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Tome premier.
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de monuments d’utilité publique qui sont restés épannelés seulement?quoique les Romains aient eu plusieurs siècles pour achever leur enve-loppe d’art. A Rome, la l’orte-Majeurc , qui sert d’arrivée à l’eau clau-dienne, arc de triomphe, édifice conçu d’une façon toute monumentale,n’est pas ravalée, et ce qui doit être remarqué, c’est que la Porte-Majeure ,bâtie par Tibère-Claude, fils de Drusus, fut restaurée par Yespasien,ainsi que l’aqueduc, et par Titus , son fils. Les fondateurs, comme lesdeux restaurateurs de ce magnifique aqueduc, songèrent bien à rappelerleur munificence par des inscriptions, mais ne firent point donner ladernière main à ce monument d’utilité publique. Avant de faire graverson nom sur un édifice bâti à ses frais, un Crée aurait voulu d’abord quece monument fût achevé et digne de transmettre à la postérité le goût etl’amour pour les arts de son fondateur. Dans le Colisée même, on ren-contre des parties de ravalement qui n’ont été qu’ébauchées. Mais c’estsurtout loin de la capitale de l’empire que ces négligences apparaissent.En Provence, l’amphithéâtre de Nîmes est incomplètement ravalé; legrand aqueduc, dit le Pont du (lard, ne l’a jamais été que sur quelquespoints. Dans toutes les provinces de l’empire, on constate cette indiffé-rence pour la forme d’art. Ce qui préoccupe le Romain avant toutechose, c’est le plan de l’édifice, c’est-à-dire l’exacte position de chaqueservice du monument qu’il veut élever; les dimensions relatives desparties de ce monument, soit en surface, soit en hauteur, c’est encore(choses auxquelles nous ne songeons guère, nous qui prétendons êtreRomains) l’orientation, le choix du terrain, le moyen de profiter desmouvements naturels du sol, l’économie. Le Romain n’est jamais parci-monieux, mais il est économe, c’est-à-dire qu’il n’entend perdre ni duterrain, ni des matériaux ; il ne comprend pas l’artiste qui travaillecomme le Grec ou le maître du moyen âge, pour lui seul ; il entend quele sculpteur qu’il emploie travaille pour le public, et que sa richesse àlui, Romain, lui fasse honneur. D’ailleurs, il n’appelle l’artiste quelorsque le besoin matériel est satisfait ; encore une fois, ce n’est qu’unhabilleur. De la finesse des détails, il ne s’inquiète guère, il préfèrerevêtir son monument de marbres précieux, riches de couleur ; il lesestime d’autant qu’ils sont rares et difficiles à travailler : en cela perceson goût de parvenu.

Combien cela ressemble peu à la manière de produire des Grecs ! Chezeux, tous les ouvriers sont des artistes. Ne leur demandez pas de cesconstructions dans lesquelles l’homme n’est qu’une machine ; du mortier,ils n’en font pas entrer un mètre cube dans leurs bâtisses; les fondations,ils les établissent en pierres sèches, à la hâte : ce travail matériel, caché,