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sépare pas ccs diverses parties créées ensemble pour les étudier indé-pendamment l’une de l’autre, mais il connaît exactement leurs fonctionset leurs rapports, leur apparence, en un mot. Aussi, quand il construit,donne-t-il à tous les membres de son architecture ce rapport harmonieuxconcordant avec la fonction, possède-t-il cette sobriété qui charme dansla structure du corps humain. Il peut donc y avoir quelque chose de réeldans le fond, sinon dans la forme du texte de Yitruvc, lorsciu’il parle del’influence du corps humain sur l’architecture des Grecs. Je crois qu’ilfaut se garder des idées creuses dans l’étude philosophique d’un art aussipositif que l’architecture. Mes lecteurs voudront bien me permettre dedonner un corps aux principes que je viens d’exposer, en prenant dansl’architecture des Grecs certaines formes qui viennent appuyer ccs prin-cipes.
Dans la structure de tout être organisé, et plus particulièrement danscelle de l’homme, quel que soit le mouvement, quelle que soit l’attitude,le système osseux non-seulement apparaît toujours, mais il présente despoints saillants réunis par des courbes concaves ou convexes, suivant lanature des parties charnues qui se trouvent entre eux. Ces courbes serapprochent d’autant plus de la ligne droite que le mouvement est plusénergique. Les Grecs ont compris et admis cette règle dans la statuaire,ce qui est naturel, et ils semblent l’avoir appliqué les premiers à l’archi-tecture. Avant eux, les Égyptiens, dans les profils de leur architecture,ont eu en vue certainement l’imitation du système végétal. Leurs chapi-teaux, par exemple, reproduisent évidemment les courbes des fleurs oudes fruits. Il n’en est pas de même chez les Grecs : leurs profils rap-pellent bien plutôt les courbes que forment des muscles ou parties char-nues attachés à des extrémités osseuses et recouvrant leurs intervalles.Lorsque l’artiste prétend donner une apparence de vigueur à l’un desmembres de son ordonnance, il a le soin de suivre, en traçant ses profils,les formes énergiques qu’affectent les contours du corps humain quandun effort ou un mouvement violent roidissent et tendent les muscles.Aussi ne trace-t-il pas ses profils à l’aide d’un moyen mécanique, commele compas ; sa main est seulement guidée par le sentiment exquis desformes qu’il observe et connaît si bien. Le galbe du chapiteau dorique,par exemple, dans les plus anciens monuments grecs, présente unecourbe assez prononcée (figure 1, profil A '). Plus l’artiste raisonne surson art, plus il cherche à perfectionner l’expression qu’il prétend donnerà sa pensée, il est conduit à insister sur sa première expression, à la