CHAPITRE III.
Des Pyréolophores et de la Machine pneumatique.
(Années 1678-1682.)
On entend par pyréolophore, une machine dont le moteur estl’air dilaté par le feu, ou par une matière combustible enflam-mée. Ce nom a été donné par Carnot à un appareil qui a étéprésenté à l’Académie des sciences en 1806 par MM. Niepce ,et sur lequel il a fait un rapport que j’ai publié dans mon T raitédes machines, page 283, édition de l’année 1828. L’air échauffédevient un moteur de deux manières, ou directement, commedans l’appareil de Héron que nous avons décrit page 12, parune augmentation de force élastique', lorsqu’il est chauffédans un espace fermé; ou indirectement, lorsqu’après avoir étéchauffé dans un espace d’où il peut sortir par une ouverture,on ferme cette ouverture. Ayant donné à l’air le temps de serefroidir dans le vase fermé qui le contient, le vide partiel quise forme dans ce vase, représente la force nécessaire pour fairece vide. Le moyen employé par Héron pour chauffer l’air, esttrès-imparfait. Les mécaniciens modernes qui ont essayé de seservir de l’air dilaté comme moteur, ont proposé de l’échaufferpar une matière combustible très-inflammable qu’on brûledans l’intérieur du vase qui le contient. L’idée d’employer lapoudre à canon pour dilater promptement l’air, paraît due àl’abbé Jean de Hautefeuille , né à Orléans en 1647, et décédédans la même ville en 1724(1). H fit imprimer à Paris , en 1678,
(1) Le recueil de ses ouvrages a e'te' imprimé à Paris en 1694, formatpetit in- 4 °. Ce volume contient neuf Mémoires sur divers sujets : celuiqui traite de la pendule perpétuelle est de 17 pages. Les Réflexions