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Tome huitieme. [THA - Z.]
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ont point à marcher. Il y a des oiseaux qui ne volentjamais, comme l’autruche & le casuel. Il y a des pois-sons , des serpens , des insectes qui volent.

Les oiseaux doivent voler facilement , quoiqu’ilsaient d’eux-mêmes plus de pesanteur qu'un pareil vo-lume d’air, parce qu'ils se procurent une légèreté spé-cifique très-coníidérable, en dilatant leur poitrine, 8cen étendant: leurs ailes. Par-là ils augmentent leur vo-lume fans acquérir plus de pesanteur absolue.

Ajoutez à cela que les oiseaux se servent de leursailes pour frapper l'air, à-peu-près comme les bateliersse servent de rames pour frapper l’eau.

Voler , en termes de Fauconnerie, signifie , prendre oupoursuivre le gibier avec des oiseaux de proie. Acci-pitre aves infectari , agitare, persequi, vel accipitrememittere, immittere. Un des plaisirs des Grands, c’estde voler , de faire voler l'oiseau, le lâcher furie gibier.Voler le héron, la corneille. On dit voler de poing enfort, quand on jette les oiseaux du poing après le gi-bier ; 8c voler d’amont , quand on laide voler les oi-seaux en liberté , afin de les faire soutenir sur leschiens. On dit voler haut & gras, ou voler bas & mai-gre. Expressions relatives à différentes allures qui signi-fient toutes , voler de bon gré. Voler de bon hait,c’est-'a-dire, de bon gré. Voler en''troupe, quand onjette plusieurs oiseaux à la fois. En rond, quand unoiseau vole en tournant au-deílus de la proie. En long,endigue droite. En pointe, quand l'oiseau va d’un volrapide en s'élevant ou en s’abaistànt. Voler commeun trait, fans discontinuer. A reprises, quand l'oiseause reprend plusieurs fois à voler , en coupant son volou le vent. On dit, s'eflorer , fendre le ciel, nouerentre deux airs, nager entre les nuées, prendre l’air,se balancer dans le ciel, ramer en l'air, prendre le hautdu vent, monter fur l’aile , donner du bec 8c despennes, pour expliquer les diverses manières de voler.

On dit, voler la pie, voler la perdrix, &c. non feu-lement de l’oiseau dressé à chastèr, à poursuivre la pie,la perdrix, &c. mais encore de celui qui chaste en fai-sant volerez s oiseaux. Un tel se plaît à voler la perdrix.Je volerai ce soir le héron. Ainsi ce verbe est actifquand il signifie chajser.

Les Danseurs de corde appellent voler, se couler lelong d’une corde attachée fort haut jusqu’à terre, enremuant les bras comme si c’étoient des ailes. Perre-pere , circuire. Il y a dans le Journal des Savans unemachine, par le secours de laquelle un homme peutvoler. Buratini, Maître de la monnoie du Roi de Po-logne , apporta le siècle dernier le modèle d’une ma-chine pour voler.

Voler , signifie figurément, courir avec une extrêmevîtestè. Currere , volare , pervolare. Quand il est quei-tion de servir ses amis, il »'y court pas, il y vole. Fu-rieuse, elle vole. Rac. Corneille fait dire, dans le Cid,à Rodrigue, pat son pere : Va, cours, vole & nousvenge.

Nassau rassemble tout, Ù vers la Sambre vole. Des-H.

Voler , se dit aussi de ce que l’air agite, ou qui se meutavec liberté. Agitari , jaclari. Les boucles de ses beauxcheveux volent dans son sein. La Suze.

Voler, se dit des choses qui sontpouslées dans l’air avecune très-grande vîtestè. Dans cette sédition les pierres,les cailloux voioient en l’air. Tamque faces Ù f axa vo-lant, furor arma .ministrat. Virg. Dans cet orage,le vent faisoit voler les chapeaux dans la rivière, déta-choit les tuiles, Sc les faisoit voler dans les rues. Lapoudre vole dans les yeux. Les étincelles del'incendiedu Palais volèrent juíqu’à Saint Innocent.

On dit aussi en parlant des combats des anciens Ca-valiers, leurs lances volèrent en éclats. Frangi, per-fringi.

Voler , se dit aussi ngurement en choses morales. Letemps vole 8c s enfuit, & nous entraîne avec lui. M.de Sc. Fugit irreparabile tempus.

