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Tome premier.
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TROISIÈME ENTRETIEN.

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Romain consiste à employer des moyens de bâtir en rapport avec sonétat social. S’il peut (et il le peut presque toujours parce qu’il est riche)il revêtira sa bâtisse d’une forme splendide, mais d’abord il dispose d’unnombre incroyable d’ouvriers, il les met à l’œuvre. Or tous les hommes,pour peu qu’ils aient de bons bras, peuvent casser des pierres, fairede la chaux, charrier du sable, mouler de la brique et la cuire ; iln’est besoin, pour exécuter ces travaux préparatoires, d’aucune instruc-tion spéciale. Des armées ou des esclaves ramassés sur tous les pointsde l’Europe y sont propres. Le Romain l’entend ainsi et agit en consé-quence. Avec ces éléments, quelle est donc la méthode la plus convenablepour arriver à construire de vastes monuments? Ce n’est pas, à coupsûr, de faire extraire à grand’peine des matériaux de grande dimension,lourds, par conséquent, difficiles à transporter, exigeant des tailleurs depierre habiles pour les équarrir, des engins compliqués pour les monteret les poser, beaucoup de temps et un personnel spécial. Ce ne seraqu’exceptionnellement que le Romain emploiera de pareils moyens. Saméthode ordinaire sera tout autre. A l’aide de bras nombreux et inintel-ligents pour la plupart dont il dispose, il approvisionnera des quantitésénormes de petits matériaux, il fera mouler de la brique, cuire de lachaux sur place, charrier du sable ; puis les architectes traceront lesmurs, les points d’appui; des milliers de manœuvres, dirigés militaire-ment par quelques chefs d’atelier, surveillés par des conducteurs, cor-roieront le mortier, apporteront à bras le moellon, le caillou, la brique ;quelques hommes spéciaux parmi cette foule dresseront les parements,et les manœuvres rempliront les massifs d’un béton compacte. Arrivés àla naissance des voûtes, la science de l’architecte interviendra ; celui-cifera disposer des cintres en charpente. Le bois ne manque pas : lesGaules , la Germanie sont couvertes d’immenses forêts. Il garnira cescintres de couchis jointifs, et, cette opération terminée, les mêmes maçonset manœuvres viendront mouler cette carcasse de bois avec leur brique,leur moellon et leur mortier. Un chef habile, quelques charpentiers,quelques bons maçons et des milliers de bras peuvent, en suivant cetteméthode, élever le plus vaste monument en quelques mois. Rien nerappelle mieux la méthode romaine que nos grands travaux de cheminsde fer : leurs meilleures constructions d’art ont été élevées par les mêmesmoyens, en employant quelques ouvriers intelligents et des milliers debras travaillant en aveugles, mais sous une surveillance régulière etsévère, d’après certaines formules établies par l’expérience. A l’appuide ce que je viens de dire, et comme une preuve de l’inditïérence desRomains pour la décoration de leurs édifices, combien pourrait-on citer