AVANT-PROPOS.
Un auteur anglais , Robert Stuart , a publié une His-toire de la Machine à vapeur, qui était parvenue, en i8îs5,à la troisième édition. Une traduction française a paruen 1827 ( Librairie scientifique et industrielle ; Malheret compagnie, à Paris , rue et passage Dauphine ). Cettetraduction était encore peu connue, lorsque M. Aragopublia une Notice historique dans l 'Annuaire du bureaudes longitudes pour l’année 1829, ouvrage qu’on im-prime à cinq ou six mille exemplaires. Cette Notice, re-marquable sous plus d’un rapport, et accueillie par tousles journaux scientifiques, a appelé l’attention publiquesur l’origine et les applications de la machine à vapeur.A une époque comme la nôtre, où l’on observe que lapuissance et la prospérité des États dépendent du déve-loppement de l’industrie manufacturière et agricole, ilest naturel que chaque peuple réclame la portion degloire qui lui est due pour les inventions de premierordre dans les sciences ou dans les arts. Déjà Robert Stuart avait reconnu Denys Papin de Blois pour l’inventeur dela machine dite Atmosphérique; mais d’autres écrivainsanglais , signalés dans la Notice de M. Arago, lui refu-saient cet honneur : de ce nombre est le docteur Robison,savant fort estimé en Angleterre. J’ai recherché, et jecrois avoir indiqué la véritable cause d’une telle diver-sité d’opinions sur un fait de cette importance et d’uneépoque aussi récente. La traduction du Mémoire origi-nal que Papin a publié en 1690, dans les Acta erudito-rum de Leipsig, ne laissera aucun doute sur la prioritéd’invention que plusieurs écrivains anglais ont, à tort,réclamée pour Newcomen : il m’a paru que le docteurRobison n’avait pas eu connaissance de ce Mémoire, etqu’il ne s’était trompé sur le mérite de Papin, que parce