Ils n’arrêteront pas U temps qui toujours vole.

Mai.

VOL

Inutile & vaine jeunesse !

Toi qui devois m’amener de beaux jours,

Hâte, précipite ton cours :

Tu nesaurois voler avec tropide vitesse. Font.

On dit, la parole vole , mais récriture demeure. Verbavolant , sed scripta manent. Mes désirs volent vers-lagloire. M. Sc.

Mon cœur-, pour la chercher, voioit loin devant moi.

Racine.

La victoire voioit incertaine entre les deux partis. Lebruit de les exploits volera par toute la terre , ítir lesailes de la Renommée. Cette nouvelle vola en peu dejours par route la France. Hocnuncium brevi in totarnFranciam divulgatum est.

Voler , se dit proverbialement en ces phrases. Il ne fautpas voler avant que d’avoir des ailes ; pour dire, qu'iíne faut pas prendre un grand vol, si on n’a du biensuffisamment pour le soutenir. Nihil supra vires susci-pere. Voler de les propres ailes , agir lans le secoursd’autrui. On dit aussi d’un homme à qui on a de lapeine à parler, qu’il Je faut tirer en volant, lui parlerpromptement & à la pastàde.

On dit proverbialement & figurément d’un espritléger 8c frivole, ou d’un homme qui ne s’occupe qu’àdes choses de rien, à des choses chimériques, & quichange souvent d objet, que c’est un homme qui volele papillon. Acad. Fr.

VOLER. v. a. Signifie aussi , prendre le bien d’autrui ;prendre en cachette, par finesse, avec adrestè & subti-lité , même de force & avec violence, ce qui appar-tient à un autre. Furari. Ainsi voler se dit du larron,qui dérobe , du fripon qui trompe, du filou qui esca-motte. Le voleur prend de toutes manières. On ditégalement voler une chose, 8c voler quelqu’un. Il avolé ma bourse. J’ai été volé: & absolument, c’est unhomme quï vole par-tout. Les voleurs volent fur lesgrands chemins à main armée. Les filous volent dansles Spectacles. Les valets volent leurs maîtres ; lésProcureurs volent leuts parties. Une maîtresse vole sonamant. Les Financiers volent le Roi & le peuple. Il y ades gens qui voleraient jusques íur i’autel. A Lacédé-mone on châtioit les jeunes gens , moins pour avoirvolé, que pour avoir volé mal adroitement. Abl. Cemot vient de vola, qui signifie la paume de la main ,parce qu’on s en sert ordinairement pour dérober ,d on l’on a fait aussi involare. Du Cange.

Voler , se dit aussi en parlant des profits injustes que fontles Marchands qui vendent de méchantes marchan-dises trop cher, ou des Hôteliers qui rançonnent leurshôtes, des usuriers qui abusent de la mil ère de ceuxqui empruntent. Expilare viatores, carius divendere.Vendre à faux poids & fauste mesure, c’est voler. LesHôteliers de Hollande sont si chers, qu’ils volent tousles étrangers. Tout le bien de cet usurier eQ^yplé autiers & au quart. *' r

En matière de Littérature, voler se dit figurémentdu plagiaire qui pille, qui s’attribue les ouvrages d’au-trui. Voler, en ce sens, c’est s’approprier les ouvragesdes autres, les pensées & les expressions , 8c s’en ler-vir fans les citer. Compilare. Ce livre n est fait que derapsodies , de pensées, de vers volés par-ci par-là.C’est un Ouvrage qu’il a volé tout entier à un tel. Onle dit aussi d’autres choses. Les soins de Plutarquenous ont rendu ce que l’injure du temps nous avoirvolé. Abl. On lui a volé fa conquête. Rac. Elle volela blancheur à la neige. Voit. Dans ce dernier lensCatulle a dit: Omnibus una , omnes furripuit veneres.

VOLEREAU. f. m. Petit voleur. Furunculus. Quoiquece mot soit aussi François que Larroneau, petit larron,je ne l ai trouvé dans aucun Dictionnaire. L’inimitableLa Fontaine s en est servi heureusement dans fa Fabsodu corbeau qui veut imiter l’aigle, & qui s’empêtrsdans la toison du mouton qu’il estais d’enlever.