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Tome premier.
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K\TKETIE\S S II! l.’.A UCIHTErTl'UE.

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proportions générales, celte gravité , cette simplicité se retrouvent dansles moindres détails ; l'effet est obtenu, ainsi que nous l’avons fait voir,par les contours, les silhouettes, le jeu des ombres et des clairs sur dessurfaces larges, par le galbe tles profils. L’ordre ionique, élégant, aucontraire, par ses proportions d’ensemble, conserve cette élégance dansles details, dans les profils plus tins et plus nombreux, dans l’ornemen-tation plus délicate et répandue avec moins de parcimonie. L’ordredôrique semble être fait pour être appliqué aux monuments les plusvastes ou qui, par leur position, doivent être vus de loin ; l’ordre ioniqueparaît convenir aux édifices faits pour être vus de près, pour occuper lesyeux par la finesse des détails. On pourrait presque dire que l’ordredorique est mâle et l’ordre ionique femelle; et cependant, l’un commel’autre ne s’écartent pas des règles générales que l’architecte grec a crudevoir appliquer aux ordres ou à l’ordonnance. Si, dans l’ordre ionique,les colonnes sont plus grêles que dans l’ordre dorique, elles se couvrentd’un plus grand nombre de cannelures, leurs chapiteaux sont décorés desculpture, sont plus importants ; les membres de l’entablement sont plusdivisés, les fûts posent sur des bases circulaires, car l’instinct de l’artistegrec lui avait fait sentir qu’en ornant le chapiteau, en taillant la colonneavec plus de finesse, il ne pouvait la faire porter brutalement sur le socle ;il fallait une transition. La plupart des principes généraux se retrouventégalement appliqués dans les deux ordres ; jamais les antes ne portentles chapiteaux adaptés aux colonnes, car le Grec a trop de sens pourplacer sur un pilastre plat ou une tête de mur le chapiteau qu’il a supposéconvenir à la colonne, à un lut dont la section est circulaire. Pour lesdeux ordres, la structure est semblable; ce n’est qu’assez tard mêmeque le Grec supprime, dans l’ordre ionique, certains membres secon-daires qui tiennent à la construction, comme le triglvphe, par exemple.

11 ne faut pas croire que l’adoption des ordres doive gêner l’architectegrec ; la loi ne détruit pas l’indépendance individuelle de l’artiste.Gelui-ci cherche le mieux et ne croit jamais être arrivé à la perfectionabsolue. Nous avons essayé de faire comprendre l’importance qu’ilattache à l’etTet, combien ii observe finement le jeu de la lumière et desombres sur les surfaces, la découpure pittoresque des silhouettes sur leciel. L’artiste grec est doué de sens trop délicats pour se soumettre à uneloi impérieuse, aveugle. S’il admet la symétrie, c’est plutôt comme unepondération que comme une règle géométrique. Il ne serait jamais venuà l’esprit d’un artiste grec de donner à deux édifices destinés à des usagesdifférents une apparence semblable. Les débris de leurs monuments, lesdescriptions si précieuses de Pausanias , nous font connaître (pie jamais