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aux chaudières des bateaux à vapeur employés pour la navi-gation sur mer et dans un gros temps, il est difficile d’espérerque, malgré toute la prévoyance, il n’y aura pas, dans certai-nes circonstances, des malheurs inévitables.
Lettre de M. le chevalier A. S. sur les explosions des chaudièresdes machines à vapeur, adressée à M. le rédacteur du Journal des Débats ( feuille du 24 décembre 1829).
Monsieur,
Permettez-nous, au moment même où nous lisons le détaildes malheurs que vient d’occasioner la rupture de la chau-dière d’une machine à vapeur à Rouen , de vous adresser quel-ques réflexions sur les causes des explosions. Ce nouvel acci-dent , arrivé à un intervalle de temps si rapproché de celuide Bordeaux , nous engage à rendre publiques dès à présentquelques considérations ayant pour but de signaler la sourcedu mal. Nous croyons les explications dans lesquelles nousallons entrer de nature à éveiller la sollicitude des propriétai-res de machines à vapeur, et à rendre ainsi de tels événemensmoins fréquens.
Les causes de la rupture d’une chaudière à vapeur sontnombreuses; quelquefois, et ce cas, à notre avis, est le plusrare, il suppose une extrême négligence. Les soupapes de sûretédes chaudières sont comme soudées par un corps étranger, ouseulement surchargées de poids. Leur adhérence ou leur sur-charge les empêchant de céder à la pression toujours croissantede la vapeur qui se forme, il arrive un moment où la résistancede l’enveloppe 11’est plus en rapport avec la force expansivequelle contient ; la chaudière se déchire et l’explosion a lieu.
Dans d’autres circonstances, ce malheur arrive parce qu’ona laissé accumuler le tartre ou le sel dans la chaudière. Unecouche épaisse d’une substance qui permet peu au caloriquede circuler, se trouvant intercalée entre le fond de la chau-dière et l’eau, cette partie acquiert bientôt une températureélevée, rougit, et finit en se dilatant par briser la couche desédiment qui la recouvre.
L’eau arrivant alors en contact avec le métal surchauffé, se