lofera à peine vertir.

VERT OIL. f. m. Vieux mot. Loquet. i

VERTU. r. f. Ce mot signifioit originairement force , lcourage, vigueur. Les Latins avoient attaché la même |idée aux mots Vis & Virtus. Aujourd’hui même ondit encore proverbialement d’un homme d’une com-plexion foible ou d’une santé languissante, qu’il n’a ni

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une disposition ferme & constante à remplir les devoirsque la raison nous dicte. Une juste connoissance desmaximes que l’on doit suivre dans le cours de la vieest le principal objet de la sagesse. La vertu consiste àles pratiquer constamment, sans que rien ne puissenous en détourner.

Mais le nom de vertu a deux significations bien dif-férentes. i°. C’est comme nous l’avons dit, l’amourdominant & habituel de Tordre ou la volonté constantede suivre en toutes choses la raison, la loi, la religion,l’honneur; en un mot Thonnête en tour genre.

i°. On entend auffi par vertu (8c c’est le sens le plusordinaire) la pratique des devoirs, telle que nous lavoyons dans les hommes qu’on appelle vertueux. Jeveux dire , un certain alíembíage des vues qu ils feproposent, de mouvemens du cœur auxquels ils s a-bandonnent, & d’actions extérieures qui naissent deces mouvemens.

Il est certain que la vertu prise dans le premier senspour Tamour dominant & habituel, n’est pas suscep-tible d excès ; mais il n’est pas moins certain, par Tex-périence de tous les siècles, que ces vues de l’elprit ,dont nous venons de parler , peuvent être fausses,trop vastes ou trop hardies - , ces mouvemens du cœurtrop impétueux ou trop ardens, & les actions exté-rieures qui en procèdent, poussées au-delà des règles ;qu’elles sont même très-souvent si peu mesurées,qu’en accomplissant un devoir, on en bleste plusieursautres. C’est en ce sens qu’on peut dire, que le tropdéfigure souvent le beau dans les mœurs , qu’il enaltère le fond par la manière, qu’il en corrompt mêmequelquefois toute la nature, jusqu’à le transformer enson contraire, en laideur & en dittormité morale. C’estle sens où Ton dit en effet tous les jours que la plu-part de nos vertus dégénèrent en vices par les excès oùelles lont portées; la prudence en artifice, la constanceen entêtement, la justice en dureté, Thonneur en or-gueil , la religion en superstition, le zèle en fureur &en emportement.

Cette vérité a été connue jusque dans les ténèbresdu paganisme. Socrate , Je plus sage des philolophesGrecs , mettoit à la tête de fa morale cette grandemaxime , qu il ne faut rien outrer : ne quid mniis.Cicéron , le premier des philosophes Romains, sup-pose comme un principe incontestable , que dans lesmeilleures choses il y a un point où il faut savoir s'ar-rêter, de peur de corrompre le bien par le mélange dumal. Omnibus in rebus videndum esi quatenus. Sene-que s'attache partout a prouver que la vertu consistenon-seulement, comme le vulgaire se 1 imagine, dansla bonne intention , ou dans la pratique des devoirs ,mais encore plus dans le modus qu’on y observe, pourles accorder tous ensemble. Omnis in modo virtus efi.

Avant Socrate , Salomon, le plus sage des Rois,nous avoir donné pour maxime de fuir le trop en tout.Noh nimius esse, ne forte offendas .- de ne pas porterla prudence trop loin ; prudentice tues pone modum .-

ni vertu ce qui s’applique auffi'a ceux qui n ont de ne pas meme outre la justice , noh esse jusius tnul-aucun pouvoir, aucun crédit, aucun raient. tèm : & de ne pas vouloir etre plus sage qu ,1 ne faut.

, Ve-là Tissage abusif de déísener par le mot de vertu, Neque plus sapias quam necejfc efi, ne forte obstupefÌ 3US so Physique, une disposition dans le sujet, parle - "

™°yende laquelle il est capable d’agir ou de produireven r Ainsi "«us disons tous les jours , vertu occulte ,tauv ^ crète- La vertu des planètes. La vertu des me-la vert, a Létaux, des simples. Salomon connoifloitl’hylloDe C n utes les Pentes , depuis le cedre jusqu’àDans ses', - e P^nte a la vertu de guérir tel mal.levier a l a - °n dit la vertu d’un levier. Le

a la veríii d j d enl ever les plus gros fardeaux. Le coindes moufles e > UX leviers. Le nombre des poulies &stu on dispose avec art & selon les règles

cas. La sobriété de sagesse que St. Paul recomman-doit aux premiers Fideles , nous représente encoremieux ce tempérament de vertu auquel on donne senom de modus. Pouvoit-il nous déclarer plus nette-ment , que dans les meilleures choses, & même dansles plus saintes , il y a des bornes qu’on ne peut fran-chir fans péril? Enfin pourquoi nous prêcheroit-il lasobriété jusque dans la vertu, si l’excès n’y étoit jamaisà craindre.

Quelques-uns disent que la vertu n est autre choseque la bienfaisance. A la bonne heure, s il est ques-

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