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ils n’ont admis ce triste expédient des architectes modernes qui croientproduire un grand effet d’ensemble en soumettant tous les édifices d’uneplace publique, quelle que soit la destination de chacun d’eux, à unemême ordonnance. Ils observent la nature et procèdent comme elle; sielle a ses lois, elle est variée à l'infini. Un architecte grec auquel onchercherait à faire comprcndie la beauté des dispositions symétriques denos grandes conceptions architectoniques modernes, de ces façadespareilles de monuments différents par le^ services qu’ils contiennent, etdifiéremment orientés, nous prendrait en pitié et pourrait nous dire :« Pourquoi, puisque vous croyez que la beauté réside en grande partie« dans la symétrie, ne cherchez-vous pas à obtenir du ciel que le soleil« se lève et se couche en même temps à l’orient et à l’occident, afin que« vos édifices soient toujours éclairés de deux côtés à la fois? Tout dans« la nature procède par contrastes ; elle vous démontre que le bien ne se« fait sentir que par opposition avec le mal, que la lumière n’existe pas* sans l’ombre, qu’une chose n’est grande que par ses dimensions« relatives, qu’il n’existe pas deux êtres de la même espèce identiquement« semblables, et vous pensez atteindre le beau et le bien en changeant« l’ordre naturel des choses, en remplaçant la variété par l’uniformité?« Voici une place publique entourée d’édifices ; celui-ci est un tribunal,« celui-là le palais d’un ministre, cet autre contient des bureaux ou des« cellules destinés à des scribes, le quatrième est une caserne, le« cinquième une caisse publique, le sixième un lieu réservé aux fêtes ;« vous me le dites, et je veux bien le croire ; mais si vous n’inscrivez pas« sur la porte de ces divers établissements ce qu’ils contiennent, com-« ment le saurai-je ? Ce côté de la place est exposé au soleil tout le jour,
« cet autre reste dans l’ombre, et je vois du côté de l’ombre les mêmes« portiques que du côté exposé au soleil. Je vois pour vos cellules de« scribes des fenêtres pareilles à celles de votre salle de fêtes. Je vois« sur les frises de ces six bâtiments les mêmes ornements sculptés, sur« les acrotères les mêmes emblèmes ; et vous qui faites ces choses sans« raison, et pour satisfaire, dites-vous, aux règles de l’art, vous pré-« tendez vous inspirer de nos mœurs ! Mais vous n’avez donc jamais« visité l’Attique, le Péloponèse , ou nos colonies? Prétendriez-vous vous« inspirer de nos arts, parce que je vois ici des colonnes surmontées de« leur chapiteau et de leur entablement? des ordres placés là par le« hasard, sans motif apparent? Croyez-vous que l’architecture consiste« à répéter sur une façade des fragments que vous nous avez pris et que« vous copiez assez mal ? Je ne sais quel peuple vous êtes, mais vous« n’êtes ni des Crées, ni même des Romains. Ce n’est pas ainsi (pie